Elle a des cheveux immaculés, d’un blanc irradiant et pourtant elle n’en est qu’aux prémices de sa vie. Elle ne déambule pas sur une canne, mais sur des tricycles et des licornes à bascule. Sa chevelure couleur neige n’est pas le résultat des années, ni d’un stress prématuré, mais de l’albinisme, une maladie rare. Ariella est sortie du ventre de sa maman avec les cils et les cheveux dépigmentés, ce qui lui donne des airs de déesse celte ou de fée magique. Sa maman, elle, coiffe sa différence et la fait se sentir comme une princesse.
Célébrer l’albinisme à travers l’art de la coiffure
En général, les têtes blanches règnent dans les maisons de retraite et s’affichent dans les allées des marchés dominicaux ou sur les tapis des clubs de gym douce. Sa chevelure blanche à elle s’exhibe dans les descentes de toboggan ou dans l’élan d’une balançoire. Ariella a une chevelure gorgée de lumière et la pureté gravée dans les mèches.
Cette fillette de 6 ans se distingue de ses camarades par ses cheveux d’argent. Elle n’a pas le physique de cette teinte, souvent attribuée aux séniors et au troisième âge. Non, elle n’est pas née vieille comme Benjamin Button. La jeune fille, à qu’il ne manque plus que l’auréole pour donner l’illusion d’un ange, est venue au monde avec une particularité. Ariella est albinos, une maladie qui concerne une naissance sur 17 000.
Sa maman Julia San Miguel, loin de s’alarmer de cette différence visible, se sent chanceuse d’avoir accouché d’un rayon de soleil. Dans ses publications Instagram, elle le dit haut et fort « Ariela est un cadeau béni des Dieux à mes yeux ». Coiffer sa fille est son langage de l’amour à elle et elle lui dit « je t’aime » à chaque coup de peigne. Elle valorise cette chevelure nacrée si unique, à renfort de rubans, de barrettes perlées et d’élastiques colorés. Elle ne se contente pas de faire des couettes à la va-vite comme certains parents pressés, elle fait de chaque coiffure un enchantement pour que sa fille rayonne encore plus qu’à l’état brut.
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Une fillette qui nous donne une leçon de bienveillance
Alors que l’on se blâme à chaque passage devant la glace et que l’on se parle avec sévérité, Ariella nous rappelle adroitement la définition de l’amour propre et du respect de soi. Parce que les complexes ne sont pas innés, ils viennent avec le temps, les jugements et les regards méprisants. Et cette fillette, soumise aux dures lois de la cour de récréation, semble être bien immunisée contre les voleurs d’estime. L’insouciance l’emporte sur le reste.
D’ailleurs, ses cheveux manquent peut-être de couleur, mais pas sa personnalité. C’est indéniable : son âme brille autant que sa chevelure. Ariella a une apparence quasi mystique et peut inventer mille histoires autour de sa chevelure d’ivoire. Elle peut dire qu’elle est la cousine éloignée de « La Reine des Neiges », qu’elle a du sang viking ou qu’elle descend de la lune. La mère de famille, quant à elle, brandit la brosse comme d’autres lèvent le micro et s’attèle à sublimer cette esthétique divine.
Avoir un enfant différent, un enrichissement permanent
La mère de famille Julia San Miguel, le répète post après post : avoir un enfant albinos n’est pas un mauvais coup du destin, mais un message du ciel. Depuis son arrivée sur Terre, elle lui a ouvert les yeux et l’a éveillé à l’empathie, la bienveillance, la résilience, autant de compétences que même les livres de développement personnel ne peuvent cristalliser.
« Élever une fille avec l’albinisme m’a appris la force, la douceur et à quel point être différent est vraiment puissant », avance Julia San Miguel dans un éclair de poésie. Dans ses vidéos, elle ne se contente pas d’apprêter sa fille et de mettre à exécution des tutoriels capillaires croisés sur la toile. Non, elle fait une ode artistique à l’albinisme et transforme la différence en sujet d’admiration. À chaque fois qu’elle entreprend des œuvres capillaires sur les reflets opalins de sa fille, elle décoiffe les standards de beauté.
Cette chevelure blanche, qui rayonne sur les photos de classe et transperce la grisaille ambiante, n’est pas un aimant à critiques, mais un diadème à part entière.
