Cette institutrice, bientôt à la retraite, inspire par son style haute couture

Les élèves s’apprêtent à reprendre le chemin de l’école et à troquer le sac de plage contre le traditionnel cartable. À la rentrée, ils feront la rencontre de certains professeurs, qui laisseront un souvenir palpable sur leur passage. Madame Bohorquez, derrière le compte @profezuleida, elle, est de ces enseignants qui marquent les esprits (et les regards). Elle est mémorable non pas par ses punitions récurrentes ou son laxisme, mais par ses tenues haute couture. Sous ses pas, les couloirs du lycée se confondent avec le catwalk.

Une silhouette devenue signature

Les vacances touchent à leur fin. Les élèves quittent les transats pour prendre place devant des pupitres avec pour seul horizon le tableau blanc. Entre nostalgie et excitation, la rentrée est toujours un grand moment. C’est presque un événement. Les élèves découvrent leur emploi du temps, se familiarisent avec leur classe et se prennent d’amitié avec leurs nouveaux camarades. Surtout, ils se font une idée plus précise de leurs professeurs attitrés. Et s’il y a des enseignants qui ressemblent à monsieur et madame tout le monde, il y en a d’autres qui ont le mérite d’être uniques en leur genre. Chaque établissement a son instituteur-star, sa « tête d’affiche ».

Il y a des professeurs qui ont la réputation d’être des figures d’autorité intransigeantes, d’autres qui sont connus pour ne pas réussir à se faire entendre. Il y a aussi ceux qui cultivent une mentalité « à la cool » et qui ont toujours le mot pour rire. Les étudiants inscrits à l’université du Zulia au Venezuela, eux, auront l’agréable surprise de croiser Zuleida Bohorquez pendant leur cursus. Docteure en sciences de l’éducation, elle ne passe pas inaperçue entre les murs de cette école supérieure.

Avec sa démarche assurée, sa stature démesurée et ses looks soignés, elle impose sa présence sans trop en faire. Si certains professeurs entrent dans le bâtiment scolaire comme Voldemore à Poudlard, cette femme qui a tout d’une icône, débarque comme une top modèle à la Fashion Week. Dans l’imaginaire collectif, l’enseignante « de base » arbore une chemise attachée jusqu’au dernier bouton. Il n’y a que la professeur d’espagnol qui semble avoir un « passe-droit » sur cet uniforme informel et Zuleida Bohorquez, qui revisite le vestiaire académique à son avantage.

 

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Les couloirs en guise de podium

Tenue monochrome blanche contrastée avec un long manteau rouge, total look en denim parsemé de boutons dorés qui donne l’illusion d’appartenir à la collection de Jean Paul Gaultier, ensemble noir surmonté d’un haut brodé et d’une cascade de bijoux… On pourrait presque croire à un arrêt sur image d’une série américaine à la « Gossip Girl » ou d’un casting pour « Le diable s’habille en Prada ».

Les néons des salles de classe prennent alors des airs de projecteurs et le carrelage au milieu des casiers de tapis rouge. Son public ne se compose toutefois pas de journalistes à l’œil aiguisé, de critiques mode, de stylistes renommés et de tout le gratin de la fashion-sphère, mais d’élèves admiratifs avec les bras chargés de cahiers. Même lorsqu’elle dispense ses cours, Madame Bohorquez a une gestuelle de mannequin. Des attitudes naturelles que d’autres apprennent pendant des mois dans des conditions strictes. Mains posées sur les hanches, tête droite, mouvement d’une grâce indescriptible… cette chère Madame Bohorquez aurait pu mener une carrière dans la lumière des objectifs.

Cependant, si la mode est presque un langage inné chez elle, ce qui l’anime c’est l’art de transmettre ses connaissances. Certes, elle donne une leçon d’élégance à chaque intervention devant le bureau et excelle dans l’assemblage des tissus, mais elle se dévoue à la réussite de ses élèves.

Et si le dress code était… de n’en avoir aucun ?

Les moteurs de recherche ont une vision très caricaturale de l’enseignante « lambda ». Après quelques recherches d’images, ils révèlent des femmes avec un foulard noué sans fantaisie ou habillées du combo t-shirt uni et cardigan neutre. Cette enseignante, nommée gravure de mode, gomme cette tenue fade de sa silhouette pour y inscrire des pièces plus fortes. Des pièces qui ne risquent pas d’endormir ses élèves.

Pas besoin de blazer imposé, de couleurs réglementaires ou de silhouette « type » pour exercer son métier avec crédibilité. Ses jeans en patchwork, ses ceintures opulentes, ses robes asymétriques aux teintes vibrantes ne l’empêchent pas d’avoir l’attention de son audimat. Ni de partager son savoir.

Cette alter-égo réelle de Miranda Priestly obtient ainsi la mention très bien à l’exercice de style. Mieux, Madame Bohorquez se donne carte blanche devant son vestiaire. Elle revoit la copie de la femme dite d’âge mûr et en propose une version plus inspirante.

Émilie Laurent
Émilie Laurent
Dompteuse de mots, je jongle avec les figures de style et j’apprivoise l’art des punchlines féministes au quotidien. Au détour de mes articles, ma plume un brin romanesque vous réserve des surprises de haut vol. Je me complais à démêler des sujets de fond, à la manière d’une Sherlock des temps modernes. Minorité de genre, égalité, diversité corporelle… Journaliste funambule, je saute la tête la première vers des thèmes qui enflamment les débats. Boulimique du travail, mon clavier est souvent mis à rude épreuve.

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