Burberry ose une égérie inattendue… et la mode s’incline

De Emma Watson à Cara Delevingne, de nombreuses muses ont revêtu, le temps d’une campagne, l’iconique tartan à carreaux et défendu les couleurs de la griffe aux accents british. Mais cette fois-ci, Burberry n’a pas choisi une mannequin chevronnée à la peau immaculée et au physique calibré pour incarner ses vêtements chauvins. Elle a sollicité la bien nommée “Bus Aunty”, une madame tout le monde qui impose son charme solaire sous le ciel gris de Londres.

Bus Aunty, une égérie pas comme les autres

La marque Burberry est à l’Angleterre ce que Chanel et Jean Paul Gaultier sont à la France. Toute l’identité du pays tient dans ses lettres. Elle fait partie du paysage britannique, au même titre que Big Ben et le palais de Buckingham. C’est un emblème culturel. Elle évoque spontanément les quartiers chics de la banlieue londonienne, les immeubles victoriens, le tea time dans l’argenterie de famille. Du sang bleu coule dans son ADN.

Son trench signature investit les épaules des nobles de Notting Hill et côtoie gant en cuir et chemisier en soie. Il habille ces femmes au brushing soigné, qui ne connaîtront jamais la saveur du traditionnel baked bean, ni les matins serrés dans le métro. Il s’impose sur des silhouettes qui écument les banquettes matelassées des taxis et un peu moins sur celles qui courent après les bus vermillons.

Pourtant, pour sa nouvelle campagne, Burberry fait des infidélités à ses ambassadrices bourgeoises et se veut plus proche du peuple et moins “cliché”. Pour assurer cette transition stylistique, elle sollicite la lumière de Bemi Orojuogun, surnommée “Bus Aunty” (la tata du bus). Un rayon de soleil dans les rues éteintes de Londres.

Cette star de TikTok s’est fait connaître avec des vidéos sincères et instinctives qui rappellent celles de nos parents. Son mode opératoire ? Se filmer face caméra devant le fameux bus rouge à étages. Un rituel quotidien mais aussi un hommage à son mari défunt qu’elle a rencontré sous le toit de ce car vermillon. Vitrine d’un Londres plus franc et moins hautain, “Bus Aunty” est un visage dans lequel on se reconnaît.

 

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Back to the City : la campagne qui réinvente Londres

Bus Aunty est devenue la tante que tout le monde rêve d’avoir. La figure familière et drôle d’un Londres vivant et imparfait. Et c’est justement son image chaleureuse qui plaît, qui parle, qui inspire. Sortie des pixels par des marques comme Jacquemus et IKEA, elle s’inscrit aussi derrière les coutures de Burberry.

Dans la campagne “Back to the City”, qui signe un retour à l’essentiel, le contraste est saisissant. D’un côté la femme britannique de la haute société et de l’autre la tante métisse qui s’émerveille de tout. Celle des quartiers populaires qui connaît le crissement des pneus sur le bitume, la foule bruyante, les maisons en brique et qui porte sur ses vêtements la fragrance du fish and chips.

Derrière l’objectif, Angelo Pennetta capte la ville dans toute sa beauté désordonnée : bus rouges, pavés humides, néons qui scintillent. La bande-son signée Jimothy Lacoste accompagne cette immersion dans un Londres alternatif, vibrant et accessible. Et le casting ? Une parfaite alliance entre le chic et le quotidien. Pour créer ce beau melting pot esthétique : Nora Attal, Reuben Bilan-Carroll, Libby Bennet… et Bus Aunty, qui apporte ce supplément d’âme qui manquait à la marque. La campagne devient alors une ode à la diversité, à l’énergie des rues et à l’humain derrière chaque trench.

 

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Quand la mode rencontre la pop culture

Choisir Bus Aunty n’est pas anodin : c’est un geste stratégique. La mode n’est plus seulement pour l’élite, elle célèbre l’authenticité et la personnalité. En mêlant stars du podium et créateurs de contenu, Burberry crée un pont entre sophistication et spontanéité, entre héritage et modernité. Le luxe devient un concept vivant, qui dialogue avec la rue, les réseaux sociaux et les générations 2.0.

C’est un peu comme si, à échelle française, Studio Danielle devenait la vedette de Dior ou Givenchy. Le public français pourrait se retrouver dans ce personnage à la voix éraillée, au physique “terre à terre” et à l’humour régulier. C’est ce que Bus Aunty fait sans effort : elle fédère autour du tissu. Elle prouve que la sophistication ne dépend pas de l’habit mais de la façon dont on le porte, de l’histoire qu’on raconte autour.

La maison de luxe modernise son image sans trahir son ADN. Et l’égérie improbable redéfinit ce que signifie être stylé en 2025. La mode n’appartient plus seulement aux podiums. Elle vit dans la rue, sous la pluie, au milieu des bus et des rires. Finalement, elle célèbre celles et ceux qui font battre le cœur d’une ville.

Émilie Laurent
Émilie Laurent
Dompteuse de mots, je jongle avec les figures de style et j’apprivoise l’art des punchlines féministes au quotidien. Au détour de mes articles, ma plume un brin romanesque vous réserve des surprises de haut vol. Je me complais à démêler des sujets de fond, à la manière d’une Sherlock des temps modernes. Minorité de genre, égalité des sexes, diversité corporelle… Journaliste funambule, je saute la tête la première vers des thèmes qui enflamment les débats. Boulimique du travail, mon clavier est souvent mis à rude épreuve.

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