Qu’est-ce que l’aphasie, cette maladie où la parole vient à manquer ?

Le 30 mars dernier, l’acteur Bruce Willis annonçait publiquement l’arrêt de sa carrière. La raison ? Il est atteint d’aphasie, une maladie qui affecte ses capacités d’expression et de compréhension des autres. Mais, qu’est-ce que ce trouble ? Comment se manifeste-t-il concrètement ? On vous éclaire sur cette maladie qui touche environ 300 000 personnes en France.

Qu’est-ce que l’aphasie ?

L’aphasie est une maladie qui touche environ 300 000 personnes en France, selon la Caisse Nationale de Solidarité pour l’Autonomie. Au même titre que la dyslexie, l’aphasie est un trouble du langage et de la communication. Elle se manifeste chez l’individu.e par une perte partielle ou complète, de la capacité à parler et à comprendre sa langue. Il existe deux formes d’aphasie, basée sur le facteur de la fluence, c’est-à-dire, la fluidité du discours oral.

L’une est appelée « fluente » et se caractérise par le fait qu’une personne a du mal à comprendre. La seconde, est dite « non-fluente » et se définit par une difficulté à s’exprimer, bien que le débit de parole soit normal.

Les aphasies les plus fréquentes sont celles de « Broca » et de « Wernicke ». Pour la première, la personne peut comprendre et répondre, mais trouve des difficultés à écrire et à trouver ses mots. Elle parle lentement et peut s’interrompre au milieu d’une phrase. Dans le cas de la seconde, la personne touchée a des difficultés à comprendre la langue écrite ou parlée. Malgré un rythme de parole naturel ou une écriture fluide, les mots ne se trouvent pas toujours dans le bon sens dans les phrases.

Quelles sont les causes de ce trouble ?

Ce trouble du langage peut être causé par de nombreux facteurs. Cela peut être dû à une tumeur au cerveau, à un choc violent à la tête, un coma, une rupture d’anévrisme ou une hémorragie cérébrale.

Mais la cause la plus fréquente de l’aphasie est l’accident vasculaire cérébral (AVC) d’origine ischémique (blocage d’un vaisseau sanguin) ou hémorragique (saignement d’un vaisseau sanguin). Dans ce cas, le trouble apparaît brutalement.

Autre déclencheur de ce trouble, les démences fronto-temporales ou l’Alzheimer, qui se manifestent fréquemment par des troubles progressifs du langage appelés « aphasie progressive primaire ». L’aphasie progressive primaire se déclare sous trois formes :

  • Aphasie fluente progressive : caractérisée par une diminution de la compréhension des mots
  • Aphasie logopénique progressive : caractérisée par une production de mots diminuée et des difficultés à trouver des mots
  • Aphasie non fluente progressive : caractérisée en premier lieu par une diminution de la production du langage.

De manière générale, cette maladie touche particulièrement les personnes âgées, car elles sont plus assujetties à des risques d’accidents vasculaires cérébraux ou de tumeurs. Néanmoins, cela n’empêche pas les plus jeunes, voire les enfants, d’en souffrir.

Comment diagnostiquer l’aphasie ?

Avant de vouloir soigner l’aphasie, il est important de la diagnostiquer correctement. Dans le cas où elle se déclare lors d’un AVC, le diagnostic est assez facile à poser. Les symptômes apparaissent généralement à la suite. Les personnes ont des difficultés à parler, à comprendre et à se rappeler des mots ou encore, ont des problèmes de lecture ou d’écriture.

Toutefois, si l’aphasie apparaît de manière insidieuse et de manière progressive, il est nécessaire de procéder à des évaluations cognitives et de s’intéresser à la présence de maladies neurodégénératives telle que l’Alzheimer, notamment chez les personnes âgées.

L’aphasie, ça se soigne ?

Cette maladie affecte énormément le quotidien des malades, car elle empêche une bonne communication avec l’entourage. Cette barrière de langage peut même, amener à une dépression. Toutefois, il est possible d’en réduire les effets et réapprendre à parler et à communiquer, grâce à de la rééducation orthophonique.

En outre, une étude de la revue The Lancet a démontré que « 3  semaines d’orthophonie intensive avaient considérablement amélioré la communication verbale chez les personnes âgées de 70 ans ou moins atteintes d’aphasie chronique après un AVC ».

Toutefois, il est à noter que cela dépend de la gravité de l’aphasie. Si les dommages cérébraux sont légers, une personne peut récupérer sans traitement. Dans le cas contraire, la maladie peut durablement s’installer.

Shem's Tlemcani
Shem's Tlemcani
Je suis passionnée par les sujets sociétaux et la santé. Mon intérêt pour les questions sociales me pousse à explorer des enjeux tels que la lutte contre la pauvreté, l'éducation et le changement climatique. En matière de santé, je m'investis dans les domaines du bien-être, de la nutrition et de la prévention des maladies. Je m'efforce de rester informée et d'utiliser ma voix pour sensibiliser et encourager le débat et l'action sur ces sujets cruciaux.

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