Vous n’arrivez pas à dormir tôt ? Vous souffrez peut-être de ce syndrome

Se forcer à rester éveillé.e même si on est fatigué.e après une journée de boulot. Si ce comportement vous est familier, ne cherchez plus, vous êtes victime du « revenge bedtime procrastination ». La procrastination du sommeil, si on le traduit grossièrement, est un syndrome qui fait des émules, et d’autant plus ces temps-ci avec la situation sanitaire. Zoom sur ce trouble du sommeil qui sévit, mais qui se guérit.

Profiter d’un temps pour soi

La procrastination du sommeil ne date pas d’hier. On a pu l’apercevoir dans un post d’un blog datant de 2018 où un homme y écrivait que pendant ses journées, il avait le sentiment « d’appartenir à quelqu’un d’autre », et donc que le soir était le seul moment où il pouvait se retrouver avec lui-même. Après une journée à la maison, longue et intense, on ne parvient pas à se décider à aller au lit. Même si on est fatigué.e et qu’il n’y a aucune vraie raison de ne pas y aller.

On a le sentiment d’être privé.e de notre liberté ou de n’avoir eu aucun contrôle sur sa journée qui nous a échappé. Ainsi, on se venge sur le seul moment qui nous est offert pour récupérer ce temps « volé » et faire un (gros) tour les réseaux sociaux et autres plateformes de streaming : le soir.

« C’est une énigme philosophique qui demeure sans solution depuis Aristote: pourquoi les gens manquent-ils de faire ce qu’ils savent bon pour eux ? » – Joel Anderson, chercheur en philosophie pratique

On peut enfin profiter d’un moment pour faire ce que l’on a envie de faire, se détendre. De plus, cela permet de (re)créer du lien en discutant avec les autres à travers les réseaux ou les messageries. Sacrifier son sommeil pour gagner en temps personnel paraît alors une nécessité afin de survivre à ce quotidien confus.

Retarder le moment du jour d’après

Selon une étude des chercheurs de l’Université d’Utrecht, ce syndrome n’est pas considéré comme quelque chose de déplaisant à la différence de la procrastination traditionnelle. « Nous spéculons qu’il ne s’agit pas tant d’une question de ne pas vouloir dormir, mais plutôt d’une question de ne pas vouloir arrêter d’autres activités », précisent-ils.

Une autre raison peut aussi expliquer ce syndrome c’est l’angoisse du lendemain. On repousse l’heure du coucher pour ne pas avoir à revivre la même journée le jour suivant. Notre journée étant perçue comme remplie de responsabilités, de pression, de stress et donc pauvre en « liberté mentale ».

Un phénomène accéléré par la pandémie

D’autre part, ce syndrome est très présent avec la situation actuelle. Avant la pandémie, les frontières entre le travail et la vie personnelle étaient en effet bien délimitées. Aujourd’hui, elles ne sont plus aussi évidentes puisque nous passons le plus clair de notre temps chez nous. C’est encore pire pour les personnes vivant dans de petits espaces, où zone de travail et zone de détente sont entremêlées.

« Les e-mails et la messagerie instantanée permettent aux employeurs d’être toujours en contact. Cela peut donner l’impression que nous sommes toujours au travail, car le travail peut faire appel à nous à tout moment » – Ciara Kelly, chargée de cours en psychologie du travail à la Management School de l’Université de Sheffield

Beaucoup d’études montrent que l’on travaille plus en télétravail qu’au bureau pour compenser les heures de trajet que l’on ne fait pas. Il n’y a pas de séparation claire du moment où nous devons nous arrêter de travailler. Ainsi, on a tendance à travailler plus tard que d’habitude. On se rattrape donc au moment du coucher pour avoir un moment de répit.

Un impact néfaste sur notre santé

Une course contre la montre qui engendre de nombreux maux. Ainsi, plutôt que de nous changer les idées pour mieux nous relaxer d’un stress ambiant, ce syndrome finit par l’augmenter. La fatigue générale entraîne des troubles de l’anxiété, une tendance à manger plus et des trous de mémoire.

« Plus votre sommeil est court, plus votre durée de vie est courte » – Matthew Walker, neuroscientifique

On perd aussi en productivité ce qui impacte directement nos journées où l’on a davantage de pression sur les épaules. Ainsi, on se retrouve coincé dans un cercle vicieux, triste et déprimé.e.

Comment en finir avec ce syndrome ?

D’abord, essayez de déplacer cette pause plus tôt dans la journée. À la pause-déjeuner, par exemple, ou en pleine après-midi. 15, 20, 30 minutes destiné à aller se promener, à téléphoner à un·e ami·e, à lire, à regarder un épisode de série, à écouter un podcast qui vous donne l’impression de vous évader.

Le soir on met son téléphone en mode avion et loin de notre lit. À la place, on se lance dans de la méditation, de la lecture, on écoute de l’ASMR ou se fait une séance de plaisir seul.e ou à deux.

Un mal dont on ne soupçonnait même pas l’existence, mais qui a beaucoup de sens à l’heure d’une situation qui a altéré notre sommeil. Êtes-vous victime de ce syndrome ? Partagez votre ressenti sur le forum, catégorie Problèmes et astuces du quotidien.

Léa Dechambre
Léa Dechambre
Que vous cherchiez des conseils pour les cheveux, la peau, les relations, ou simplement pour naviguer dans les défis du quotidien, mes articles visent à vous accompagner avec des informations pertinentes et des solutions concrètes.

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