Comment les réseaux sociaux influencent notre perception du corps ?

À coup de filtres, de hashtags, de likes, les réseaux sociaux influencent notre perception du corps. Et si c’est parfois pour le meilleur, comme avec le mouvement body positif qui aide à s’accepter, c’est aussi encore trop souvent pour le pire. Troubles du comportement alimentaire, narcissisme… des jeunes analysent l’impact d’internet sur la construction de leur estime personnelle.

« Je voyais plein de nanas qui étaient anorexiques. Ça influence vachement »

Les réseaux sociaux sont capables du meilleur comme du pire. S’ils aident certains à s’accepter, d’autres subissent de plein fouet les innombrables photos d’influenceurs au physique de rêve et les commentaires haineux dont ils font l’objet sur leur propre profil.

Dans un reportage réalisé par Les Hauts-Parleurs, Nina, jeune photographe, raconte son expérience pas toujours heureuse des réseaux sociaux. « Je voyais plein de nanas qui étaient anorexiques. Ça influence vachement », dit-elle.

Nina
Nina se confie sur son expérience des réseaux sociaux

Même chose du côté de Camille devenue très complexée par sa poitrine généreuse. « Instagram ça m’a fait vachement complexer. Dès que je mettais une photo de moi j’avais l’impression qu’on voyait que mon décolleté, que j’étais une paire de seins quoi. Alors que toutes ces filles filiformes, elles pouvaient s’exhiber en maillot de bain sans qu’on leur dise rien du tout », témoigne-t-elle.

Et c’est bien là le problème. Si les réseaux sociaux influencent notre perception du corps, c’est qu’ils nous forcent à nous voir à travers le regard des autres, un regard pas toujours bienveillant et bien placé. En témoigne la petite anecdote d’Emma, étudiante, à ce sujet. « Une fois j’avais mis une photo sur Instagram où j’étais sur une moto. Et la seule chose qui est ressortie tout le temps c’est que j’avais mes fesses en gros plan sur le truc. C’est le seul commentaire qui est revenu à chaque fois. Je m’attendais pas trop à ça donc ça m’a fait un peu drôle ».

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Emma

Pas toujours facile donc de gérer ce regard critique et cette pression constante à un âge où l’on est encore en pleine construction. Pourtant, les réseaux sociaux peuvent aussi être un formidable outil pour aider à s’assumer.

Les réseaux sociaux influencent aussi positivement notre perception du corps

Un exutoire, un lieu d’échange et d’expérimentation, un endroit où l’on peut trouver des réponses à ses questions, c’est aussi ça, internet. Car petit à petit, les jeunes interrogés ont su inverser la tendance. Ils ont ainsi réussi à faire des réseaux sociaux leur meilleur allié pour prendre confiance en eux.

Nina raconte notamment comment elle a décidé de se servir du web pour aider les autres à s’accepter. « Internet a vraiment permis d’aborder des trucs que j’aborderais jamais. Par exemple, j’ai pris 15 kilos et j’en ai beaucoup parlé sur Twitter pour essayer de décomplexer tout le monde. »

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Max-Ange coach sportif bien dans sa peau

Les internautes semblent également plus enclins à se détacher de la course aux likes. Ils ne sont plus des victimes mais des utilisateurs avertis et conscients des pièges que leur tend le web. « Il y a quelques années c’était plus pour avoir tant de likes, tant de machins, tant de ceci… Alors que maintenant je m’en fiche complètement », assure Nina.

Même chose pour Max-Ange, coach sportif très serein vis-à-vis de son travail sur les réseaux sociaux. « Ça peut être frustrant de pas avoir autant de likes qu’escomptés. De pas avoir eu autant de retours. Même pour une vidéo de pas avoir eu suffisamment de vues par rapport au travail. Quand je mets quelque chose j’attends rien en retour en fait. Je fais quelque chose parce que ça me plaît, parce que c’est ma passion ».

Un état d’esprit sain et positif pas toujours facile à adopter pourtant, notamment pour les plus jeunes et les plus fragiles. Et vous, pensez-vous que les réseaux sociaux influencent notre perception du corps en bien, ou en mal ? Témoignez sur notre forum.

Carole Guidon
Carole Guidon
Les rondeurs ne sont pas synonymes de laideur. Le corps gros n'est pas forcément un fardeau. Moi-même, je suis une jeune fille ronde et épanouie qui s'assume. J'aime la vie et les plaisirs simples. Et j'ai à cœur de militer au quotidien contre la grossophobie qui gangrène notre société. Derrière chaque corps se cache une histoire, heureuse ou douloureuse, mais toujours unique, qu'on gagnerait à accueillir avec respect et humilité.

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