Ces scénarios absurdes que votre cerveau adore la nuit

Vous vous glissez dans votre lit, prêt à dormir… et soudain, votre esprit s’évade dans un scénario complètement improbable : vous devenez chanteur célèbre, vous survivez à une apocalypse zombie, ou vous rejouez une scène gênante de 2008, en l’améliorant. Rassurez-vous : vous n’êtes pas seul·e à imaginer des histoires absurdes au moment de dormir. Ce phénomène est non seulement fréquent, mais il s’explique aussi scientifiquement. Ces rêveries nocturnes, souvent surréalistes, peuvent même jouer un rôle important dans la régulation de nos émotions.

Le cerveau, ce scénariste infatigable

Selon une enquête, il est très courant que le cerveau se mette à fabriquer des scénarios mentaux dès que le calme revient. La journée terminée, l’attention se relâche et l’esprit devient plus libre d’errer. C’est ce que les chercheurs appellent la rêverie dirigée, un état entre veille et sommeil où l’imagination prend le dessus sur la logique.

D’après le Dr Cortland Dahl, chercheur en neurosciences contemplatives à l’université du Wisconsin, « ces moments d’imagination sont une sorte de sas de décompression pour le cerveau, un moyen d’organiser les souvenirs de la journée et de libérer les tensions mentales » .

Une fonction émotionnelle méconnue

Ces scénarios absurdes ne sont pas anodins. Ils jouent parfois un rôle de régulation émotionnelle : rejouer une dispute avec une meilleure répartie, se visualiser en train de réussir un défi personnel, ou s’imaginer dans un univers fictif apaisant, tout cela permet de calmer certaines angoisses et de réinterpréter des événements vécus sous un jour plus positif.

Selon une étude, les pensées que nous avons juste avant de dormir influencent notre sommeil. Des pensées positives améliorent la qualité de l’endormissement et la structure du sommeil profond, tandis que des pensées anxieuses ou ruminatives peuvent provoquer des insomnies ou des réveils nocturnes.

Pourquoi sont-elles si absurdes ?

Si les pensées du soir sont parfois si déconnectées de la réalité, c’est en partie à cause de l’état de pré-endormissement, aussi appelé état hypnagogique. Ce moment de flottement entre l’éveil et le sommeil profond favorise une forme de conscience altérée, proche du rêve. Le cerveau libère alors des images plus créatives, illogiques, parfois très théâtrales.

Par ailleurs, selon le Journal de Montréal, cette tendance à imaginer des choses irréalistes peut aussi refléter un besoin d’évasion mentale, en particulier en période de stress. « Ces scénarios fantaisistes sont un moyen pour notre esprit de reprendre le contrôle, de s’inventer un monde dans lequel il n’est pas contraint par la réalité », expliquent plusieurs psychologues interrogés .

Le cas de la rêverie compulsive

Chez certaines personnes, ces scénarios deviennent tellement envahissants qu’ils occupent plusieurs heures par jour. Ce phénomène porte un nom : la rêverie compulsive . Décrit pour la première fois par le psychologue Eli Somer en 2002, ce trouble n’est pas officiellement reconnu dans les classifications médicales, mais il est étudié de plus en plus sérieusement.

Les personnes concernées ont du mal à contrôler leurs pensées imaginatives, qui interfèrent avec leur vie quotidienne, leur sommeil et leurs interactions sociales. Ce trouble est parfois lié à un traumatisme ou à des troubles anxieux. Pour distinguer la rêverie normale du trouble compulsif, un indicateur utile est la perte de contrôle : si l’on se sent envahi, épuisé ou incapable d’arrêter de rêver éveillé·e, il peut être utile d’en parler à un professionnel de santé mentale.

Faut-il essayer de les contrôler ?

Pas nécessairement. Tant que ces scénarios nocturnes ne nuisent ni à votre endormissement ni à votre équilibre émotionnel, il n’y a pas lieu de s’en inquiéter. Au contraire, ils peuvent même favoriser la créativité, l’apaisement et l’exploration de soi. Mais si vous avez du mal à « décrocher » et que vos rêveries prolongent l’endormissement, quelques ajustements peuvent vous aider : réduire l’exposition aux écrans le soir, instaurer un rituel de coucher calme, ou encore pratiquer la méditation pour recentrer l’attention.

Les scénarios absurdes qui surgissent le soir sont bien plus que des divagations mentales. Ils reflètent notre besoin de relâchement, de réparation intérieure et parfois de contrôle sur nos émotions. Loin d’être une bizarrerie, cette habitude est une stratégie naturelle et universelle pour préparer le corps et l’esprit au repos. Alors si vous vous retrouvez à imaginer que vous êtes agent secret, chanteur·se célèbre ou survivant·e sur Mars avant de vous endormir… détendez-vous : votre cerveau fait simplement ce qu’il sait faire de mieux.

Naila T.
Naila T.
Je décrypte les tendances sociétales qui façonnent nos corps, nos identités et nos rapports au monde. Ce qui m’anime : comprendre comment les normes évoluent et transforment dans nos vies, et comment les discours sur le genre, la santé mentale et l’image de soi s’infiltrent dans le quotidien.

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