Santé mentale : qu’est-ce que la « batterie sociale » ?

À l’occasion de la Journée mondiale de la santé mentale ce jour, faisons le point sur le phénomène de la batterie sociale. Nos interactions sociales nous coûtent plus ou moins d’énergie. Et lorsqu’on est fatigué.e, vidé.e de toutes nos forces après une rencontre avec des ami.e.s, des collègues ou des membres de notre famille, c’est qu’on est à plat. Nos batteries sociales sont complètement déchargées.

Ne pas bien connaître ses limites peut avoir des conséquences sur notre santé mentale. Heureusement, tout le monde peut apprendre à réguler sa batterie sociale et réussir à mieux s’épanouir en société.

Quand la batterie sociale est vidée

Après cette intense période d’isolements dus à la crise sanitaire, notre train de vie a repris, avec son lot d’interactions avec autrui. Du moins pour une bonne partie d’entre nous. Journées de travail en présentiel, anniversaires, restaurants entre ami.e.s, réunions de famille… tout a repris à son rythme. Mais parfois après ces évènements, certaines personnes peuvent se sentir complètement épuisées, vidées de toute énergie. Elles vivent alors un épuisement de la batterie sociale. En bref, cette appellation traduit le niveau d’énergie que l’on dépense lors de nos moments passés avec les autres.

Il n’est pas anormal de se retrouver épuisé.e socialement. Interagir avec autrui n’est pas de tout repos. Il faut s’adapter à l’autre, développer des sujets de conversation, faire la balance entre ses émotions, etc. Certes, il y a des personnes pour qui il est très facile et rapide de recharger leur batterie sociale. Mais pour d’autres, cela demande un effort supplémentaire. Ces derniers ont un grand besoin de calme et de solitude avant d’échanger à nouveau avec les autres. Parfois pendant plusieurs jours.

À chacun.e son niveau de batterie

Le Dr Meg Arroll, autrice et psychologue, expliquait au magazine Stylist que nous avions tou.te.s une batterie sociale individuelle et unique. Alors pourquoi certaines personnes ressentent un si grand besoin de solitude après leurs interactions sociales, tandis que d’autres ne la supportent presque jamais ? Selon la psychologue, cela est lié à plusieurs facteurs.

Tout d’abord, la rapidité de la recharge est liée à la personnalité de chacun.e. L’enfance, le milieu social ou encore l’estime de soi peuvent également jouer sur le niveau d’effort social à fournir. Lorsque l’on a une haute estime de soi, on se sent plus facilement adaptable aux autres. Les personnes introverties, sensibles ou hypersensibles prendront plus de temps à recharger leurs batteries. Ces dernières étant particulièrement à l’écoute des autres et de leurs humeurs, interagir devient vite laborieux.

Puis le type de personnes avec qui l’on interagit change également la donne. Car bien sûr, nous ne sommes pas attaché.e.s de la même manière à chaque individu.e. Et certain.e.s peuvent générer en nous du stress, qui demande une énergie supplémentaire lorsque nous les côtoyons. Le nombre de personnes que l’on voit joue aussi sur notre énergie sociale. Les personnes les plus extraverties, les enfants ou encore les rendez-vous amoureux demandent énormément d’attention et peuvent attaquer les batteries sociales assez vite.

Connaître sa batterie sociale pour s’épanouir en société

Afin de mieux gérer ses interactions sociales, ce qui est primordial est de s’écouter. Si votre batterie sociale est à plat, prenez le temps pour vous. En solo, en balade dans la nature ou en faisant cette activité qui vous fait du bien. Vous forcer à participer aux évènements ne fera qu’amplifier votre fatigue psychique. Pour s’épanouir en société, mieux vaut alors connaître vos limites et besoins sociaux. Apprenez donc à identifier vos envies. Le plus souvent, nous ne savons pas ce que nous souhaitons. Nous faisons ce qu’on pense être bon pour nous, car ça l’est pour nos voisin.e.s.

Aussi, il est important d’accepter le fait de ne pas être « au top » à tout moment. Tout le monde a le droit d’avoir des coups de fatigue sociale. Personne n’est toujours au maximum de sa forme avec les autres. D’ailleurs, on pense souvent à tort que les autres attendent le maximum de nous à chaque rencontre. Enfin, apprenez à socialiser à votre manière, sans vous forcer pour faire plaisir aux interactions qui vous fatiguent. Mieux vaut participer aux évènements plus rarement, mais rechargé.e, avec de la force et de la bonne humeur !

Et vous, comment vivez-vous vos interactions sociales ? Venez en parler sur notre forum. On parle de tout, sans tabou.

Cindy Viallon
Cindy Viallon
Journaliste free-lance, mes sujets de prédilection sont les féminismes intersectionnels, la société et la culture. J’aime déconstruire l’actualité et briser les tabous une fois pour tous·tes !

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