Infertilité féminine : un coupable inattendu dévoilé !

L’infertilité féminine touche 48 millions de femmes dans le monde. Quand la phrase « vous êtes stérile » retentit dans la bouche du médecin, l’espoir de concevoir se fracasse en mille morceaux. Au-delà des causes habituelles, des chercheurs danois ont découvert un autre responsable qui vient de l’extérieur et que personne ne soupçonne.

Une étude édifiante qui rejette la faute sur l’environnement

L’infertilité féminine est certainement l’annonce la plus redoutée entre les murs feutrés du médecin. C’est le pire sort qu’il puisse arrivé à une femme qui souhaite des enfants : savoir qu’elle devra redoubler d’effort pour donner la vie. Ce qui est supposé être naturel devient alors un parcours du combattant, ponctué d’espoirs et de désillusions. Si, au moment du verdict, les femmes ont l’impression qu’une malédiction s’abat sur leur corps et que le ciel les punit, le problème ne vient pas toujours d’elles. C’est ce que démontre une étude publiée dans la revue BMJ en septembre 2024.

Si l’infertilité féminine est richement documentée, des chercheurs danois ont fait une découverte capitale qui dépasse tout ce que l’on savait déjà. lls ont établi un lien entre le risque d’infertilité et deux différents types de pollution. Ils ont analysé les données issues d’un large échantillon composé de 526 056 hommes et 377 850 femmes âgés de 30 à 45 ans, tous parents d’au moins deux enfants, vivant en union libre au Danemark entre 2000 et 2017. Leur objectif était d’évaluer si une exposition prolongée au bruit routier et aux particules fines pouvait être liée à un risque accru de troubles de la fertilité.

La pollution sonore et la pollution de l’air mises en cause

Sur les dix-sept années couvertes par l’étude, 16 172 hommes et 22 672 femmes ont reçu un diagnostic d’infertilité. Une fois les paramètres socio-économiques ajustés tels que le revenu, le niveau d’études et la profession, les résultats ont révélé qu’une concentration élevée de particules fines dans l’environnement était corrélée à une augmentation de 24% du risque d’infertilité chez les hommes âgés de 30 à 40 ans.

En ce qui concerne les femmes, les données ont montré qu’un niveau de bruit routier dépassant la moyenne de 10,2 décibels sur une période de cinq ans était lié à une augmentation de 14% du risque d’infertilité chez les femmes âgées de plus de 35 ans. En revanche, aucune augmentation significative de ce risque n’a été observée chez celles appartenant à la tranche d’âge de 30 à 35 ans. La pollution sonore, véritable plaie du monde urbain, n’irrite donc pas seulement les oreilles, elle assourdit aussi doucement le désir d’enfant. Elle se repercute au-delà des parois du corps pour toucher à ce que les femmes ont de plus sacré.

La pollution de l’air agit sur la qualité du sperme

Aujourd’hui, un couple sur sept fait face à l’infertilité et doit emprunter d’autres chemins que la chambre à coucher pour avoir un enfant. Et l’environnement dans lequel nous évoluons n’y est pas pour rien. Cette étude danoise fait d’ailleurs écho à des recherches plus anciennes. En 2017 déjà des chercheurs de l’université chinoise de Hongkong avaient décelé un « lien fort » entre l’exposition aux particules fines et une détérioration de la qualité du sperme.

Cette pollution, que seul un microscope peut voir, fait chuter le nombre de spermatozoïdes en silence. Elle n’est donc pas seulement responsable de cancer du poumon ou d’infarctus. Ce mélange peu ragoûtant de pot d’échappement, de dioxyde de soufre et de pesticides déteint aussi sur la santé reproductive. Selon les chercheurs danois l’instauration « de mesures visant à réduire la pollution de l’air et le bruit pourrait être un outil important pour améliorer la natalité dans le monde occidental ».

Perturbateurs endocriniens, bruits environnants qui ne cessent jamais, polluants qui stagnent dans l’air : le diable se cache dans les détails. L’infertilité féminine n’est pas uniquement le fait d’anomalies génitales ou d’hygiène de vie douteuse. Elle est aussi le résultat de nos fléaux modernes.

Émilie Laurent
Émilie Laurent
Dompteuse de mots, je jongle avec les figures de style et j’apprivoise l’art des punchlines féministes au quotidien. Au détour de mes articles, ma plume un brin romanesque vous réserve des surprises de haut vol. Je me complais à démêler des sujets de fond, à la manière d’une Sherlock des temps modernes. Minorité de genre, égalité, diversité corporelle… Journaliste funambule, je saute la tête la première vers des thèmes qui enflamment les débats. Boulimique du travail, mon clavier est souvent mis à rude épreuve.

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