Votre partenaire fait le pitre dans les situations les plus délicates et prend tout à la rigolade. C’est un homme “à farces”. Même dans les moments sérieux, il trouve le moyen de glisser une blague ou de faire des jeux de mots douteux. Il pourrait totalement envisager une reconversion dans le cirque mais pour l’heure c’est vous qui subissez ce one man show permanent et cet excès d’humour. Contrairement à ce que vous croyez, ce n’est pas un manque de maturité, ni l’expression d’un profond désintérêt.
Une difficulté à communiquer
L’humour. C’est cette compétence presque innée qui vous a spontanément attiré chez votre partenaire, qui est un vrai gag ambulant. Il ne vous a pas fait de grandes déclarations romantiques mais il a fait frétiller vos zygomatiques. Sauf que voilà, même si vous êtes bon public et que vous avez le rire facile, cette qualité qui faisait battre votre cœur hier, s’est transformée en fâcheux défaut. Loin d’être rabat-joie, vous appréciez les blagues, seulement quand elles sont bien placées et n’interfèrent pas aux conversations d’adulte.
Vous n’êtes pas en couple avec un Roméo poétique mais avec un comique de première. Vous avez préféré le bouffon du roi au prince charmant des contes de fée. Et si votre partenaire est un excellent anti-blues, il ne sait pas s’arrêter. C’est plus fort que lui. Vous pouvez froncer les sourcils et adopter un ton sec, il riposte toujours par la plaisanterie, comme si c’était son seul langage. Il y a des hommes qui s’enferment dans le silence et il y en a d’autres qui ouvrent leur bouche uniquement pour amuser la galerie.
Vous avez l’impression qu’il cherche à détourner l’attention ou à changer rapidement de sujet. Cependant, lorsque votre partenaire vous singe gentiment ou rebondit sur vos paroles par une phrase censée “détendre l’atmosphère”, il ne le fait pas pour dénigrer vos propos ou minimiser votre ressenti. L’humour est une “issue”, un dérivatif mais surtout un “bug de communication”.
“Selon les couples, certains préfèreront le silence, ne répondront pas ou hocheront de la tête. Et puis fuiront la conversation. Là, il y a une sorte de légèreté avec le rire. Et du coup, on met de la légèreté là où il n’y en a pas, et là où en face il y a de l’inquiétude” avance la sexologue et psychanalyste Catherine Blanc au micro de Europe 1, en rappelant que ça peut être mal interprété.
L’expression d’un malaise
Votre moitié vous taquine là où vous attendez un compliment sincère. Il répond à vos déclarations à cœur ouvert par de la malice et de l’espièglerie alors que vous espérez un juste retour d’amour. Si votre partenaire abuse du rire et utilise l’humour sans modération, y compris dans les conflits et l’intimité, c’est avant tout une façade. C’est une “couverture” pour masquer une gêne. Certains emploient le rire comme d’autres boudent et se retirent sans un mot. L’humour est une stratégie pour faire diversion et opérer un retournement de situation.
“On va parfois fuir parce que l’on n’est pas capable de se confronter, on n’est pas capable de se remettre en question ou même d’être remis en question. Donc on se sert de l’humour parce qu’on sait que ça fonctionne, et ça permet de reprendre le pouvoir puisque l’on fait rire l’autre” développe la spécialiste.
Sauf que voilà, tout aborder sous le prisme de l’humour, c’est se fermer aux émotions brutes des autres et créer un décalage, voire passer pour un égoïste plus qu’un “pourvoyeur de bonne humeur”.
L’humour comme bouclier
« La plus haute réalisation de défense de l’homme ». Voilà comment Sigmund Freud définissait l’humour. Et pour cause : derrière un trait d’esprit bien placé se cache parfois un véritable mécanisme de protection émotionnelle.
Votre partenaire ne plaisante pas uniquement pour vous faire rire ou détendre l’atmosphère. Il plaisante pour se protéger. De vous, de lui-même, mais surtout de ce que certaines conversations pourraient faire remonter. Parler de ses émotions, reconnaître une erreur, exprimer une peur ou une vulnérabilité… autant de terrains glissants qu’il préfère contourner avec une blague bien sentie.
L’humour devient alors une armure invisible. Là où certains se murent dans le silence ou prennent la fuite, lui choisit la pirouette. Une vanne, un jeu de mots, une imitation… et hop, le sujet sérieux disparaît comme par magie. Ce n’est pas qu’il n’a rien à dire, c’est qu’il ne sait pas comment le dire autrement. “Alors les blagues sont bonnes, mais à condition que ça ne fasse pas taire” prévient l’experte.
