Ce sont des conseils qui vont à rebours des injonctions esthétiques strictes et qui contredisent tout ce qu’on pensait savoir sur l’hygiène des femmes. Rarement entendus dans la bouche de nos mamans, ils donneraient de l’urticaire aux « clean girls » de la toile. Depuis notre tendre âge, on nous enseigne les gestes pour nous maquiller, nous épiler et nous habiller à notre avantage. On nous apprend à « être propre », à « sentir la rose » en permanence, mais on oublie le vrai cœur du sujet.
Retrouver sa culotte tachée à la fin de la journée est ok
Ce sont des mots qui font du bien et qui rassurent. Ces conseils jugés « sales » que personne n’ose prononcer par crainte de casser un idéal, la créatrice de contenu @amel_ioration.off les dit haut et fort. Au gré de sa routine makeup, la jeune femme distille des vérités corporelles que nos oreilles ont besoin d’entendre. Si nombreuses sont celles qui se font le relais des diktats de beauté en se parfumant la nuit et en vantant les mérites des muscs intimes, elle rétablit quelques réalités biologiques que les livres de SVT taisent.
Elle parle d’abord d’une situation qui nous a déjà mise mal à l’aise et qui nous a fait détester notre corps : les fameuses pertes blanches. Cette glaire cervicale qui laisse des traces au fond de la culotte n’a rien d’alarmant. Au contraire, c’est un bon élément d’analyse pour suivre son cycle et comprendre son corps. C’est aussi un signe que le vagin fait parfaitement son travail. Ces sécrétions naturelles servent à nettoyer, hydrater et protéger la flore vaginale. La quantité peut varier selon le cycle, le stress, l’excitation ou même l’alimentation. Tant que l’odeur ne devient pas forte, que la couleur ne vire pas franchement au vert/gris et qu’il n’y a pas de brûlures, il n’y a rien d’anormal. Le corps s’auto-nettoie. Littéralement.
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S’essuyer de l’avant vers l’arrière : un détail qui change tout
Parmi les autres conseils « sales », celui-ci aurait pu nous épargner bien des infections si on l’avait appris plus tôt dans notre vie de femme. Ce geste paraît basique mais dans la précipitation, on l’oublie bien souvent. Pourtant, ça évite de transporter des bactéries de la zone anale vers l’urètre et le vagin. Et ça, c’est un vrai bouclier contre les infections urinaires et certaines irritations intimes. Ce n’est pas une question de « propreté morale », mais d’équilibre bactérien. La zone intime est un écosystème fragile, et ce petit réflexe sur la cuvette peut faire toute la différence.
Faire pipi après un rapport, ce n’est pas un mythe
Souvent abordée sous le ton de la dérision, cette préconisation est loin d’être anecdotique. Uriner après un rapport sexuel aide à éliminer les bactéries qui auraient pu s’approcher de l’urètre pendant les frottements. C’est un geste simple qui réduit le risque de cystite, surtout chez les femmes qui y sont sujettes. Ce n’est ni glamour ni romantique… mais c’est terriblement efficace. Ça devrait être aussi évident que de s’appliquer du lubrifiant.
Diarrhée pendant les règles : oui, ça arrive
Là encore, c’est un phénomène peu documenté dans les manuels scolaires, voire pas du tout. Personne ne nous informe de cette éventualité. Pourtant, ce symptôme sacrément handicapant, nous oblige à revoir tous nos plans de la journée et nous prend par surprise d’un coup. Si pendant l’enfance les blagues « pipi, caca » font rire tout le monde, à l’âge adulte ce sont quasiment des mots interdits. Les hormones impliquées dans les contractions de l’utérus peuvent aussi stimuler les intestins. Résultat : transit accéléré, selles plus molles, voire diarrhée pendant les règles. Ce n’est pas « sale », ce n’est pas bizarre, c’est hormonal. Le bassin est une zone où tout est lié.
Oui, on peut tomber enceinte plusieurs jours avant l’ovulation
À l’école, on nous a parlé de la fécondation dans les moindres détails, en nous montrant des dizaines de schémas. Cependant, on n’a pas trop insisté sur la résistance des spermatozoïdes. Les spermatozoïdes peuvent survivre jusqu’à cinq jours dans le corps. Donc un rapport avant l’ovulation peut tout à fait mener à une grossesse. Ce n’est pas de la malchance, c’est de la biologie.
Démangeaisons intimes : à ne pas ignorer
Ça peut être bénin (irritation, rasage, nouveau savon), mais aussi le signe d’une mycose ou d’un déséquilibre. La zone intime ne devrait pas gratter de façon persistante. Écouter ce signal, c’est prendre soin de soi.
Un bouton sur les fesses ? Rien de honteux
Les magazines comparent cette réaction cutanée à de la peau de fraise et emploient des adjectifs dramatiques. Et au lieu de faire de la pédagogie, ils nous invitent à effacer ces petits boutons de taille microscopique alors qu’il faut presque une loupe pour les voir. Les fesses ont des follicules pileux et des glandes sébacées, comme le visage. Poil incarné, frottements, transpiration… les boutons peuvent apparaître. Ce n’est pas un manque d’hygiène, c’est de la peau.
Les caillots de sang pendant les règles, une réalité
Contrairement à ce que montrent les publicités sur les protections périodiques, le sang des règles ne se résume pas toujours à une petite tache. Parfois, c’est une véritable scène de crime entre les jambes et malgré tout on continue de faire bonne figure. De petits caillots peuvent être normaux, surtout les jours de flux abondant. Le sang coagule simplement avant de s’écouler.
Transpirer sous les seins n’est pas sale
À en croire les injonctions, les femmes ne devraient pas afficher une seule auréole sur leur vêtement (simplement l’arborer au-dessus de leur tête). Pourtant, elles restent humaines avant tout et n’ont pas la capacité d’absorption d’une éponge, ni un désodorisant intérieur. La poitrine est une zone de pli, chaude, peu aérée. Elle transpire. Comme les aisselles. Comme l’aine. Le corps régule sa température, point.
Le vrai « sale », finalement, c’est le silence et la honte autour de ces sujets. Plus on parle du corps réel, plus on se libère.
