Sabrina Gonzalez Pasterski, la jeune physicienne qui pourrait révolutionner la science

Alors que les jeunes filles, nées avec la bosse des maths et engagées dans les filières scientifiques, sont encore hantées par le syndrome de l’imposteur, elles ont désormais un exemple de réussite. Présentée comme l’alter ego cérébral d’Albert Einstein, Sabrina Gonzalez Pasterski prouve que l’équation femme et science est possible. La physicienne de 34 ans, qui a fabriqué un avion de ses mains à l’âge de 12 ans, est en bonne voie pour rejoindre nos livres scolaires et marquer l’histoire.

Sabrina Gonzalez Pasterski, un génie précoce

Tout le monde se souvient encore des prouesses d’Albert Einstein, le père de la relativité qui a transformé notre compréhension de la gravitation, de l’espace et du temps. La relève est assurée et c’est une femme qui marche dans les pas de l’homme estimé à 160 de QI. Dans les manuels d’école le portrait comique du physicien qui tire la langue avec les cheveux en pétard côtoiera bientôt celui d’une jeune femme à la chevelure brune et au regard perçant.

Son nom ? Sabrina Gonzalez Pasterski. À seulement 34 ans, elle a déjà fait des découvertes majeures dans un secteur où les femmes sont en effectif mineur. Sa matière grise est son meilleur carburant et son CV rivalise avec celui des plus grands « cerveaux » que l’Histoire n’a jamais connus. Dès son plus jeune âge, elle avait des projets dignes de la NASA.

À tout juste 12 ans, âge auquel la plupart des enfants ordinaires construisent des châteaux de LEGO, elle s’est lancée dans la confection d’un avion. Et pas un modèle en carton. Contrairement à ses camarades, qui commençaient certainement à roucouler dans la cour de récré, elle avait d’autres priorités. Passionnée d’aérospatiale, elle a fabriqué un avion « pour son papa » et l’a testé deux ans plus tard au-dessus du lac Michigan. Ça annonçait déjà de nombreux exploits d’esprit. Ce n’était qu’un échauffement pour l’américano-cubaine, prédisposée à révolutionner la science.

Une femme savante qui réécrit l’histoire de la science

Cette frénésie cognitive lui a ouvert de nombreuses portes, notamment celles de la prestigieuse école MIT, (Institut de Technologie du Massachusetts), qu’elle a rejoint à seulement 17 ans. Comme une suite logique, son avenir s’écrit à Harvard où elle devient doctorante et poursuit sa thèse. Et lorsque le regretté Stephen Hawking, immense astrophysicien, cite un de ses travaux sur « l’effet de mémoire de spin », c’est la consécration ultime.

Alors que les femmes peinent à trouver leur place dans ce milieu très masculin et subissent encore des théories douteuses sur leurs compétences, Sabrina Gonzalez Pasterski, elle, inverse les choses à elle seule. Si certaines doivent se battre deux fois plus pour avoir la reconnaissance de leurs pairs, l’étoile montante des sciences a eu une proposition à 1,1 millions de dollars pour entrer à l’université de Brown. Humble et ferme sur ses convictions, elle a décliné cette offre pour rejoindre le Perimeter Institute for Theoretical Physics, où elle travaille actuellement.

Un modèle d’inspiration pour les jeunes générations

Sabrina ne se contente pas de tirer des plans sur la comète, elle a les yeux rivés sur les astres, au sens propre du terme. Son job actuel consiste à encoder l’univers sous une forme holographique pour mieux le comprendre et éclairer certaines zones d’ombre. Si vous avez plus l’amour des mots que des chiffres, ces termes sonnent peut-être comme du charabia.

Pour faire simple : la trentenaire s’attèle à réussir là où Einstein a échoué et à trouver des réponses à des questions que les scientifiques émérites de l’époque ne se posaient pas. Elle n’a pas forcément inventé une machine révolutionnaire ou découvert une loi nouvelle comme E=mc², mais elle apporte sa pierre ou plutôt un beau rocher à l’édifice.

Sabrina a aussi accompli l’impensable : redorer la réputation des femmes dans la science et leur donner une voix. Et ça, c’était presque aussi complexe qu’une opération à base de x et de y. Surtout lorsqu’on sait que parmi les 956 lauréats du prix Nobel, on compte seulement 60 femmes, soit 6 %.

Alors que les filles se font rares dans les filières scientifiques, Sabrina appuie donc leur candidature et excelle en leur faveur. En espérant que ses trouvailles ne soient pas éclipsées comme celles de Hedy Lamarr, pourtant précurseure du Wifi.

Émilie Laurent
Émilie Laurent
Dompteuse de mots, je jongle avec les figures de style et j’apprivoise l’art des punchlines féministes au quotidien. Au détour de mes articles, ma plume un brin romanesque vous réserve des surprises de haut vol. Je me complais à démêler des sujets de fond, à la manière d’une Sherlock des temps modernes. Minorité de genre, égalité, diversité corporelle… Journaliste funambule, je saute la tête la première vers des thèmes qui enflamment les débats. Boulimique du travail, mon clavier est souvent mis à rude épreuve.

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