Les poils des femmes n’ont (malheureusement) pas fini de faire parler d’eux. Une récente déclaration de la réalisatrice, actrice et écrivaine britannique Emerald Fennell a ravivé une discussion récurrente autour des normes de beauté et de la représentation du corps des femmes au cinéma. En cause : une scène finalement absente du montage de son adaptation des « Hauts de Hurlevent », dans laquelle le personnage de l’actrice australienne Margot Robbie apparaissait avec des aisselles non épilées.
Une scène coupée qui suscite la discussion
Dans cette nouvelle version du célèbre roman d’Emily Brontë, Margot Robbie prête ses traits à Cathy Earnshaw aux côtés de l’acteur australien Jacob Elordi. Lors d’une interview accordée à The Guardian, Emerald Fennell a confié regretter la suppression d’une séquence qu’elle jugeait importante. Cette scène faisait référence à une réalité historique simple : au XIXe siècle, les femmes n’avaient pas les habitudes d’épilation que l’on connaît aujourd’hui. Pour la réalisatrice, montrer la pilosité naturelle de son héroïne participait à la cohérence et à la crédibilité du personnage.
L’authenticité du corps au cœur du sujet
Si ce passage tenait tant à cœur à Emerald Fennell, c’est parce qu’il dépassait largement la question esthétique. Selon elle, il s’agissait avant tout de représenter une femme de son époque avec réalisme, sans projeter sur elle des standards de beauté contemporains.
Cette prise de parole remet en lumière un débat qui traverse régulièrement le monde du cinéma et de la mode : quelle place accorder aux corps naturels à l’écran ? Entre exigences visuelles, habitudes culturelles et quête d’authenticité, la question continue de diviser. Aujourd’hui encore, la pilosité des femmes reste un sujet qui interroge, alors même que de nombreuses femmes revendiquent une approche plus libre et personnelle de leur apparence.
Un succès populaire malgré des critiques partagées
Au-delà de cette controverse, « Les Hauts de Hurlevent » marque une étape importante dans la carrière d’Emerald Fennell. Avec près de 242 millions de dollars de recettes mondiales pour un budget estimé à 80 millions, le film s’est imposé comme son projet le plus ambitieux à ce jour. Disponible en streaming depuis le 3 mai 2026, le long-métrage a rapidement pris la tête des classements aux États-Unis. Si les critiques se sont montrées divisées sur cette relecture du classique littéraire, le public, lui, a largement répondu présent.
En partageant ce regret de mise en scène, Emerald Fennell rappelle ainsi que les représentations du corps des femmes continuent de susciter de nombreuses réactions. Derrière une simple scène supprimée se cache une réflexion plus large sur les normes esthétiques, l’acceptation de soi et la diversité des corps. Une preuve supplémentaire que, même en 2026, la question du naturel à l’écran reste un « sujet sensible ».
