La transpiration fait partie du quotidien de tout le monde. Si certaines personnes semblent produire très peu d’odeurs corporelles, ce n’est pas uniquement une question d’hygiène ou d’alimentation. La génétique pourrait aussi entrer en jeu, grâce à un gène bien particulier appelé ABCC11.
Un gène qui influence les odeurs corporelles
Notre ADN renferme de nombreuses informations qui façonnent notre organisme, y compris certains aspects très concrets du quotidien. C’est le cas du gène ABCC11, qui participe au transport de molécules produites au niveau des aisselles. Chez certaines personnes, une variante génétique rend cette protéine inactive. Résultat : les composés à l’origine des odeurs sont produits en quantité beaucoup plus faible. À l’inverse, une seule copie de la version « active » du gène suffit généralement à favoriser une transpiration plus odorante.
Pourquoi la transpiration sent-elle parfois ?
Contrairement à une idée reçue, la sueur est presque inodore lorsqu’elle est sécrétée. Ce sont les bactéries naturellement présentes sur la peau qui transforment certaines molécules de la transpiration en composés responsables des odeurs. Le gène ABCC11 joue justement un rôle dans ce processus. Lorsqu’il fonctionne normalement, il permet d’acheminer vers la surface de la peau des substances dont les bactéries se nourrissent. Si cette « livraison » est fortement réduite, les bactéries disposent de moins de matière première… et les odeurs diminuent elles aussi.
Une particularité très variable selon les populations
Cette variante génétique n’est pas répartie de façon homogène dans le monde. Les études montrent qu’elle est particulièrement fréquente chez les personnes originaires d’Asie de l’Est, où elle concernerait entre 80 et 95 % de la population selon les estimations. À l’inverse, elle reste beaucoup plus rare chez les personnes d’origine européenne ou africaine. Les scientifiques s’interrogent encore sur les raisons de cette différence, qui pourrait être liée à l’évolution de l’espèce humaine, sans qu’une explication définitive ne fasse aujourd’hui consensus.
Vos oreilles peuvent donner un indice
Étonnamment, le même gène influence aussi… le cérumen. Les personnes porteuses de la variante inactive présentent le plus souvent un cérumen sec et clair, tandis que la version active est généralement associée à un cérumen plus humide. Ce détail peut donner une indication, mais il ne permet pas d’être certain de la variante génétique que vous possédez. Seul un test génétique peut le confirmer.
La génétique n’explique pas tout
Même si ABCC11 joue un rôle important, il ne détermine pas à lui seul les odeurs corporelles. L’alimentation, le stress, les hormones, l’activité physique, les produits utilisés au quotidien ou encore le microbiote de la peau influencent également l’intensité des odeurs. Autrement dit, deux personnes ayant le même patrimoine génétique peuvent tout de même sentir différemment selon leur mode de vie et leur environnement.
Et si on arrêtait de culpabiliser de transpirer ?
Avoir chaud, transpirer ou laisser apparaître quelques traces sous les bras n’a rien d’anormal. La transpiration est un mécanisme essentiel qui permet au corps de réguler sa température et de fonctionner correctement. Elle n’est ni un signe de manque d’hygiène ni un défaut à corriger à tout prix. Les odeurs corporelles, comme les traces de sueur, font partie de la diversité des corps. Certaines personnes transpirent davantage, d’autres moins, certaines dégagent peu d’odeurs grâce à leur génétique… et tout cela est parfaitement normal. L’essentiel est de se sentir bien dans son corps, sans se comparer ni ressentir de honte face à un phénomène aussi naturel.
Le gène ABCC11 rappelle ainsi qu’un simple changement dans notre ADN peut avoir des conséquences très concrètes sur le quotidien. Pour certaines personnes, cette particularité rend même l’utilisation d’un déodorant presque facultative. Une preuve supplémentaire que nos corps fonctionnent chacun à leur manière… et qu’il n’existe pas une seule façon « normale » de transpirer.
