Dans le monde sentimental, il existe des baratineurs chevronnés qui excellent dans l’art des belles paroles et des faux espoirs. Ils parlent plus qu’ils n’agissent et leurs promesses sonnent souvent creux. Ces partenaires de vie, qui ont loupé une carrière dans le commerce et qui auraient passé haut la main le casting pour jouer Don Juan, tirent des plans sur la comète, mais procrastinent sur leurs engagements.
Les fausses promesses ou « l’arnaque au futur »
Votre partenaire a le don de vous faire voguer sur un petit nuage. Il vous assure un mariage imminent, en prenant les mensurations de votre annulaire, vous promet une idylle digne d’un conte de fées et rivalise avec l’imaginaire de Walt Disney dès qu’il faut penser à « plus tard ». Il vous donne un aperçu très clair de votre avenir et vous met carrément en situation. Véritable scénariste dans l’âme, il vous laisse croire à une vie de famille dans une jolie maison de campagne, entourée de poules et de bambins, à déguster des bons plats maison cuisinés par ses soins. À l’école, il était certainement très doué en écriture d’invention.
Votre moitié s’arrête devant chaque agence immobilière, prenant presque cette bastide cossue pour acquise. Il marque un temps d’arrêt face aux vitrines de joailleries pour sonder vos préférences. Il vous envoie des vidéos de tour du monde, en vous assurant que ce ne sera pas seulement un rêve inachevé. En résumé, il vous habitue au meilleur. Or, ces paroles, que vous buvez depuis le début, ne sont que des mirages, des illusions perdues. Des années plus tard, vous n’avez toujours pas de diamant au doigt ni de bâtisse attitrée. Et ce voyage au bout de la Terre n’est resté qu’à l’état de fantasme.
Cette pratique porte même un nom dans le jargon amoureux : la technique du « château de sable ». Pour simplifier, celui qui en est l’auteur vous promet un avenir doré, mais ce n’est que du vent. Il vous souffle de la poudre aux yeux et elle vous aveugle sur le coup. Une tendance à la surenchère qui « se produit souvent lorsque quelqu’un ressent un profond besoin d’impressionner son ou sa partenaire afin de gagner son affection », explique Jessica Alderson, experte conjugale auprès de Stylist.
Ce n’est pas toujours une technique de manipulation
Sans cesse dans l’expectative, à attendre que votre partenaire mette ses paroles à exécution, vous finissez par vous sentir trahie, trompée, dupée. Pourtant, bien que ce coup de bluff soit la stratégie universelle des manipulateurs et autres pervers narcissiques, les fausses promesses ne sont pas toujours intentionnelles.
Au-delà de la fameuse ritournelle « je vais changer » ou « je vais faire des efforts », qui ne convainc plus personne, il y a des partenaires qui se sentent obligés de faire cette petite démonstration de force pour toucher le cœur de l’autre. « Il ou elle peut avoir l’impression de ne pas être à la hauteur et utiliser de grands gestes et des promesses pour essayer de séduire l’autre personne. Par exemple, il ou elle peut promettre de vous emmener en voyage, mais ne jamais tenir sa promesse ou penser que pour vous intéresser, il doit constamment vous offrir des cadeaux et faire des projets somptueux », abonde la spécialiste.
La « disciple de Cupidon » dresse également un autre portrait : des personnes dotées d’une faible intelligence émotionnelle, persuadées de pouvoir faire de leurs mots une réalité sans se douter de l’ambition hors normes derrière. « Lorsqu’ils font ces promesses, ils les pensent sincèrement, mais lorsqu’il s’agit de les tenir, ils manquent de motivation », ajoute Jessica Alderson.
Le symptôme atypique d’une peur de l’engagement
La peur de l’engagement ne se traduit pas uniquement à travers une indépendance assumée, une ambivalence permanente ou un malaise à l’idée de qualifier le couple comme tel. Elle prend parfois des formes plus sournoises. Aussi paradoxal que cela puisse paraître, les personnes qui ont peur de l’engagement essayent parfois de se rassurer en se « racontant des histoires ».
« Pour certaines personnes, s’imaginer passer le reste de leur vie avec cette personne est terrifiant ; elles peuvent alors se bercer d’illusions, se dire ‘on va faire ça’, mais la réalité peut s’avérer terriblement ennuyeuse, donner l’impression d’être bloqué, et implique inévitablement des compromis », détaille Sarah Ingram, psychothérapeute de couple auprès de Independant.
Un style d’attachement évitant en toile de fond
Derrière ces promesses XXL et ces projets déroulés comme un tapis rouge se cache parfois un mécanisme plus profond : le style d’attachement évitant. Ces partenaires savent parler d’avenir avec une aisance déconcertante, presque théâtrale, mais dès qu’il s’agit de poser des actes concrets, ils freinent net, changent de sujet ou trouvent mille raisons de reporter. Comme s’ils préféraient aimer en théorie plutôt qu’en pratique.
Ce paradoxe s’explique assez simplement. Les personnes au profil évitant redoutent souvent l’intimité réelle, celle qui implique de se montrer vulnérable, de faire des concessions, d’accepter qu’une histoire ne soit pas qu’une projection idéalisée. Alors elles construisent un futur magnifique, très détaillé, presque palpable… mais qui reste soigneusement hors d’atteinte. Tant que le projet appartient au domaine du fantasme, il ne les met pas en danger. Le problème commence quand il faut signer un compromis, réserver les billets ou réellement choisir une bague.
« Si vous avez un attachement particulier où le sentiment d’être en sécurité vous paraît étouffant – c’est-à-dire que, même si l’idée vous plaît, la réalité est tout simplement suffocante », expose la spécialiste. En clair, promettre devient une façon de maintenir le lien sans avoir à affronter ce qu’implique vraiment l’engagement.
