Perdre du poids est presque une mode de fond. À l’heure de la minceur extrême et de l’ossature apparente, difficile de ne pas succomber aux régimes gentiment prescrits par les magazines ou aux routines sportives “brûle graisse” des coachs 2.0. Cependant, lorsque les kilos s’évaporent sur le corps et quittent la silhouette, le reflet dans le miroir ne ressemble pas toujours à cet idéal placardé derrière les hashtags ou dans les publicités. La créatrice de contenus @nayaafitt nous rappelle qu’il ne faut pas croire tout ce que l’on voit.
Perdre beaucoup de poids, des effets sous-estimés
Sous les projecteurs et entre les pixels, la tendance est au déficit calorique et au physique sec. Joues creusées, côtes qui se dessinent sous les vêtements et courbes minimalistes, qui ne prennent pas trop de place dans les tenues… C’est le nouveau modèle à suivre, le poster à garder scotché dans sa tête. Après le règne de la silhouette en sablier de Kim Kardashian et le très bref épisode “body positif” qui a donné de l’espoir à toutes les femmes sous-représentées, la maigreur revient en force et s’impose de nouveau comme un critère de beauté.
C’est un crédo esthétique intemporel, qui ne s’essouffle jamais. Chaque année, les médias et les réseaux sociaux prêchent les diètes, donnent de la résonance aux programmes de remise en forme et percent à jour les secrets des stars qui ont rétréci en un temps record. Si sur les tableaux de la Renaissance, l’embonpoint des femmes était un signe de bonne santé, aujourd’hui, sur la toile, c’est une preuve irréfutable de laisser-aller, un manque de volonté. S’affiner est presque devenu une règle universelle, un mot d’ordre. Cependant, que cette perte de poids soit choisie en pleine conscience ou subie à cause des injonctions, elle ne se conclut pas forcément par un physique svelte, tiré à quatre épingles.
Il y a une réalité que les photos “avant/après” ne montrent pas et elle est un peu moins vendeuse. La créatrice de contenus @nayaafitt, qui a divisé son poids par deux et qui flotte désormais dans ses anciens t-shirts, en donne un aperçu honnête. Elle a commencé cette transformation non pas pour incarner les diktats mais pour une raison de confort personnel et son corps en garde des stigmates visibles. La silhouette, même si elle est malléable, conserve des traces de l’ancien “moi”.
@nayaafitt Things that happened to me after losing weight #fitness #motivation #transformation #change #gym ♬ Gojo – LordMongrel
Quand un complexe en remplace un autre
Accusée d’être le simple fruit de l’IA tant sa métamorphose est spectaculaire, Naya ne partage pas uniquement les “bons côtés” de cette odyssée corporelle. Elle n’hésite pas à pointer la caméra là où les publicités et les contenus virtuels ne s’aventurent jamais. Au total, elle a dépensé 70 kilos sous la fonte et les gouttes de sueur. Elle est comme sortie d’une chrysalide faite de chair pour laisser éclore une nouvelle apparence. Ce n’est pas une version améliorée d’elle-même, simplement un autre modèle, plus mobile, plus souple, plus endurci.
Mais lorsque la sportive accomplie ne contracte pas son corps, sa peau dégouline et s’agite dans ses mouvements. La graisse qui maintenait autrefois son derme a laissé place à une texture flasque et extensible. Sa peau s’apparente à du chewing gum et arbore des zébrures blanches, plus communément appelées cellulite.
Même si elle s’acharne à la salle de sport, soulève de la fonte et transpire à grosse goutte sous les machines à forte résistance, son corps n’a pas l’allure statufiée de Barbie ou celle d’un roc. Toutes ces petites marques, qui racontent son histoire comme un livre ouvert, ne sont pas des ratures. Ce sont des écritures précieuses qui illustrent tout le chemin parcouru, de la première entrée à la salle de sport au dernier kilo perdu.
Un rappel que minceur n’égale pas forcément bonheur
La poursuite d’un idéal de beauté s’accompagne souvent de désillusions. Si les célébrités nous font croire que la confiance en soi réside dans un jean en taille 36 ou une assiette calculée au gramme près, ce n’est que la théorie. En pratique, la perte de poids est beaucoup plus ingrate. À moins d’avoir un métabolisme accéléré, une génétique de luxe ou des techniques de tricherie à la limite de la légalité, le corps ne réduit pas de volume du jour au lendemain.
Dans le miroir, les changements semblent inexistants. Et lorsque les contours de la silhouette s’amenuisent à force d’entraînement et de repas équilibrés, les yeux s’arrêtent sur d’autres détails et trouvent toujours quelque chose à corriger. Pas étonnant, les diktats nous ont habitués à être d’éternelles insatisfaites et à devenir des perfectionnistes de l’apparence. Naya, elle, a le mérite de documenter tous les aspects de la perte de poids pour prouver que ce n’est pas un parcours idyllique mais une redécouverte de soi.
Quoi qu’il en soit, la perte de poids ne devrait jamais être une déclaration de guerre envers soi-même, ni une solution pour s’aimer sans vêtement mais un acte bienveillant. Et Naya nous rappelle que le corps n’est pas une pâte que l’on façonne à notre manière mais une matière vivante.
