Dans une fratrie, chaque enfant apporte son lot de défis, mais il semblerait que la place de benjamin soit la plus éprouvante pour les parents. Selon plusieurs études en psychologie du développement, le dernier-né cumule en effet des caractéristiques qui sollicitent plus intensément la patience, l’énergie et les ressources émotionnelles parentales.
Une autonomie acquise plus tardivement
Le benjamin évolue dans un contexte où ses aînés sont déjà autonomes. Il bénéficie souvent d’un accompagnement prolongé dans ses apprentissages : propreté, repas, habillage… Pour les parents, cela signifie toutefois recommencer un cycle déjà vécu, avec une fatigue parfois bien installée. Cette reprise à zéro alourdit la charge mentale, d’autant plus que les attentes envers soi-même restent élevées.
Des tempêtes émotionnelles plus fréquentes
Moins encadré que ses aînés, le benjamin exprime souvent ses émotions avec plus d’intensité. Colères, pleurs, frustrations : les études montrent que ces épisodes tendent à durer plus longtemps que chez les enfants précédents. Les parents doivent sans cesse intervenir pour réguler, consoler, recadrer, ce qui entraîne une usure psychologique sur le long terme.
Une attention continue difficile à maintenir
Alors que les parents peuvent relâcher quelque peu leur vigilance avec les aînés devenus plus indépendants, le petit dernier requiert à nouveau une attention constante. Cette nécessité d’être sans cesse mobilisé, après plusieurs années déjà intenses, engendre un sentiment de retour en arrière qui pèse lourd dans le quotidien familial.
Une dynamique permissive source de tensions
Avec le dernier-né, les règles semblent parfois plus souples. Par lassitude ou par affection particulière, les parents peuvent adopter une attitude plus tolérante. Sauf que ce « laxisme » relatif nourrit des dilemmes : faut-il vraiment intervenir ? Est-ce injuste vis-à-vis des aînés ? Ces questions génèrent de la culpabilité et parfois des tensions dans la fratrie.
Pourquoi les aînés paraissent « plus faciles »
Le premier enfant a bénéficié de parents généralement reposés, disponibles et souvent très investis. Le ou les suivants grandissent dans une dynamique de partage, entre rivalité et complicité. Le benjamin, lui, arrive souvent à un moment où l’énergie parentale est amoindrie. La combinaison de sa position dans la fratrie et du contexte familial fatigué accentue la difficulté ressentie.
En somme, si chaque enfant présente ses propres défis, le benjamin semble occuper une place particulière dans la dynamique familiale. Comprendre ces mécanismes permet non seulement de mieux appréhender les difficultés quotidiennes, mais aussi de reconnaître l’importance d’un accompagnement adapté, pour que la fratrie reste un lieu d’épanouissement et de complicité, malgré les défis liés à la place de chaque enfant.
