Un adolescent éthiopien fait actuellement parler de lui aux quatre coins du monde. À seulement 15 ans, Kalu Putic transforme des déchets en pièces de haute couture, dans des vidéos virales qui fascinent des millions d’internautes.
Un phénomène venu d’Éthiopie
Le nom de Kalu Putic, parfois orthographié Kalu Putik, a explosé sur les réseaux sociaux ces derniers mois. Ce créateur originaire de la ville de Mekelle, dans la région du Tigré, en Éthiopie, attire désormais l’attention des plus grands médias mode internationaux. Connu sous le pseudo @kaluputics, ce passionné de mode a fait des plateformes comme Instagram et TikTok ses véritables podiums. Son vrai prénom est Kaleb, parfois orthographié Kaleab, et il n’a que 15 ans. Une jeunesse qui n’enlève rien à la maturité de son univers visuel, déjà comparé à celui des plus grands éditoriaux mode.
@kalu.putic♬ original sound – @ »kalu.putic
Transformer les déchets en haute couture
La signature de Kalu Putic tient en une idée simple : transformer des matériaux destinés à la poubelle en pièces dignes d’un défilé. Il utilise des morceaux de caoutchouc, de vieux textiles, des cartons et des feuilles plastiques pour créer des pièces de mode saisissantes qui défient les normes traditionnelles du design. Vieilles chaussures, ferraille, papier d’aluminium, fil de fer ou chutes de tissu : tout devient matière à création. Une démarche d’upcycling qui interroge nos rapports à la consommation, au gaspillage et à la mode jetable.
Un autodidacte sans studio ni école de mode
Ce qui frappe particulièrement chez Kalu Putic, c’est qu’il est entièrement autodidacte. Le jeune créateur travaille sans tissus coûteux, sans matériel de couture moderne et sans formation officielle. Pas de studio, pas d’équipe stylistique, pas de production professionnelle : il filme ses vidéos devant un simple mur de la ville de Mekelle, où sont accrochés vieilles chaussures, tissus déchirés et sacs poussiéreux. Cette simplicité, loin de desservir son travail, en fait au contraire toute la force, à mille lieues du contenu ultra-léché auquel on est habitué en ligne.
Des vidéos virales aux millions de vues
L’ampleur du phénomène est vertigineuse. Selon les médias internationaux, le jeune Éthiopien a publié sa première vidéo le 29 mars dernier, et son nombre d’abonnés sur Instagram aurait augmenté de deux millions en une seule journée, dépassant les six millions en deux mois. Sa première publication a déjà atteint plus de 84 millions de vues et 5,4 millions de mentions « j’aime », tandis que la plupart de ses contenus suivants cumulent eux aussi des dizaines de millions de vues. Une viralité fulgurante.
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Une mise en scène devenue signature
Au-delà des matériaux utilisés, c’est l’esthétique de ses vidéos qui crée l’addiction. Ses séquences commencent généralement par ce qui ressemble à un tas de matériaux aléatoires et à un adolescent en équilibre sur une planche en bois. Puis, presque soudainement, la transformation s’opère. En quelques secondes, l’apparente chaos devient look architecturé, silhouette dite « dramatique », mini-défilé improvisé sur la rue. Cet effet de surprise, couplé à la confiance qu’il dégage face caméra, transforme chaque vidéo en mini-événement. Une formule qui fonctionne d’autant mieux qu’elle tranche avec les codes habituels du contenu mode.
Des célébrités séduites par son travail
Le travail de Kalu Putic dépasse désormais largement le cadre de ses simples abonnés. Plusieurs célébrités, dont la chanteuse SZA, ont salué publiquement ses créations à base de tissus récupérés et de matériaux du quotidien. Des marques de mode internationales commencent également à s’intéresser à ce talent, dans un secteur de plus en plus attentif aux créateurs issus des réseaux sociaux. Une reconnaissance qui pourrait, à terme, lui ouvrir les portes d’une carrière à l’échelle internationale.
Un symbole de la créativité éthiopienne
Au-delà du phénomène individuel, l’ascension de Kalu Putic porte une dimension plus large. Pour les observateurs, son succès va bien au-delà d’une simple célébrité internet : il positionne fermement l’Éthiopie comme un foyer de talent brut, de résilience et d’innovation moderne. À l’heure où la mode mondiale cherche à se renouveler et à intégrer davantage de voix issues du Sud global, son émergence apparaît comme un signal fort. La jeunesse africaine, équipée d’un simple smartphone, prouve qu’elle peut imposer ses propres codes esthétiques sans passer par les circuits traditionnels de l’industrie.
Une démarche profondément durable
Enfin, l’œuvre de Kalu Putic résonne particulièrement avec les enjeux contemporains. Dans une industrie de la mode régulièrement pointée du doigt pour son impact environnemental, le travail de ce jeune créateur démontre qu’une autre voie est possible. En revalorisant ce qui aurait fini en décharge, il rappelle que la créativité peut s’inscrire dans une logique de sobriété et de réemploi.
Avec ses créations spectaculaires confectionnées à partir de déchets, Kalu Putic incarne ainsi une nouvelle génération de créateurs, capables de bousculer les codes établis depuis un trottoir de Mekelle. À seulement 15 ans, l’Éthiopien rappelle que la mode n’est pas toujours une affaire de moyens, mais d’imagination – et que les podiums les plus marquants ne sont parfois ni à Paris, ni à Milan, mais sur une simple planche en bois, face à un téléphone et à des millions de regards.
