Vous venez de vous remettre d’une bonne grippe ou d’une infection accablante et vous retournez à vos essentiels beauté comme si de rien n’était. Pourtant vous avez peut-être laissé des germes sur le bout de votre rouge à lèvres ou sur la brosse de votre mascara. Est-ce un mythe d’hygiène anxiogène ou une réalité ? La réponse d’un expert.
Jeter son maquillage après une maladie : excessif ?
Au plus fort de l’hiver, les virus et autres bactéries prolifèrent. Vous en avez peut-être été victime récemment. Or, quand vous tombez malade, vous n’avez pas spécialement le réflexe de vous débarrasser de votre makeup. Pourquoi ? Parce que vous avez l’impression de jeter des billets à la poubelle et de gaspiller de la matière.
Il faut bien l’avouer, balancer une palette Urban Decay à peine entamée ou un rouge à lèvres griffé tout juste ouvert, c’est un terrible crève-cœur. Tant et si bien que vous conservez peut-être votre makeup usagé au-delà de leur date de péremption. Vous poncez déjà vos fards jusqu’à la fin et vous taillez vos kohls jusqu’à ne plus pouvoir les empoigner, alors vous n’allez pas sacrifier votre makeup juste pour un simple rhume passager.
Et vous avez tort. « Les produits de maquillage à appliquer directement sur la peau peuvent abriter des germes. La durée de vie dépend du micro-organisme, mais il faut partir du principe qu’ils peuvent persister aussi longtemps que vous possédez le produit », explique Perry Romanowski, chimiste cosmétique, dans les colonnes de Today. Autrement dit, quand un produit entre en contact direct avec votre peau, il accroche les saletés sur son passage et devient en quelque sorte l’équivalent du patient zéro. Les conservateurs, même s’ils sont décriés, permettent de “stériliser” vos produits durablement et d’éviter ce cercle vicieux.
Quand faut-il vraiment jeter son maquillage ?
Navrée de vous le dire mais vous devrez certainement vous séparer de vos bâtonnets à lèvres teintés, surtout s’ils arborent un applicateur. Ce sont les produits de beauté les plus “contagieux” de votre vanity. Et les spécialistes le rappellent “mieux vaut prévenir que guérir, encore et encore”. Ces produits, que vous dégainez comme une arme esthétique, sont des nids à microbes et ces bactéries dormantes sont susceptibles de se réactiver avec la salive.
« Si vous avez simplement eu un rhume, je ne jetterais pas tout votre maquillage, mais je vous conseillerais de remplacer ou de mettre de côté les produits pour les lèvres que vous avez utilisés pendant votre maladie » préconise le Dr David Lortscher, dermatologue certifié auprès de Today.
En revanche, les produits qui passent par la paume avant de tutoyer votre minois sont moins risqués. C’est le cas notamment des fonds de teint au format pompe ou des blushs crème en pot. Les spécialistes précisent également que votre système immunitaire est censé faire son boulot et vous épargner une rechute. À moins que vous ne soyez une personne immunodéprimée.
Le cas spécifique des maladies oculaires
Là, il n y a pas de négociation possible. En cas d’orgelet ou de conjonctivite, mieux vaut dire adieu à vos essentiels beauté pour les yeux. Sinon, le scénario médical se répétera inlassablement et les collyres deviendront votre quotidien. Vous n’avez pas envie de ça. Ces virus qui vous brouillent la vue pendant un temps sont très résistants et à la différence des autres, ils ne meurent pas au contact d’objets.
Ainsi, si vous ourlez vos cils avec une brosse à mascara infectée, vos yeux ne vous le pardonneront pas et le calvaire oculaire dont vous venez de sortir recommencera aussitôt. Faites donc une petite makeup detox pour préserver ce précieux sens qu’est la vue et réactualisez votre trousse de toilettes si vous avez un doute. Liner liquide, fard poudre ou crème, mascara, crayon… Oui, il va falloir commettre ce crime et tout jeter. Et évidemment, vous devrez stériliser tous vos pinceaux (vous savez ceux que vous n’avez pas lavé depuis leur achat). Comment ? Avec un savon antibactérien et répétez l’opération une fois par semaine.
Quelques rappels des règles d’hygiène pour un makeup sain
Les experts en profitent pour rappeler quelques bonnes pratiques cosmétiques. D’abord, ne prêtez jamais votre makeup (même pas à votre meilleure amie qui vous supplie avec sa tête de chat Potté). Autre recommandation pour les produits en pot : utilisez une spatule propre pour les appliquer et pas vos doigts. Optionnel mais pas superficiel : notez la date de la première utilisation de votre makeup sur une étiquette afin de bien respecter la date indiquée dans le petit sigle.
Jeter son maquillage après avoir été malade n’est pas un truc « de maniaque obsessionnel » mais un acte préventif. D’où l’intérêt de délester un peu son minois de matières. Vous allez peut-être adhérer au « no makeup » plus facilement après avoir lu cet article.
