Cette artiste transforme la mousse de son bain en œuvres aussi surprenantes que poétiques

Pendant le tendre âge, le bain devient le théâtre de l’imagination, le point de départ de nombreuses histoires improbables. L’artiste connue sous le pseudo @sugiura.yuri.art a conservé ce rituel créatif. Et elle ne se contente pas d’imiter la barbe du père Noël avec la mousse odorante de sa baignoire. Elle improvise des sculptures réalistes et des trompes-l’oeil qui provoquent de nombreux rires sur leur passage.

Quand le bain devient un terrain de jeu

L’automne se profile doucement à l’horizon et avec lui l’envie de se prélasser dans un bon bain chaud, sous une vaste couverture savonneuse. À l’âge adulte, la baignoire est un havre de paix, un lieu de repos où il fait bon se prélasser et se détendre. Cependant, malgré les années, la mousse qui se forme autour de la silhouette fait toujours son petit effet et ravive des souvenirs lointains et de joyeux flashbacks.

Cette matière, qui s’évapore sous le poids d’un geste brusque ou d’un remou un peu trop brutal, était au cœur de nos aventures aquatiques les plus folles. Ce banal rituel d’hygiène devenait alors une véritable épopée, une distraction à part entière. Avec nos yeux d’enfant, on ne voyait pas de la mousse au grand potentiel ASMR mais un champ infini de récits. Cette mousse était la tanière des pieuvres menaçantes, l’obstacle infranchissable des bâteaux en plastique, voire même un déguisement sur-mesure. On l’étalait sur notre visage pour imiter un terrifiant grizzli, se sculpter un bouc comme papa ou un bikini.

De simples bulles à des oeuvres iconiques

L’artiste @sugiura.yuri.art s’inspire de cette vieille habitude candide pour exprimer ses fantaisies d’esprit. Elle travaille la mousse comme d’autres le font avec l’argile ou le bois. C’est sa texture de prédilection. Munie de cette mousse compacte, qui rappelle la potion de rasage, elle réalise des œuvres plus vraies que nature. À travers cette discipline atypique, qu’elle accomplit les pieds dans l’eau, elle façonne des pulls romantiques, des perroquets, des gants de boxe… Le tout avec une précision chirurgicale et un sens du détail palpable.

Cet amas de bulles, métamorphosé en objets du quotidien, en plats japonais ou en animaux mignons, donne presque l’illusion d’être incassable entre les mains de cette sculptrice innée. Pourtant, ces statues de mousse se dissolvent en un plongeon et n’ont pas vocation à perdurer dans le temps. Cette artiste, qui soigne notre enfant intérieur à travers ses créations à la fois talentueuses et comiques, prouve que l’imagination peut naître n’importe où. À condition de lui laisser une place pour exister dans cette vie d’adulte ultra contrôlée.

L’humour comme ingrédient principal

Ce qui est honorable dans l’approche de @sugiura.yuri.art, c’est qu’elle ne se prend pas toujours au sérieux. Elle apprivoise la mousse comme elle le faisait à cet âge où les jouets rendaient presque l’eau imperceptible : sans but précis, ni modèle de base. Elle peut très bien édifier des masques à l’effigie de personnages de fiction iconiques et le post suivant réaliser un sushi, une montagne recouverte de neige ou un alpaga qu’elle porte comme une marionnette.

Et c’est peut-être là que réside tout le charme de son travail : dans cette capacité à transformer une activité aussi banale qu’un bain en terrain d’expérimentation. Pas besoin d’un atelier sophistiqué, de matériaux coûteux ou d’un matériel démesuré. Quelques litres d’eau chaude, une bonne dose de mousse et une imagination débordante suffisent à faire apparaître un bestiaire tout droit sorti de son esprit.

Car derrière l’aspect spectaculaire de ses créations se cache surtout une invitation à regarder autrement ce qui nous entoure. La mousse n’est plus seulement cette couche de bulles qui finit inévitablement par disparaître dans la bonde. Elle devient une matière malléable, presque magique, capable de se transformer au gré des envies. Et si certaines sculptures semblent particulièrement travaillées, elles conservent toujours cette fragilité qui fait partie intégrante de leur beauté.

À travers ses sculptures, @sugiura.yuri.art semble finalement nous rappeler une vérité toute simple : l’imagination n’a pas besoin de grand-chose pour s’exprimer. Parfois, il suffit simplement de se glisser dans un bain, de regarder les bulles autrement… et de laisser parler son enfant intérieur.

Émilie Laurent
Émilie Laurent
Dompteuse de mots, je jongle avec les figures de style et j’apprivoise l’art des punchlines féministes au quotidien. Au détour de mes articles, ma plume un brin romanesque vous réserve des surprises de haut vol. Je me complais à démêler des sujets de fond, à la manière d’une Sherlock des temps modernes. Minorité de genre, égalité, diversité corporelle… Journaliste funambule, je saute la tête la première vers des thèmes qui enflamment les débats. Boulimique du travail, mon clavier est souvent mis à rude épreuve.

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