Avec son style flamboyant, ses couleurs saturées et son énergie à revendre, l’auteure-compositrice-interprète américaine Chappell Roan a récemment marqué les esprits lors de sa tournée « Visions of Damsels & Other Dangerous Things Tour ». Une phrase en particulier, lâchée sur les réseaux sociaux, a capté l’imaginaire collectif.
« On dirait le dragon dans Shrek »
Loin d’être une moquerie, cette comparaison s’est vite imposée comme un hommage inattendu et profondément positif. Car dans la culture pop, le dragon du film d’animation n’est pas qu’une créature puissante : elle est aussi une figure de beauté, en rupture avec les canons classiques.
I mean this in the most complimentary way possible. she’s giving Dragon from Shrek. https://t.co/DwsgBIDfcY
— adam patla (@apat10) August 22, 2025
Un look incendiaire, une présence magnétique
Sur scène, Chappell Roan ne fait pas dans la demi-mesure. Robes moulantes aux reflets métalliques, plumes, cuissardes rouge carmin, maquillage éclatant… son esthétique frôle le baroque, assumée jusqu’au bout des ongles. À Portland, lors d’un des derniers concerts, elle est apparue dans une tenue écarlate évoquant à la fois une diva glam rock et une créature mythologique.
Ce sont ces tons rouges et violets, ces textures luisantes et cette assurance féline qui ont inspiré la référence au dragon de « Shrek » – figure féminine puissante et visuellement inoubliable. L’image a immédiatement trouvé un écho chez les fans : les commentaires en ligne se multiplient, entre admiration, humour et reconnaissance esthétique.
Le dragon de « Shrek », une icône queer avant l’heure ?
Ce rapprochement peut sembler léger, mais il témoigne d’une lecture queer et décalée des figures classiques de la pop culture. Le dragon dans « Shrek » n’est pas une simple antagoniste : elle est intelligente, sensible, amoureuse… et surtout, elle ne correspond pas aux normes de beauté habituelles des contes de fées. C’est précisément ce qui en a fait, pour de nombreuses personnes LGBTQIA+, une figure d’identification alternative.
En réactivant cette image à travers ses costumes et ses performances, Chappell Roan se positionne elle-même dans cette tradition de personnages flamboyants, à la fois hors-normes et irrésistiblement captivants. C’est aussi une manière de subvertir les archétypes genrés en jouant avec les codes du conte, du théâtre et de la musique pop.
Une artiste en pleine ascension
Chappell Roan, de son vrai nom Kayleigh Rose Amstutz, s’est imposée en quelques années comme l’une des voix montantes de la pop américaine, avec un univers esthétique très affirmé. Sa musique mêle influences électro, synth-pop des années 80, et une sensibilité queer revendiquée.
Son premier album, « The Rise and Fall of a Midwest Princess », a été salué pour sa fraîcheur, son audace et sa sincérité. Avec « Visions of Damsels & Other Dangerous Things Tour », elle franchit un cap : la scénographie est plus travaillée, les messages plus explicites, et le public de plus en plus nombreux. Chaque date est un spectacle total, où mode, musique et performance s’entrelacent.
Une réinvention de la femme dans la pop
Là où d’autres misent sur une féminité « sage » ou standardisée, Chappell Roan embrasse une esthétique délibérément théâtrale et queer. Ses inspirations vont de Lady Gaga à drag queens de RuPaul’s Drag Race, en passant par les héroïnes de dessins animés des années 2000. Elle joue avec les stéréotypes, les détourne, les embrase.
En se réclamant d’un imaginaire aussi singulier que celui du dragon de « Shrek », elle nous dit : la beauté n’a pas une seule forme. Elle peut être flamboyante, imprévisible, massive, indomptable – et profondément désirable.
Une réception enthousiaste sur les réseaux
La comparaison avec le dragon a été reprise massivement sur TikTok, X (anciennement Twitter) et Instagram. Certains internautes ont même superposé des images de Chappell Roan sur des extraits du film « Shrek », soulignant la ressemblance dans l’énergie et les couleurs.
La chanteuse, fidèle à son sens de l’autodérision et à son ouverture au fandom queer, a liké plusieurs de ces contenus et reposté quelques mèmes. Résultat : une connexion authentique avec son public, qui voit en elle bien plus qu’une étoile montante – une figure de représentation puissante.
En un seul look, Chappell Roan a ainsi déclenché un raz-de-marée culturel. Ce genre de comparaison, aussi légère soit-elle, dit beaucoup de l’impact visuel et émotionnel d’une artiste sur son époque. En convoquant l’image du dragon de « Shrek », Chappell Roan incarne une beauté flamboyante, une féminité hybride, et une audace qui n’a pas peur de brûler les codes. Et si, finalement, c’était ça la magie des contes modernes ?