Elle a un corps façonné par la fonte et une silhouette d’acier, mais ses biceps sont à l’étroit dans son habit de travail. Hôtesse de l’air, la créatrice de contenu @leonasim_fitness a un dress code imposé et ne peut pas y déroger. L’uniforme de sa compagnie, taillée dans les standards, n’est pas adapté à sa carrure bodybuildée et ses bras imposants tirent sur les coutures, qui manquent de craquer à chaque service. Ce costume rappelle silencieusement les critères physiques pour prétendre à ce job, encore stéréotypé.
Des biceps saillants « peu compatibles avec l’uniforme »
Lorsqu’elle ne pousse pas de la fonte sur des bancs de musculation, elle pousse des chariots entre les allées étroites des avions. Sur la terre ferme, les baskets sportives et les leggings sont presque une seconde peau. Sauf que dans les airs, l’ensemble jupe-tailleur est non négociable et s’impose comme une évidence sur sa peau veinée. La créatrice de contenu @leonasim_fitness, qui partage tantôt les coulisses de son métier, tantôt ses prouesses physiques, est un peu étriquée dans son ensemble de travail rouge vif.
Ses muscles peinent à trouver leur place au cœur de ces vêtements, qui semblent conçus sur la base des mensurations de Barbie. Contrairement à ses pièces d’entraînement, qui ont l’avantage d’être extensibles et de suivre les mouvements de son corps tonique, son uniforme est presque figé sur sa silhouette. Ses biceps, même au repos, repoussent les coutures de son blazer et soulèvent sans cesse ses manches. Elle est obligée de tirer dessus toutes les secondes pour ajuster le vêtement et répondre à cette allure impeccable exigée.
Et lorsqu’elle contracte ses muscles, une bosse apparaît à travers la matière et ça donne l’impression que le tissu va exploser. Même si l’hôtesse de l’air en rigole et traite ce problème vestimentaire sur le ton de l’humour, elle rappelle une réalité de l’ombre : les uniformes sont moulés dans les standards et traduisent un manque criant de diversité corporelle. Dans ce milieu aérien, les hôtesses de l’air sont soumises à des règles physiques strictes comme si une silhouette fine et un sourire hollywoodien étaient requis pour rassurer les passagers.
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Une discrimination discrète derrière les coutures
Attacher ses cheveux en chignon, arborer un maquillage visible, mais pas ostentatoire, se repoudrer le nez régulièrement en cas d’excès de sébum, masquer ses tatouages sous du fond de teint, avoir une silhouette « harmonieuse » et un IMC « sain ». Pour espérer pouvoir servir des cafés à 10 000 mètres d’altitude et sillonner le globe gratuitement, il faut presque avoir l’apparence édulcorée et lisse des Anges de Victoria’s Secret. C’est un peu comme postuler à un concours de Miss, mais en version professionnelle.
Les hôtesses de l’air et les stewards sont la vitrine de la compagnie : ils doivent inspirer la sympathie, la sûreté et la bienveillance. Et l’uniforme participe à ce sentiment général de confiance et de sérieux. Or, comme le démontre @leonasim_fitness ces vêtements s’en tiennent à un idéal et culpabilisent celles qui y échappent. Un muscle un peu trop visible, un bourrelet qui ressort… ces détails corporels ne sont pas les bienvenus sous cette toile de couleur.
Même si certaines compagnies ont assoupli leur dress code, en démocratisant le pantalon chez les femmes et la jupe chez les hommes, d’autres restent attachés aux vieilles traditions. Ces étoffes à l’effigie de chaque compagnie aérienne sont l’extension des diktats de minceur et défendent, malgré elles le mythe de la femme svelte. D’ailleurs, il suffit de voir le casting aux portes de l’avion : les hôtesses de l’air donnent l’illusion de clones.
Briser les clichés sur les hôtesses de l’air
Souvent perçues comme des figurantes ou comparées à des mascottes améliorées, les hôtesses de l’air sont réduites à un simple fantasme. Dans l’imaginaire collectif, elles ont des jambes à n’en plus finir, une taille extra fine, un port de tête gracieux et un sourire ravageur. Cependant, même si les profils sont toujours un peu similaires dans l’équipage, il y a des femmes qui font exception à la silhouette fluette et qui dépoussièrent cette image très « adoucie » de la féminité.
C’est ce que fait la créatrice de contenu @leonasim_fitness avec ses muscles qu’elle peut difficilement cacher ou rapetisser. Pas question pour elle de revoir ses séances de sport ou de sacrifier ses exercices de développé couché pour exercer son métier et ne faire qu’un avec sa tenue. Ce n’est pas à elle de revoir son esthétique, mais aux stylistes derrière ces créations.
La créatrice de contenu @leonasim_fitness, qui ne jure que par la musculation, repousse les coutures de son uniforme et les clichés. Elle a un corps solide et endurant, qui résiste à toute épreuve, même aux turbulences mode de ce milieu.
