C’est rare de voir une artiste parler avec autant de sincérité de ce qu’elle vit au quotidien. Billie Eilish l’a fait, sans filtre, sans posture. Invitée du podcast « Good Hang with Amy Poehler » diffusé le 5 mai 2026, l’auteure-compositrice-interprète et actrice américaine est revenue longuement sur sa vie avec le syndrome de Gilles de la Tourette (SGT), un trouble neurologique avec lequel elle compose depuis ses 11 ans. Une parole précieuse, qui éclaire un sujet encore largement méconnu.
Une bataille invisible, menée chaque jour
Devant le micro de l’actrice, humoriste, scénariste, réalisatrice et productrice américaine Amy Poehler, Billie Eilish a expliqué quelque chose qui, pour elle, fait partie du quotidien : la « suppression ». Une technique qui consiste à retenir ses tics autant que possible, surtout en public. Et c’est exactement ce qu’elle est en train de faire pendant l’interview, confie-t-elle.
Sous la table, ses genoux bougent en permanence, ses coudes se contractent, son corps tout entier travaille en silence pour ne rien laisser paraître à la caméra. « Quand je suis en interview, je fais tout ce qui est en mon pouvoir pour supprimer mes tics, sans arrêt. Et dès que je quitte la pièce, je dois tous les laisser sortir », a-t-elle confié. Une image forte, qui en dit long sur l’effort fourni en coulisses.
Briser les idées reçues
Ce qui dérange Billie Eilish, c’est l’incompréhension. Quand elle a une « tic attack », c’est-à-dire une série de tics rapprochés, les gens autour d’elle s’inquiètent ou réagissent maladroitement. « C’est tout à fait normal », rappelle-t-elle. Pour faire comprendre ce qu’elle traverse, elle propose une comparaison saisissante : imaginer ces pensées intrusives qu’on a tous, mais que la bouche serait obligée de prononcer à voix haute. C’est ça, le syndrome de Gilles de la Tourette.
Selon le NHS britannique, ce trouble neurologique provoque des sons ou des mouvements soudains et involontaires, appelés tics, qui peuvent être déclenchés par le stress, l’excitation ou la fatigue. Et tout le monde n’a pas la possibilité de les contenir, comme le souligne Billie Eilish avec beaucoup de justesse.
Une parole précieuse pour faire avancer les regards
D’autres artistes, comme le chanteur, musicien et auteur-compositeur-interprète écossais Lewis Capaldi, ont eux aussi pris la parole pour partager leur diagnostic et faire évoluer les perceptions. Ces voix comptent. Elles aident à déconstruire les clichés sur le syndrome de Gilles de la Tourette (SGT) et à offrir un peu de visibilité à un trouble dont vivent près d’1 % des enfants en âge scolaire, selon les données du Cleveland Clinic.
À travers son témoignage, Billie Eilish ne cherche ainsi ni la pitié ni le sensationnel. Elle veut simplement que l’on comprenne. Que l’on sache à quel point chaque interview, chaque apparition publique, demande un effort que personne ne soupçonne. Et que derrière les voix les plus puissantes, il y a parfois des combats silencieux. Sa parole est une main tendue à toutes les personnes qui vivent avec le syndrome de Gilles de la Tourette : oui, ce qu’elles traversent existe, c’est réel, et cela mérite d’être écouté.
