Des papillons pailletés qui survolent un dos hâlé et se dessinent par nuée derrière un top. Ce détail de style, qui rappelle l’ère des scoubidous et des baladeurs MP3, commence à investir tous les corps aux prémices de l’été. La chanteuse Zara Larsson est l’instigatrice de ce mouvement esthétique nostalgique qui entend illuminer les silhouettes. Ces tatouages faits de strass se suffisent à eux seuls pour accessoiriser une tenue. Il est temps de renouer avec l’art de la décalcomanie.
Des bijoux de corps ressuscités des années 2000
Les strass et autres diamants de poche ont longtemps régné sur les visages. Apposés au coin de l’œil ou sous le sourcil à l’occasion des festivals ou des occasions spéciales, ils prennent quelques libertés et ne se limitent plus au périmètre de la paupière. Ils franchissent désormais la frontière de la mâchoire pour consteller le corps et conquérir d’autres zones anatomiques, en manque d’amour-propre. Une tortue aux reflets bleutés incrustée au bas du dos, des arabesques argentées inscrites à la naissance des clavicules ou des fleurs de tiaré en trois dimensions ancrées dans le bras comme des pierres précieuses intégrées.
À la vue de ces éléments visuels forts et de ces maquillages à l’effet aérographe, le monde entier semble s’être figé dans les années 2000. D’autant que ces tatouages pailletés s’échappent de pantalon taille basse et de top coloré à dos ouvert. Non vous n’avez pas franchi un mur spatio-temporel, ni fait un bond dans le passé même si tous les codes de la mode actuels vous laissent penser à un retour en arrière.
Plus que du maquillage de pop star ou des finitions étincelantes, ces tatouages améliorés qui pourraient bien être le logo des Winx, ont quelque chose de sentimental. Ils s’accompagnent de tout un imaginaire : les cassettes audio, les téléphones à clapet, les parfums ultra sucrés, le vernis craquelé. À cette époque, qui suscite un spontané « c’était mieux avant », on collait des gommettes d’orfèvre partout, de notre journal intime à notre poste de radio. On prenait l’expression « mettre des paillettes dans sa vie » au premier degré. Et le corps n’a pas échappé à cette strass-mania. Ces tatouages éphémères qui consistent à répandre une poudre irisée dans des pochoirs reviennent au cœur des habitudes beauté.
Voir cette publication sur Instagram
La chanteuse Zara Larsson renoue avec ce rituel brillant
Si les soleils dorés prennent de nouveau place sur les bras et si les dauphins éclaboussent les épaules de leur éclat, c’est en partie grâce à l’iconique Zara Larsson. La muse scandinave, qui avait déserté les projecteurs et les écouteurs pendant un temps, a fait un retour fracassant dans le monde musical. Toujours fidèle à sa direction artistique Y2K, elle incarne à elle seule la saison estivale et les années 2000.
À chaque apparition, elle mise sur des matières qui captent la lumière : satin, sequins, métal, transparence, strass, latex parfois. Ça crée ce côté lumineux, presque « chrome popstar » . Le tatouage scintillant est donc totalement cohérent avec son vestiaire de référence. Il fait pleinement sens avec son identité mi-tropicale, mi-rétro. Lors de sa tournée américaine Midnight Sun, qui porte très bien son nom, elle officialisait ce geste beauté très onirique. Elle donnait le ton avec des papillons argentés suivant le parcours de sa colonne. Et nul besoin de chercher des modèles sur Pinterest. Le compte Instagram de la chanteuse aux titres addictifs est une véritable vitrine d’inspiration.
Motif léopard rosé gravé sur les zones érogènes du corps ou soleil XXL dessiné à la place du pendentif, celle qui démocratisé la curieuse “Ipod dress” rivalise de fantaisie. Si les paillettes n’occupent pas ses étoffes, elles s’imposent ailleurs, au milieu de sa chaire.
Voir cette publication sur Instagram
Les techniques pour perler sa silhouette comme une experte
Ces tatouages pailletés, qui captent les rayons du soleil et qui laissent une empreinte féérique sur le corps, remplacent divinement les chaînes de corps et la joaillerie habituelle. Pour espérer obtenir le même résultat professionnel et naturel que Zara Larsson, ambassadrice d’une mode plus vivante et enjouée, il faudra certainement vous “refaire la main” et vous armer de patience. Ce n’est pas comme les fameux Blopens de notre enfance où il fallait s’époumoner quelques secondes pour voir un dessin apparaître.
Pour recréer cet effet bijou directement sur la peau, plusieurs options s’offrent à vous. La plus simple consiste à miser sur des pochoirs adhésifs spécialement conçus pour le body art, à appliquer sur une peau propre et parfaitement sèche. Il suffit ensuite de déposer une colle cosmétique invisible, puis de tapoter délicatement des paillettes libres ou de micro-strass à l’aide d’un pinceau plat. Une fois le pochoir retiré, le motif apparaît avec netteté, comme gravé à même la peau.
Les plus habiles peuvent aussi s’essayer au dessin libre avec un eyeliner pailleté ou une colle à strass appliquée au pinceau fin. Papillons délicats dans le creux du dos, constellations sur les épaules, motifs floraux le long des clavicules ou soleil stylisé au nombril : tout est permis. L’idée n’est pas d’obtenir une précision chirurgicale, mais de créer un détail lumineux qui capte le regard dès qu’un rayon de soleil effleure la silhouette.
Au fond, cette tendance signe surtout le retour d’une beauté plus spontanée, moins sophistiquée, presque régressive. Une beauté qui assume le jeu, la fantaisie et l’excès joyeux. Après des saisons dominées par le minimalisme et les routines ultra calibrées, ces tatouages scintillants rappellent qu’en été, le style peut aussi se vivre comme une récréation.
