Sur les réseaux sociaux, un chaton canadien fait fondre des milliers d’internautes. Son regard démesuré, presque irréel, captive et interroge. Toutefois, derrière ces yeux spectaculaires ne se cache pas un simple « atout mignon », mais une réalité médicale bien plus sérieuse.
Un regard hors du commun qui fascine
Recueillie par un refuge au Canada, une petite chatte prénommée Dorito a rapidement attiré l’attention. Âgée de quelques mois seulement, elle arbore des yeux anormalement gros, très arrondis, qui lui donnent une expression saisissante. Les photos partagées en ligne ont déclenché une vague de réactions attendries, beaucoup évoquant une particularité génétique rare ou une singularité naturelle.
Son histoire, relayée notamment par le média américain The Dodo, commence pourtant dans des circonstances difficiles : retrouvée avec sa sœur dans une benne à ordures, la petite féline présentait déjà plusieurs soucis de santé. Dès son arrivée au refuge, l’un de ses yeux apparaissait trouble. Avec le temps, l’inflammation s’est accentuée, modifiant progressivement l’apparence de son regard. Si ses gros yeux peuvent sembler attendrissants, ils ne sont en réalité pas le fruit du hasard ni d’un simple trait physique original.
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Une maladie grave à l’origine de son apparence
Dorito a été touchée par une péritonite infectieuse féline (PIF), une maladie virale provoquée par une mutation du coronavirus félin. Cette affection est connue pour être sérieuse et longtemps considérée comme presque toujours fatale. Elle peut entraîner des inflammations internes importantes et, dans certains cas plus rares, des atteintes oculaires.
Dans sa forme oculaire, la PIF provoque notamment une uvéite, c’est-à-dire une inflammation marquée de l’intérieur de l’œil. Cela peut engendrer un aspect trouble, une modification de la pression intraoculaire et parfois une augmentation visible du volume de l’œil. Chez Dorito, l’inflammation a contribué à une hypertrophie oculaire, expliquant la taille impressionnante de ses yeux.
Il est important de le souligner : cette apparence n’a rien d’un simple détail esthétique. Elle est le symptôme d’une pathologie sérieuse. Derrière ce regard qui émeut se cache un organisme qui a dû lutter, et qui nécessite encore une attention médicale constante. Ce n’est donc tout sauf « juste mignon » : ce chaton est malade et a possiblement souffert, ou souffre encore, des conséquences de cette atteinte.
Des soins déterminants et un suivi attentif
À son arrivée au refuge, une équipe vétérinaire s’est mobilisée pour stabiliser son état. Les progrès récents en matière de traitements antiviraux ont permis d’améliorer le pronostic de certains chats atteints de PIF, même si ces thérapies restent inégalement accessibles selon les pays.
Dans le cas de Dorito, les soins ont visiblement permis de contrôler la pression à l’intérieur de ses yeux. Aujourd’hui, elle reçoit des gouttes lubrifiantes quotidiennes afin de maintenir une bonne hydratation oculaire, car elle ne peut pas fermer complètement ses paupières. Sa vision serait légèrement altérée, et les vétérinaires ne peuvent affirmer avec certitude si la taille de ses yeux redeviendra totalement habituelle. Son état général est désormais stable, mais cela reste le résultat d’un suivi régulier et attentif. Adoptée avec sa sœur par la même personne, elle vit en intérieur, dans un environnement sécurisé et sous surveillance.
Pourquoi un tel engouement ?
Les grands yeux déclenchent souvent une réaction instinctive de protection. En psychologie, le concept de « baby schema » décrit cette tendance à trouver attendrissantes certaines caractéristiques juvéniles : yeux larges, visage arrondi, proportions douces. Le regard de Dorito active ainsi naturellement cette sensibilité. Toutefois, il est essentiel de dépasser l’image virale. Derrière l’émotion se trouve une réalité médicale complexe.
En définitive, vous pouvez trouver ce chaton touchant, inspirant, courageux. Vous pouvez admirer sa force et la beauté singulière de son regard. Surtout, vous pouvez comprendre que cette singularité raconte un combat. Et qu’un animal, aussi irrésistible soit-il, mérite avant tout des soins, de l’attention et un profond respect pour sa santé.
