Solitude du week-end : la méthode pour l’accepter et l’aimer

Quand on est célibataires et que l’on habite dans une ville d’adoption, loin de nos proches, on trouve parfois le week-end interminable. Contrairement à ce que vantent les séries comme “Friends”, on ne passe pas nos deux jours de repos à siroter des limonades améliorées en très bonne compagnie. Parfois, c’est le néant. On a presque hâte d’entamer la semaine pour retrouver un semblant de vie sociale. Pour mieux supporter la solitude du week-end et combler cet agenda bien vide, voici quelques pistes de distractions.

Comprendre pourquoi le week-end est plus difficile

Le week-end se profile doucement et on se creuse les méninges pour savoir comment le remplir. On a hâte de terminer la semaine et en même temps on appréhende ce tête-à-tête prolongé avec nous-mêmes. On parcourt alors notre carnet de contact en quête d’âmes charitables pour occuper une partie de notre temps libre, on enregistre des tutoriels d’activités manuelles sur les réseaux sociaux et on consulte les médias locaux, à la recherche désespérée de sorties ou d’autres événements intéressants. En réalité, on a tellement peur de se retrouver seul avec nous-mêmes qu’on est prêts à aller au premier tournoi de pétanque du coin ou à la guinguette du troisième âge.

Si les week-end en solitaire paraissent ressourçants pour certains et s’apparentent à un précieux moment d’introspection, pour d’autres, c’est particulièrement anxiogène. C’est d’autant plus le cas chez les personnes célibataires, qui n’ont que leur petite voix intérieure avec qui parler (et elle n’est pas toujours très bienveillante). La transition entre la semaine saturée d’impératifs et le week-end d’un calme olympien est parfois brutale.

Selon une étude de la Wolfgang Maenning, menée grâce à des données datant de 1994 à 2010, le week-end serait plus déprimant que la semaine pour une grande majorité de personnes. Ça semble très paradoxal mais c’est bien réel. Pour cause, la semaine nous maintient dans un état d’adrénaline intense et cette excitation s’évanouit à l’aube du week-end, ce qui provoque une sorte de blues intersidéral à l’arrivée des très attendus jours off.

Arrêter de considérer la solitude comme un échec

Réparatrice pour certains, oppressante pour d’autres, la solitude du week-end est encore tabou. Elle s’apparente à une défaite personnelle et reçoit des “je suis désolé pour toi” en guise de réponse comme si elle était forcément subie, jamais choisie. On améliore parfois la réalité, soi-disant trop “morose” ou pas assez “vendeuse” pour être exposé aux collègues le lundi matin pendant le débrief collectif du week-end.

Certains ont participé à un hyrox, d’autres ont eu la motivation de faire toutes les expositions de la ville tandis que les plus hyperactifs ont enchaîné randonnée, canyoning, atelier créatif et soirée blind test. À côté, on se sent vite minable et on se contente d’un évasif “je n’ai rien fait de spécial”. Dans une société de performance où il faut se montrer productif même pendant les jours de repos, la solitude du week-end peut vite être source de honte. Or, être seul ne signifie pas être “sans ami” ou “mal aimé”. La solitude n’est pas un problème à résoudre, ni un appel à l’aide silencieux. C’est parfois un moyen de se reconnecter à soi, de redécouvrir des activités qui nous animaient enfant, de faire face à ses propres pensées.

Créer ses propres rituels du week-end

Occuper son week-end n’est pas une compétition et la solitude n’est pas non plus un challenge insurmontable. Et inutile de tester des nouveaux loisirs chaque week-end pour frimer au boulot ou enrichir ses stories Instagram. On peut braver l’ennui en toute simplicité, à travers une routine bien orchestrée. Parce que le week-end n’est pas toujours une suite de découvertes inédites et de virées spectaculaires.

L’idée ? Donner une structure à nos journées sans que ça ne devienne une injonction. On peut prendre un café dans notre lieu préféré chaque samedi matin au lieu de le siroter dans notre canapé en fixant le vide. On peut aussi se fixer des mini-défis, accessibles bien sûr. Pourquoi pas une balade dans un quartier différent chaque dimanche ou un tirage au sort pour choisir un film au cinéma le soir. Ce n’est plus de la solitude mais un rendez-vous presque romantique avec soi-même.

Redécouvrir sa ville comme un touriste

Quand on vit dans une grande métropole, on ne connaît pas tous ses secrets. Pourtant, au lieu d’explorer les endroits inconnus sur Google Maps, on se limite à un périmètre bien défini. Le week-end est l’occasion idéale pour sortir des sentiers battus et quitter notre zone de confort.

On peut déjà commencer par écumer les allées du marché local, là où il y a de la vie, de la joie, de l’humain. On peut aussi se perdre dans les rues, sans itinéraire précis : meilleure initiative pour s’émerveiller. Pourquoi ne pas pousser les portes de ce musée ou de ce restaurant que l’on croise dans tous les guides ? On peut organiser notre week-end comme des étrangers de passage et se prendre totalement au jeu, au point d’en oublier qu’on ne dort pas à l’hôtel.

Cultiver des activités « profondes »

Pourquoi vouloir lutter contre la solitude du week-end quand on peut la tourner à notre avantage et la transformer en parenthèse ressourçante ? Se retrouver seul est aussi un moyen de faire des activités que l’on remet sans cesse à plus tard. Lire ce livre laissé en suspens depuis les dernières vacances, écrire des mots qui nous passent par la tête, utiliser nos émotions comme une énergie créative, cuisiner cette recette alléchante croisée au gré d’un scroll.

Au lieu de combattre la solitude, on l’accueille comme une chance, un instant de bien-être privilégié. Ces activités procurent souvent un sentiment d’accomplissement qui atténue la sensation de vide.

Sortir seul sans attendre d’être accompagné

Longtemps, sortir seul était un phénomène “bizarre”, presque réservé à ceux qui n’ont pas réussi à trouver de plan B. Pourtant, il suffit de changer de perspective pour que l’expérience prenne une toute autre couleur. Aller au cinéma, s’installer à une terrasse, visiter une exposition ou même dîner seul ne sont pas des aveux de solitude, mais des choix de présence à soi.

Au début, il y a souvent ce léger malaise, ce regard qu’on imagine posé sur soi alors qu’en réalité, tout le monde est occupé à vivre sa propre histoire. Puis, très vite, quelque chose se relâche. On choisit sa place, son rythme, son silence. On n’attend personne, on ne s’adapte à personne, et cette liberté-là a un goût étonnamment rare.

Sortir seul, c’est aussi redécouvrir le monde sans filtre. On observe davantage, on écoute mieux, on se laisse surprendre par des détails qu’on aurait ratés dans une conversation ou un groupe. Un café devient un refuge, une balade se transforme en respiration, un musée en dialogue intime avec soi-même.

Apprendre à aimer ses week-ends en solo, ce n’est pas transformer sa vie en série d’activités inspirantes. C’est plutôt arrêter de croire qu’un week-end réussi doit forcément ressembler à celui des autres. C’est accepter que parfois, le meilleur programme, c’est justement de ne pas en avoir.

Émilie Laurent
Émilie Laurent
Dompteuse de mots, je jongle avec les figures de style et j’apprivoise l’art des punchlines féministes au quotidien. Au détour de mes articles, ma plume un brin romanesque vous réserve des surprises de haut vol. Je me complais à démêler des sujets de fond, à la manière d’une Sherlock des temps modernes. Minorité de genre, égalité, diversité corporelle… Journaliste funambule, je saute la tête la première vers des thèmes qui enflamment les débats. Boulimique du travail, mon clavier est souvent mis à rude épreuve.

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