À partir de 50 ans, les femmes sont sommées de se ranger dans des grosses mailles et des pantalons à l’esthétique triste. Les magazines leur rappellent inlassablement que « la fantaisie n’est plus de leur âge » et que « le temps des mini-jupes n’est qu’un lointain souvenir ». En réalité, elles sont libres de disposer de leur corps et de leur penderie comme bon leur semble. Une créatrice de contenu le rappelle brillamment, avec des lanières en cuir sur la silhouette.
Des lanières en cuir à la place du vieux tricot
C’est une déclaration de guerre contre les normes et une déclaration d’amour envers l’âge. Alors que la plupart des femmes de 50 ans ne connaissent plus la sensation des débardeurs à fine bretelle sur leur buste, ni l’effet d’une jupe en cuir sur leurs cuisses, la créatrice de contenu @51_et_alors.officiel, accomplit leur fantasme vestimentaire et dément tout ce que l’on peut lire dans les médias mode. Bien loin de se fondre dans des pièces qui l’effacent au lieu de la valoriser et de céder au dresscode vieillot des pages vernies, elle exprime sa personnalité à travers chaque look.
Pour s’habiller, il n’y a pas de mode d’emploi ni de lois et la cinquantenaire aux cheveux fougueux le démontre avec assurance. Elle porte des couleurs là où d’autres se forcent à la discrétion. Elle arbore des coupes courtes là où la plupart de ses conscrites s’enferment dans des tissus ultra couvrants. Tandis que la société s’attèle à faire disparaître les plus de 50 ans dans leurs vêtements, la créatrice de contenu silver, elle, troque l’ennuyant gilet en maille contre une parure qui est l’opposé même de la pudeur et de la modestie.
Dans une vidéo « look du jour », format qui reste sa spécialité, elle apprivoise une jupe en cuir au style « suggestif ». Ce n’est pas la jupe traditionnelle que l’on porte avec des bottines, mais plutôt un accessoire d’ornement. Dotée de lanières et de brides, elle semble tout droit sortie du vestiaire confidentiel d’Anastasia Grey ou rescapée d’un concert de rock. Une pièce que la « police du style » aurait condamnée pour excès de vulgarité, mais que la cinquantenaire s’approprie avec une élégance presque innée. En l’associant à une robe pull noire, une veste tartan et des bottes rouges, elle en fait un look iconique.
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La mode n’a pas d’âge, elle s’incarne
À partir de 50 ans, les femmes ne se sentent plus assez bien pour les vêtements coquets, mais elles se pensent encore trop jeunes pour les chaussures à scratch et les robes chemises kitsch. À cette époque charnière, elles se contentent alors d’un dressing basique, qui jure avec tout ce qu’elles ont pu porter auparavant. Les chemisiers en soie et les jupes en tweed longueur genou s’apparentent alors des « lots de consolation ». Cependant, chaque pièce mode défendue noir sur blanc comme la norme absolue fait l’effet d’une cape d’invisibilité.
Ces habits préconisés à travers le web manquent de vitamines, de tonus, de lumière. Ils laissent croire que la vitalité s’en est allée. Cependant, on n’est pas dans un conte dystopique à la Handmaid’s Tale. Les femmes de cinquante ans, qui se font rares dans les castings de la Fashion Week, ont beaucoup à dire derrière les coutures et ne sont pas condamnées à passer le restant de leur jour derrière un vulgaire tablier.
Les coachs en image et les stylistes auto-proclamés n’ont pas la science infuse et ne détiennent pas la vérité absolue. Avec ses démonstrations de style, la créatrice de contenu assouplit le portrait de la cinquantenaire tirée à quatre épingles et encourage à l’expression de soi. La femme de cinquante ans, qui est un peu l’alter ego féminin de Karl Lagerfeld, porte tous les interdits sur ses épaules et elle en fait des tenues flatteuses. Épaulette XXL, total look rouge, santiag à strass, haut en latex… Elle croise le style de Lady Gaga et Madonna sur une silhouette qui existe encore trop peu dans les campagnes publicitaires.
Un exemple d’acceptation au milieu des injonctions
Si de nombreuses femmes s’assagissent dans leur style à partir de 50 ans, ce n’est pas par choix, mais bien souvent sous la contrainte des diktats. À force d’entendre qu’il faudrait « adapter » sa garde-robe à son âge, « rester élégante », « ne pas en faire trop », beaucoup finissent par réduire leur expression vestimentaire comme on baisserait le volume de sa personnalité. Les couleurs deviennent plus sages, les coupes plus longues, les matières plus « correctes ». Petit à petit, le vêtement ne sert plus à se révéler, mais à se faire oublier.
Ce qui dérange, au fond, ce n’est pas la jupe en cuir ou les bottes rouges. C’est l’idée qu’une femme mature puisse encore occuper l’espace, attirer l’œil, revendiquer du désir, du style, de la puissance. La société tolère les femmes de plus de 50 ans… à condition qu’elles se fassent discrètes. Cette influenceuse fait exactement l’inverse : elle prend de la place, avec panache.
Finalement, son message est simple, mais révolutionnaire dans un monde saturé d’injonctions : vieillir n’est pas rétrécir. Et parfois, il suffit d’une jupe inattendue pour s’en souvenir.
