Quand nos animaux nous quittent pour rejoindre d’autres cieux, nous leur réservons une place dans un coin du jardin et creusons une tombe de fortune, qui disparaît au fil des années. Si le souvenir de l’animal reste gravé dans notre cœur, il mérite mieux qu’une fosse ou un trou dont tout le monde oubliera l’emplacement. Certains cimetières, encore rares dans les villes, leur réservent une sépulture plus décente et un hommage digne de ce nom.
Des cimetières dédiés à nos plus fidèles compagnons
Tout le monde ou presque a déjà mis un pied dans les allées grisâtres des cimetières. Ces lieux de recueillement où les fleurs artificielles sont les seules et uniques touches de couleurs sont des dernières demeures. Les tombes, plus ou moins entretenues par ceux qui restent, donnent des indices sur l’identité de ses résidents. Leur nom s’écrit en lettre dorée ou en relief et leur personnalité se raconte à travers des symboles ou des sigles. Si les humains ont droit à des enterrements solennels et des édifices post-mortem en marbre, tous les êtres vivants n’ont pas le même privilège face à la mort.
Les animaux, membres à part entière de la famille qui remplissent le vide d’une maison autant qu’un enfant, eux, ont des obsèques plus minimalistes et pas de cercueil qui se referme sur leur museau. Leur corps finit généralement six pieds sous terre, de l’autre côté du gazon, sans aucune marque de distinction, ni de point de rencontre. Point d’épitaphe agrémenté de photos, ni de stèle avec la gravure de leur patte. En plus d’être un délit, enterrer son animal dans son jardin n’est pas franchement très gratifiant pour cette petite bête, qui a essuyé nos larmes dans son pelage et qui a animé tant de journées monotones.
Alors pour que nos animaux reposent en paix ailleurs qu’en compagnie des asticots, des cimetières poussent à leur effigie. La créatrice de contenu derrière le compte @graveadventuresof_nursejenni a justement fait une incursion dans l’un d’entre eux. Cette femme sillonne les avenues silencieuses des nécropoles et ravive au passage le souvenir d’inconnus. Ce cimetière, peuplé de chiens, de chats et de rongeurs défunts, garde active l’histoire de êtres à la durée de vie raccourcie.
Honorer la mémoire des animaux comme les humains
Contrairement à ce que certains pensent encore, il n y a pas d’espèce “supérieure” sur cette planète, il n y a que des semblables. Et les animaux de compagnie, qui sont à la fois nos confidents, nos amis, nos calmants, nos anxiolytiques et nos stimulateurs de zygomatique, ont enfin des funérailles à la hauteur de leur dévouement. Pourquoi les humains auraient-ils le luxe d’avoir une pierre tombale alors que les animaux devraient se contenter d’un bout de terre à peine aménagé ou d’une urne impersonnelle ?
De plus en plus de villes offrent enfin cette considération tant attendue à nos animaux pour que l’on puisse prolonger les discussions d’une voix gaga et célébrer notre compagnon disparu avec des fleurs qui couinent ou des souris rembourrées. Au gré de sa paisible déambulation, @graveadventuresof_nursejenni s’arrête sur chacune de ces tombes au format réduit et l’émotion est palpable. Dessus, point de visage mais des truffes, des moustaches ou des pelages soyeux. Certains ont des photos encadrées sur la pierre comme dans des médaillons tandis que d’autres ont des illustrations à leur image. Derrière chaque stèle se cache une histoire, celle d’un animal dont le souvenir habite encore les esprits.
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Faire le deuil de nos animaux plus facilement
Ces tombes, plus garnies que celles de nos homologues, sont des refuges dans la douleur, des lieux de rendez-vous, une invitation à ne jamais oublier. Elles matérialisent l’existence de notre animal sur cette Terre et permettent aux humains de faire perdurer ce lien, qui n’est plus physique mais spirituel.
Parce que parfois un cadre posé en évidence sur un meuble ou un jouet conservé comme l’héritage d’une époque passée n’est pas suffisant pour se connecter avec cet animal disparu dont l’absence se fait sentir dans chaque centimètre carré de la maison. Si les léchouilles de notre animal restent encore fraîches dans notre mémoire et si son odeur continue de nous hanter, il faut parfois un élément concret pour mieux accepter cette triste réalité.
Ces lieux offrent justement un espace où la peine peut exister sans être minimisée. Car perdre un animal reste parfois difficile à expliquer à ceux qui ne l’ont jamais vécu. Pour certains, il ne s’agissait « que » d’un chien, d’un chat ou d’un lapin. Pour ceux qui partageaient leur quotidien avec lui, c’était un réveil accompagné, une présence au retour du travail, un regard dans les moments difficiles et une petite routine qui structurait les journées.
Se rendre sur sa tombe permet alors de conserver un rituel. On peut y déposer des fleurs, parler quelques minutes à voix basse ou simplement s’asseoir devant la pierre. Rien n’efface l’absence, évidemment, mais ce rendez-vous donne une place concrète au chagrin et au souvenir.
Et lorsque les années passent, ces petites tombes continuent de rappeler qu’un animal peut laisser une immense empreinte derrière lui, même lorsqu’il ne pesait que quelques kilos. Parce qu’au fond, certains compagnons ont beau avoir quatre pattes, une truffe humide et une durée de vie bien trop courte, ils occupent parfois une place immense dans notre histoire.
