Le mariage ne ferait plus rêver les Français·es !

Selon une nouvelle enquête, 61 % des Français.es ne rêvent plus de mariage. Le pacs ferait concurrence, plus besoin de se marier pour faire des enfants, l’âge des marié.e.s n’est plus aussi strict, les noces plus intimistes ont le vent en poupe… En 2021, si les mariages continuent d’en faire rêver certain.e.s, c’est d’abord parce qu’ils sont célébrés à leur manière, plus personnalisés et moins conventionnels.

De nouvelles preuves d’amour

Fin septembre 2021, l’entreprise immobilière Immonot a interrogé un échantillon de 1676 Français.es. Leur enquête visait à découvrir les nouvelles tendances en matière de mariage en France. Résultats ? 61 % des Français.es ne rêvent plus de mariage. Mais 60 % croient toujours en l’amour éternel.

Si le mariage ne fait plus rêver, est-ce qu’il représente tout de même encore la plus grande preuve d’amour aujourd’hui ? 57 % des Français·es disent que non. Pour près de la moitié des sondé.e.s (46 %), c’est plutôt le fait d’avoir un.e enfant. D’autres expliquent que ce sont « les petites attentions du quotidien, l’acceptation de l’autre, vivre ensemble ou encore acheter une maison » qui constituent la plus grande preuve d’amour.

Le pacs ou le Covid-19 font-ils concurrence au mariage ?

Selon les chiffres de l’Insee, le nombre de mariage est en chute en France depuis les années 2000. Il est interprété comme à la fois sécurisant et contraignant par rapport au pacs (le pacte civil de solidarité), créé justement en 1999. Le pacs est également une déclaration de couple, qui apporte essentiellement des avantages au niveau fiscal, de la mutuelle, et ne mérite pas de grandes démarches en cas de séparation. Cependant, il n’est pas le mieux adapté pour protéger les époux.ses mutuellement. Et les Français.es font bien la différence entre les deux formes d’union : 72 % estiment ainsi que le pacs n’est pas équivalent au mariage. D’ailleurs, 63 % des sondé.e.s estiment qu’établir un contrat de mariage auprès d’un notaire est essentiel.

Serait-ce un effet post-confinement ? Pas vraiment. Dans le monde professionnel du mariage, la pandémie de Covid-19 a entraîné une crise du secteur en raison des restrictions sanitaires. Mais aujourd’hui les salons de mariage reprennent partout en France, et le secteur à l’air de reprendre ses activités « à la normale ». En réalité, les raisons du déclin du mariage conventionnel sont variées et difficiles à préciser.

Le mariage idéal, sans pression sociale

En 2021, on dirait que si le mariage en fait toujours rêver certain.e.s, c’est parce qu’il.elle.s le célèbrent et le font vivre à leur façon. À l’époque, il y avait des principes auxquels il ne fallait pas déroger, mais les temps ont bien changé. La pression sociale et familiale au mariage en France s’est estompée, et se marier est devenu bien plus un choix qu’une contrainte. Par exemple, pour 57 % des sondé.e.s, il n’est pas primordial de se marier pour avoir des enfants. Notion impensable à l’époque.

Aussi, l’âge auquel il « faut » se marier n’est plus un critère aussi strict qu’avant, notamment avec l’allongement des études. Et désormais les Français.es se marient plus tard qu’avant. Alors que les futur.e.s marié.e.s avaient entre 23 et 25 ans en 1980, il.elle.s ont plus de 30 ans aujourd’hui. Cette enquête de l’entreprise immobilière Immonot confirme ce phénomène : pour 49 % des sondé.e.s, il n’y a pas d’âge pour se marier. Les noces plus intimistes auraient également le vent en poupe pour 74 % des personnes interrogées, avec moins de 50 invité.e.s (pour 51 %). Et plus de la moitié des sondé.e.s pensent que garder son nom de jeune fille est important.

Des traditions tenaces, mais personnalisées

Tous ces résultats démontrent une certaine évolution des mœurs et des mentalités dans le pays. Cependant, le « mariage idéal » garde tout de même quelques traditions. L’achat des alliances est essentiel pour 75 % des sondé.e.s, 81 % sont pour le voyage de noces. Et plus de la moitié (54 %) sont pour préserver la liste de mariage.

« Les cérémonies sont beaucoup plus travaillées. Inventer son mariage, c’est un vrai travail d’artiste », explique en ce sens Jean-Claude Kaufmann, sociologue du couple.

En devenant quelque chose que l’on choisit (en France, car ce n’est toujours pas le cas dans le reste du monde), le mariage serait devenu une expression de soi, une histoire plus personnelle. Les cérémonies seraient alors plus personnalisées, plus originales, et plus gaies. Mais surtout bien moins perçues comme un « rite de passage » !

Et vous, le mariage vous fait-il toujours rêver ? Comment imaginez-vous un mariage idéal ? Venez partager vos impressions sur notre forum, dans le coin Mariage !

Cindy Viallon
Cindy Viallon
Journaliste free-lance, mes sujets de prédilection sont les féminismes intersectionnels, la société et la culture. J’aime déconstruire l’actualité et briser les tabous une fois pour tous·tes !

L’attitude exemplaire des supporters japonais après le match a fait le tour du monde

Une fois encore, ils ont fait parler d'eux par leur civisme. Après le match nul entre le Japon...

En Argentine, ne pas payer sa pension alimentaire pourrait empêcher d’assister aux matchs du Mondial

En Argentine, le football est presque sacré. C'est précisément cette passion nationale que le gouvernement de Buenos Aires...

À 20 ans, Tia Cordery devient propriétaire grâce à une habitude commencée à l’adolescence

Devenir propriétaire à 20 ans, sans aide familiale, en partant du salaire minimum : c'est l'exploit qu'a réussi...

Ces brésiliennes jonglent avec un ballon de foot et suscitent l’admiration

La Coupe du Monde de football, qui vient tout juste de commencer, promet d’être pleine de rebondissements cette...

Avec la hausse des températures, ces femmes disent subir davantage de harcèlement de rue

À chaque retour de l'été, le constat se répète. Sur TikTok comme sur Instagram, de plus en plus...

Qu’est-ce que le « mogging », cette tendance qui transforme la beauté en compétition ?

TikTok adore inventer de nouveaux mots. Certains sont inoffensifs, d'autres méritent qu'on s'y attarde. C'est le cas du...