Minceur-mania : la croisade qui agite les conservateurs américains

La minceur ne relève plus seulement de l’apparence : chez les conservateurs américains, elle fait désormais l’objet d’une véritable croisade morale et politique. Détournée en « symbole de vertu et de féminité », cette obsession agite tout un pan de la droite aux États-Unis et c’est problématique.

Minceur : quand le corps devient terrain de combat idéologique

Dans les milieux conservateurs américains, la promotion de la minceur s’articule ouvertement autour de valeurs traditionnelles : discipline, pureté, maîtrise de soi, et rejet des avancées féministes. Des figures influentes comme Alex Clark ou Schmidt s’emparent des réseaux sociaux pour diffuser des conseils diététiques et sportifs, parfois jusqu’à l’apologie d’une restriction extrême.

Religion, patriarcat et fitness : un cocktail explosif

La croisade minceur s’associe fréquemment à un discours religieux : certaines influenceuses prêchent un retour à une « féminité authentique », vantant la minceur comme vecteur de grâce et de moralité, en opposition aux valeurs perçues comme « progressistes » ou « woke ». Lors de forums conservateurs comme le Young Women’s Leadership Summit, la minceur s’affiche alors comme un idéal non seulement de santé, mais de loyauté envers les valeurs chrétiennes et patriarcales.

Risques et critiques : santé physique et mentale fragilisées

Si ces discours séduisent une partie de la jeunesse conservatrice, ils inquiètent nombre d’experts, qui dénoncent la banalisation de l’anorexie et des régimes restrictifs. Les chiffres de l’obésité et des troubles alimentaires croissent aux États-Unis, et l’idéal d’extrême minceur prôné dans ces cercles aggrave la pression sur les femmes. La santé mentale, surtout chez les adolescentes, est particulièrement menacée par les injonctions de la « minceur-mania ».

Au service d’un projet politique : de la silhouette au contrôle social

La glorification de la minceur dans les milieux conservateurs n’est pas un simple phénomène esthétique. Elle s’inscrit dans un projet politique plus large visant à réaffirmer le contrôle sur le corps des femmes, réduire l’influence du féminisme et restaurer des normes jugées « traditionnelles ». Un mouvement qui s’appuie sur la puissance des réseaux sociaux et des événements militants pour imposer ses codes.

« Moins de féminisme, plus de féminité » : derrière les slogans, une offensive idéologique sur le corps des femmes.

La croisade pour la minceur, loin d’être anodine, révèle ainsi comment l’extrême droite américaine instrumentalise l’esthétique pour consolider son projet moral et politique – au risque de sacrifier la pluralité des corps et la santé des femmes.

Clelia Campardon
Clelia Campardon
Diplômée de Sciences Po, je nourris une véritable passion pour les sujets culturels et les questions de société.

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