Le capteur de glycémie est le dénominateur commun des personnes diabétiques. Cet accessoire médical, souvent dissimulé sous une manche opaque ou laissé dans l’ombre d’un pantalon, a seulement vocation à indiquer en temps réel le niveau de glucose. Il n’a pas été conçu pour faire joli sur la peau, ni pour jouer le rôle d’un bijou. Dans une logique d’acceptation de soi, des petits fantaisies s’invitent toutefois sur ces boitiers, à la manière de tatouages interchangeables.
Des patchs décoratifs conçus pour se fondre sur les capteurs
En général, les personnes diabétiques gardent leur capteur de glycémie au chaud, à l’abri des regards. Qu’il soit encastré dans le bras, derrière le biceps, ou ancré dans la cuisse, il s’échappe rarement des étoffes. Ce capteur inscrit dans la peau, qui trahit un diagnostic et attire parfois la curiosité des moins renseignés, n’est pas forcément l’accessoire le plus flatteur à porter. Avec son design brut, sa teinte immaculée et son apparence dépouillée, il n’a pas été étudié pour enrichir les looks ou encourager l’expression de soi. Simplement pour assurer un suivi, donner des informations médicales précieuses et faire le travail d’un appareil de santé, rien de plus.
Nombreuses sont les personnes qui le voient comme un intrus dans leur silhouette, un point noir (ou plutôt blanc) dans leur tenue. Il faut dire que dans sa forme originale, le capteur de glycémie ne fait pas beaucoup d’efforts et manque de panache. Cependant, des amatrices de mode, à la créativité insatiable, s’attèlent à customiser ce boîtier sans âme, suivant les prescriptions beauté de notre Winx internationale : Zara Larsson.
Certaines d’entre elles l’enveloppent dans du fil doré pour en faire un bracelet ornemental tandis que d’autres bravent l’ennui de ce tracker de glycémie à renfort de strass pour lui donner une allure festive. La véritable prouesse artistique réside dans les patchs décoratifs, taillés à la forme de ces boîtiers. De nombreuses marques se consacrent à l’habillage de ces appareils de suivi et avec leur stickers sur-mesure, elles donnent l’illusion d’un tampon éphémère. Des impressions florales aux motifs animaliers en passant par des imprimés kawaii à l’effigie d’Hello Kitty, ce boîtier qui était source de honte se mue en terrain créatif.
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Transformer un accessoire médical en ornement iconique
Ces pochoirs sur-mesure, pensés pour upgrader ces boîtiers comme une broche sur un chemisier ou un foulard dans un ensemble monochrome, ne sont pas des « camouflages » pour effacer cette réalité physique. Ce sont des symboles d’affirmation, des exhausteurs de style. Ils donnent une personnalité à ces boîtiers impersonnels et les abordent non plus comme une fatalité, mais une fierté voire même une identité visuelle à part entière.
Parsemés de dinosaures, de fleurs, de fruits acidulés, bordés de coquillages ou encore recouverts de cœurs, ce sont de réjouissants pansements pour l’estime, fragilisée par la maladie. Ainsi, les personnes diabétiques peuvent assortir leur boîtier à leurs tenues ou s’en servir comme d’une touche de couleurs dans une allure dominées par des teintes neutres. Ces patchs, qui s’inspirent des tatouages en décalcomanie, sont d’excellents compléments de style. Et s’ils sont amovibles et temporaires, ils laissent une trace indélébile sur la confiance de celles et ceux qui les appliquent.
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Quand la confiance nous colle (enfin) à la peau
Sur les réseaux sociaux, le capteur de glycémie n’est plus un aimant à critiques ou à messe-basse, il s’impose comme une pièce maîtresse, une joaillerie médicale. Des créateurs inclusifs investissent d’ailleurs cet art « de niche » pour que les personnes diabétiques ne se sentent plus comme des OVNI venues d’une autre planète mais des figures iconiques.
Ces objets de surveillance inspirent les esprits libres de la mode et servent de base à toutes les coquetteries. Ainsi pendant que @cal.jewellery façonne des écrins organiques à l’aide d’une machine 3D, @jewellerybysense les enracine dans un bracelet à la manière d’un diamant. Entreprises confidentielles et marques d’envergure se mobilisent pour faire du capteur de glycémie un totem personnel, un porte-bonheur.
Le boîtier ne se contente ainsi plus de mesurer la glycémie. Lorsqu’il se pare de vaches, de donuts, de ballons de foot, de mandala bohème, de strass ou encore de métal doré, il s’apparente à un langage visuel fort et augmente spontanément le taux d’amour-propre.
