Interview de Jodell, responsable du site Black Cat Plus
Friday 05 June 2009 à 11:23 par Kim
Jodell, une femme d’affaires américaine comme on en avait jamais vu, est passionnée par ses activités dont l’activité principale est consacrée à la mode grande taille femme. Elle possède un site nommé Black Cat Plus et un showroom situé à Rochester à New York. J’ai pu ainsi mieux cerner ses enjeux et connaître ses produits à travers les réponses qu’elle m’a apportées et je la remercie encore.
1°) Jodell, vous menez une vie très remplie : vous possédez Black Cat Plus, un site de vêtements grandes tailles, vous avez un showroom à Rochester, dans l’état de New York et vous enseignez également le commerce dans une université. Enfin, vous possédez une entreprise nommée GenderCorp. Alors, d’abord, comment vous réussissez à en faire autant?
Je suis devenue très bonne à structurer ma vie. Je connais mes priorités, j’ai appris à déléguer et ça aussi c’était dur de dire non à des choses que je ne pouvais pas faire. Ce qui me donne de l’énergie, ce sont les idées, voir le succès des autres, devoir atteindre des buts que je me fixe pour moi-même et pour mon business. Dans mon business, je travaille avec des partenaires, soit avec des accords formels, soit avec des accords informels, de vrais pro en qui je peux faire confiance et sur lesquels je peux me reposer pour que les choses se fassent bien.
Le travail devient plus facile à gérer quand on a les bonnes personnes avec qui travailler. Une de mes citations favorites est : “je préfère devenir user que rouiller”. J’ai beaucoup de centres d’intérêts et j’espère que j’aurai une vie assez longue pour les suivre.
J”adore parler de business à mes étudiants de l’université, utiliser des exemples de la vraie vie sortant de mon business ou du business de mes clients pour donner une perspective réelle. J’adore discuter avec mes clients pour lesquels je fais du conseil, la plupart d’entre eux sont des PME comme moi et j’aime bien aussi les aider à atteindre leurs objectifs. J’adore le secteur de la mode et aider mes clients à trouver le bon vêtement.
2°) Votre boutique en ligne Black Cat plus (http://www.blackcatplus.com) est né de part votre propre frustration en tant que femme d’affaires très occupée, vous n’arriviez pas à trouver de jolis vêtements grandes tailles. Alors vous avez à ce moment-là, créer votre magasin en ligne. Est-ce bien ce qu’il s’est passé?
De nombreuses fois, quand je faisais des présentations, je me disais que les femmes parlaient de moi. Hé oui, elles en parlaient ! Elles voulaient savoir où j’avais trouvé mes vêtements ou elles me demandaient des conseils de style après ma présentation et ma formation.
J’ai décidé de créer mon propre business après avoir vendu une veste que je portais sur mon dos à une femme, qui était présente à une de mes cessions de formation. Elle en avait besoin pour un rendez vous très important le lendemain, elle n’avait donc pas le temps de faire du shopping.
3°) A qui s’adresse votre site? Est-ce que vous vous adressez également à des clients hors Etats-Unis?
Le site cible les vraies femmes avec de vraies vies qui ont le désir de porter des vêtements qui reflètent leur style individuel. Nous prenons notre mission très au sérieux d’aider les femmes à se raconter à travers leurs vêtements qu’elles choisissent de porter. Nous avons décidé de rajouter le showroom, comme ça elles peuvent tester différents styles et recevoir les avis des clients et transformer ensuite cela en un marché plus large.
A cause de notre double spécialisation, on peut faire gagner beaucoup de temps à une femme très occupée, des vêtements qui vont bien, avec les différentes morphologies de femmes grandes tailles. Au début des premières collections que nous montrions, les femmes ne savaient pas ce qu’elles voulaient ou ce qu’elles recherchaient mais quand elles voient les vêtements qu’on trouve sur notre site, elle se rendent compte que c’est Le look qu’elles recherchaient.
On vient juste de rajouter sur le site l’expédition à l’étranger, nous avons vu nos ventes augmenter et nous sommes en train d’ajouter beaucoup plus de designers étrangers.
4°) Quelles marques vendez-vous? Quelles sont les 3 les plus populaires et pourquoi d’après-vous?
Nous vendons Sienna Rose, le plus beau petit haut en soie que vous ayez jamais vu, Kiyonna, leurs robes montrent chaque jour que les femmes veulent rester féminines et s’habiller élégamment, Roni Rabl pour ses designs éclectiques qui mettent en valeur la femme ronde, Fénini, qui est notre meilleure ligne pour combiner des hauts et des bas.
PK Maks pour leurs jeans et leurs pantalons, c’est bien pour les silhouettes qui ont besoin de se rallonger et d’aplatir l’estomac à bon prix. Saint Joval, pour leur prêt-à-porter de cérémonies et Body Works Apparel pour leur vêtements loisir pas cher. Nous sommes en train de rajouter à cela, Linda Lundstrom dans la collection dans une nouvelle ligne qui s’appelle People United.
En ce moment, nos marques qui marchent le mieux peuvent se mettre dans des catégories. Alors Pour les jeans, c’est la marque Not Your Daughters Jeans, Simply Silk pour leur magnifique veste format kimono en soie, qui sont des œuvres d’art et la designer canadienne, Diane Kennedy pour les hauts et les bas, spécialement pour les pantalons et les tissus tels que je n’ai jamais vu auparavant.
Enfin, Neon Buddha et Burko du Canada, pour leurs vêtements loisirs et leurs étoles tricotés main. On arrête pas d’être en rupture de stock. Je pense que le point commun de toutes ces marques, c’est le fit, fit and fit, le fait qu’elles aillent bien. Si un designer réussit à fournir des vêtements qui soient tout le temps très bien pour toutes les morphologies dans différents styles avec différents motifs, avec des couleurs à la mode, ça c’est quelque chose qui m’intéresse.
Cela a l’air facile, mais en fait non. Je vais expliquer ce que je veux dire par là, nous avons trouvé que les femmes au foyer, aussi bien que celles qui travaillent de l’extérieur ont quelque chose en commun. Elles veulent avoir l’air d’être à la mode, avoir des vêtements qu’elles peuvent aussi bien porter au travail qu’en loisir et elles veulent avoir l’air jolie. Nous avons trouvé que, bien que le prix soit un élément de décision, ce n’est pas le plus important.
Si cette femme trouve un vêtement qui lui va bien, elle va en acheter un dans toutes les couleurs disponibles sans difficultés. On peut pas vraiment parler style lié à l’âge, c’est plutôt des vêtements qui vont bien par rapport au mode de vie de chacune. Ces vêtements doivent s’adapter à ces modes de vie.
Ce qui me préoccupe par rapport au secteur de la mode, ce sont deux choses, tout d’abord tout se ressemble. On pourrait échanger les étiquettes, on s’y retrouverait pas et deuxième chose, c’est que les designers oublient pour qui ils dessinent. Moi, je veux des vêtements qui ont l’air contemporain, qui ont pas l’air ridicule et je ne veux pas voir la robe que je porte sur dix personnes non plus.
Nous n’arrêtons pas d’inciter nos designers, et même les jeunes qui sortent de l’école à s’intéresser à la mode grande taille et d’éviter de toujours dessiner les mêmes vieilles fringues. Est-ce que c’est un défit? Oui, bien sûr, mais ça vaut le coup quand les designers comprennent bien la chose et on les aide.
Si par exemple, une marque de vêtement ne marche pas bien, on travaille avec le revendeur et parfois, on appelle le fabricant, voir comment on peut l’aider à mieux marcher. On travaille avec les fabricants, qui ont également intérêt à ce que leur marque fonctionne.
5°) Avez-vous votre propre marque?
Nous avions notre propre marque et on a même commencé effectivement à fabriquer nos propres vêtements, et bien vite je me suis rappelée d’un principe de business assez simple : il ne faut pas grandir trop vite.
C’est pas facile de fabriquer alors on a pris un peu de recul, et là on fait des études pour pouvoir faire sur le marché ce qui manque et s’il manque quelque chose, comment est-ce qu’on peut y répondre? Nous avons une bonne idée de produit mais il faut qu’on teste avant de se lancer.
6°) Est-ce que vous regardez parfois les marques grandes tailles européennes, si oui, qu’est ce que vous en pensez?
Nous ajoutons à nos magasins la marque Alain Weiz cet automne. Ca fait 2 ans que je chasse cette marque, c’était difficile de trouver un représentant. J’adore Didier Parakian et Anna Scholz mais je n’ai pas encore ajouter leurs marques à notre gamme mais j’espère bien le faire. J’ai une brochure de chez Didier Parakian que j’ai trouvé dans un salon et je la garde sur mon bureau tellement elle est belle. En regardant ces petits designers, ce n’est vraiment plus la même chose. Le jour où je mourrais et que j’irai au paradis, j’adorerai porter ces vêtements.
J’ai l’intention de me rendre au Salon Milano Moda, et ça fait plusieurs fois que j’ai dis que j’y allais mais je n’arrive jamais à trouver le temps d’y aller. Je fais bien attention souvent aux salons que je visite de long en large pour avoir de bonnes idées et des tendances. Effectivement, aller dans un salon à l’étranger me donne vraiment de bonnes idées et il faut que je réussisse à le faire en 2010, d’autant plus que maintenant, j’ai des clients à travers le monde.
7°) Votre site contient beaucoup d’informations, par exemple votre blog (http://www.blackcatplus/blog/) donne beaucoup de conseils. Est-ce important pour vous de publier un blog?
Publier un blog, c’est une façon pour moi d’être en contact avec mes clientes, j’adore communiquer avec elles et entendre ce qu’elles ont à dire. J’essaie de répondre aux e-mails de chacune et j’essaie aussi de remercier chacun par une petite note signée.
Ce que je préfère vraiment, c’est bien connaître mes clients, au point que quand je suis en train d’acheter des vêtements : “Ha ça, Jane l’aimerait bien”. Ou alors Sue m’avait dit qu’elle avait besoin d’une robe de cette couleur, je pense que ça lui ira bien.
C’est difficile pour Internet d’acheter avec des clients en tête, c’est un but qu’on se donne de bien connaître les clients et de les aider du mieux que l’on peut, pour les aider à choisir leurs vêtements. J’aime aussi bien que les clients me connaissent personnellement.
Je viens juste d’aider une grand-mère, également la mère d’une mariée à trouver quelque chose à porter pour un mariage. Elles m’ont appelé à maison et nous avons discuté de ce que l’on pourrait faire. Si une cliente à besoin de moi, elle est sûre de trouver. Je peux vous dire que les urgences de mode, ça existe.
J’ai demandé aux vendeurs de différentes marques de m’aider à leur trouver quelque chose, et on a réussit chez Simply Silk à trouver quelque chose qu’elles ont vraiment adorer. C’est une façon d’établir un lien avec les clientes, c’est vrai que c’est plus difficile avec l’ Internet.
8°) Est-ce qu’un entrepreneur comme vous peut réussir à concurrencer des grandes entreprises comme Lane Brillant et d’autres grands noms?
On y arrive pas, on ne pas concurrencer Lane Bryant ou Macy’s sur le prix seul, on perdrait. Ces magasins, les ventes, ils les réussissent sur les prix. On essaie de trouver des marques que ces grandes boutiques ne vendent pas. C’est pas facile non plus parce que parfois ces marques rejoignent rapidement ses grands distributeurs. En tout cas, on regarde bien à ce que ces distributeurs vendent, ce qu’elles considèrent comme des tendances et la manière dont elles traitent leurs clients.
Mais concurrencer frontalement ces magasins serait une erreur. Là où on peut concurrencer, c’est au service personnalisé et bluffer la cliente à chaque fois qu’elle rentre en contact avec nous.
9°) Où est situé votre showroom et qu’est ce qu’on peut y voir?
Le Show room est à Rochester, état de New York et propose les mêmes vêtements que ce que l’on peut voir en ligne. Auparavant, nous étions présents dans une boutique du coin et on leur fournissait toutes les grandes tailles. Mais à ce moment-là, ces boutiques ont changé d’idée alors j’ai réfléchi à ce que l’on pourrait faire par rapport à notre marché. C’est à ce moment-là que l’idée du showroom s’est imposée.
Je pense que la politique de distribution va beaucoup changer dans les années qui viennent, on fait de notre mieux pour être actif, pro actif, en combinant un showroom et notre capacité à livrer à distance.
10°) Un dernier mot?
Le secteur de la mode grande taille revient de loin mais a encore beaucoup de chemin à faire. J’insiste auprès de mes clientes pour qu’elle me disent ce qu’elles en pensent afin que nous puissions utiliser leurs commentaires auprès des fabricants et des designers dans le but de leur fabriquer des vêtements qu’elles vont porter et garder pour de nombreuses années.
Je suis très motivée par la direction que prend en ce moment le secteur de la mode grande taille, on voit des trucs assez géniaux mais on doit encore faire du travail de notre côté et travailler au mieux les uns avec les autres pour que ça se passe bien.
Il faut jamais oublier le client pour réussir. C’est vraiment un honneur d’être dans ce secteur et d’aider les femmes à apparaître et à se sentir le mieux possible.
Et comme j’ai dis : “ il s’agit pas de quelle taille tu portes mais comment tu portes ta taille”.
Ces autres articles peuvent aussi vous intéresser :
- Interview de Karine, créatrice de Ladyronde : nouveau site de vêtements grande taille
- Castaluna : Interview des créatrices du site de vente de vêtements grandes tailles
- Interview: Ursula de Big Girl’s Blouse London
- Interview XXL : Marie Denee parle de sa boutique grande taille
- Interview : Sarah Jones de 100% People (100percentpeople.com)


[...] the articles for yourself when you get a minute! And thanks so much once again to Ma Grande Taille and Plus Size Tall for the opportunity to discuss our views as to what is happening on the industry [...]