Cet effet secondaire de la pilule que personne n’avait soupçonné

La pilule est une bombe chimique qui retentit fort sur le corps. La notice qui l’accompagne s’apparente d’ailleurs à un parchemin et tient difficilement entre deux mains. Il faut au moins une journée (si ce n’est plus) pour prendre connaissance de tous les effets secondaires de ce contraceptif. Sa taille est microscopique, mais ses retombées en interne sont grandes et vous n’êtes pas au bout de vos peines.

La pilule à l’origine de carences

Lorsque l’alarme de votre téléphone retentit, vous la portez immédiatement à votre bouche. C’est presque devenu un mécanisme à la longue. La pilule vous met à l’abri des grossesses et adoucit parfois les symptômes qui vont de pair avec le cycle, mais de l’autre côté, elle détraque tout votre organisme. Il suffit d’ailleurs de déplier le bout de papier démesuré dans lequel elle trône pour en prendre conscience. La notice elle-même est indigeste et donne tout de suite le tournis. Beaucoup préfèrent rester dans le déni plutôt que de la parcourir.

Il faut dire que la liste est longue, voire vertigineuse. Au total, vingt effets secondaires fréquents sont mentionnés en petits caractères dont la variation d’humeur, les poussées d’acné, les nausées, la baisse de libido, la rétention d’eau… Et une nouvelle étude vient rallonger un peu plus ce préambule déjà bien chargé. Menée par le Health & Her Centre for Research, elle a passé plus de 100 études étalées sur 50 ans à la loupe. Et les résultats sont édifiants : la contraception hormonale pourrait entraîner des carences nutritionnelles. Pour faire simple, la pilule épuiserait vos ressources, l’air de rien.

Sur quels nutriments la pilule agit-elle ?

Magnésium, zinc, vitamines B2, B6, B12, C, E, acide folique, la contraception hormonale agirait par ricochet sur ces nutriments, qui régissent le corps et lui assurent une certaine stabilité. La réponse à vos carences ne se trouve peut-être pas dans votre assiette, mais dans votre plaquette.

Selon la Dre Shirin Lakhani, experte en santé féminine, le métabolisme des contraceptifs hormonaux par le foie pourrait altérer l’absorption de certains nutriments. En clair : le corps se retrouve occupé à gérer un surplus d’hormones, au détriment de l’assimilation de vitamines et minéraux essentiels.

« Nous ne comprenons pas encore totalement le mécanisme », explique-t-elle, « mais les conséquences sur la santé peuvent être sérieuses à long terme : troubles immunitaires, fatigue chronique, troubles de l’humeur, voire anxiété ou dépression ».

Quels signes doivent vous alerter ?

Aussi révoltant que cela puisse paraître, cette information mise en lumière par l’étude est loin d’être inédite. La classe médicale est avertie, pourtant elle reste mutique et fait rarement le rapprochement. Les femmes, elles, sont comme toujours, livrées à l’inconnu, faute d’études sur leur cas et leur corps.

Si vous prenez la pilule et que vous vous sentez constamment fatiguée, que vous avez un brouillard mental, des troubles de l’humeur, ou même une immunité affaiblie, il est peut-être temps de remettre en cause votre moyen de contraception.

Une simple prise de sang peut pointer d’éventuelles carences. Demandez à votre médecin de vérifier notamment vos taux de vitamine B12, magnésium, fer, zinc et acide folique. Ce sont les plus fréquemment touchés.

Comment rattraper la mise ?

Pas besoin d’abandonner totalement la pilule si elle vous convient. En revanche, vous pouvez envisager un complément alimentaire adapté, voire optimiser votre alimentation pour combler les manques. Certaines marques proposent désormais des gélules performantes et naturelles pensées pour les utilisatrices de contraception hormonale.

Autre piste : la micronutrition personnalisée, en plein essor, qui permet d’ajuster son régime selon ses besoins spécifiques. Le tout, bien sûr, sous supervision médicale. Sinon, vous pouvez faire comme 38 % des femmes : boycotter la contraception et vous réconcilier avec vos cycles. Parce qu’après tout, ce n’est pas à vous de sacrifier votre santé juste pour quelques rapports de temps en temps.

Alors non, ce n’est pas « juste dans votre tête » si vous vous sentez différente depuis que vous prenez la pilule. Il est temps de repenser la contraception hormonale non plus seulement comme une affaire d’hormones… mais aussi comme une question de nutrition.

Émilie Laurent
Émilie Laurent
Dompteuse de mots, je jongle avec les figures de style et j’apprivoise l’art des punchlines féministes au quotidien. Au détour de mes articles, ma plume un brin romanesque vous réserve des surprises de haut vol. Je me complais à démêler des sujets de fond, à la manière d’une Sherlock des temps modernes. Minorité de genre, égalité, diversité corporelle… Journaliste funambule, je saute la tête la première vers des thèmes qui enflamment les débats. Boulimique du travail, mon clavier est souvent mis à rude épreuve.

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