Les sirènes, créatures aquatiques qui peuplent les contes et les légendes, n’existent pas seulement dans les récits de fiction. Elles émergent à la surface de la terre et écument les bassins des centres commerciaux. C’est en tout cas le quotidien de la créatrice de contenu @xforidax, qui semble appartenir à la famille d’Ariel. De quoi donner des idées de vocation aux plus petits et ensorceler les plus grands.
Être sirène, un métier comme un autre
Pour aller au travail, certains enfilent des uniformes estampillés d’un logo, des chaussures de chantier ou des gilets fluorescents. Forida Suksawang, elle, déroge au dress code formel. Elle arbore un ensemble qui s’apparente plus à un déguisement d’anniversaire qu’à une tenue professionnelle. Chaque jour, elle se mue en sirène. Elle troque ses deux jambes contre une queue écaillée, enfile son maillot de bain en forme de coquillage et accroche des fleurs de part et d’autre de ses cheveux noirs. En quelques secondes, elle passe de madame tout le monde à la naïade qui fait chavirer les cœurs.
Elle occupe un poste qui fait rêver les fillettes et qui rafraîchit notre enfant intérieur. Forida est tellement à l’aise en apnée qu’elle semble être née pour ce quotidien amphibie. Contrairement au dessin animé “La petite Sirène”, elle ne fouette pas les vagues d’un océan qui s’étale à perte de vue. Elle tutoie l’eau artificiel d’un bocal grandeur nature posé au milieu des cellules marchandes d’un centre commercial.
Elle exerce cette activité féérique en Thaïlande et ajoute un peu de magie dans un monde désenchanté, numérisé à outrance. Dans une société qui nous pousse à choisir des métiers stables et sérieux, elle a décidé d’aller à contre-courant de ces injonctions de carrière. Tandis que d’autres restent scotchés à leur chaise de bureau, cette muse hybride, elle, mène une vie de Disney.
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Un travail qui cache de vraies exigences
Elle déambule dans l’eau comme d’autres le font sur la terre ferme : avec une facilité déconcertante. En la voyant à l’œuvre, on regrette presque de ne pas avoir envisagé cette option dans nos vœux de fin de lycée. Pourtant, être sirène professionnelle est loin d’être un “amusement” permanent ou une “planque” tranquille pour se la couler douce. Cette femme-poisson, qui ensorcèle quiconque croise son chemin, a un talent inné pour la discipline. C’est une évidence. Or, sa mission ne se résume pas à barboter.
Derrière ce job en apparence idyllique se cache des heures d’entraînement sportif, de renforcement musculaire à foison, un travail sur le cardio et des exercices de respiration à répétition. Pour beaucoup, être “sirène” est une activité de “goûter d’anniversaire”, un jeu de rôle du bas âge, un “délire” de carnaval, pas une activité rentable. Pourtant, cette femme à la croisée de la Winx, de la princesse Disney et de la top modèle tout terrain, prouve le contraire en honorant des prestations “en immersion” qui attirent foule.
Cette sorcière des mers dans l’âme est plus qu’une simple intermittente du spectacle qui souhaite arrondir ses fins de mois. C’est une sportive accomplie à l’endurance remarquable, au souffle surhumain et au corps gainé. Elle reste gracieuse et solaire dans un milieu où le commun des mortels ressemble à un petit chien en détresse ou à une algue défraîchie. Et c’est déjà un exploit.
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Une façon de célébrer l’imaginaire de l’enfance
Les vidéos de cette sirène professionnelle sont d’une grande poésie. Elles se confondent avec les scènes d’une réalisation d’envergure ou d’un film à la Avatar. À travers ses contenus, Forida réveille cette étincelle du tendre âge, celle qui s’allumait devant les histoires entamées par le fameux : “il était une fois”. Celle que l’on a perdu depuis notre entrée dans l’impitoyable monde des adultes.
Quelques ondulations suffisent à transformer un bassin de centre commercial en royaume sous-marin et les spectateurs en enfants ébahis. Le temps d’une représentation, les murs disparaissent, le chlore s’efface et la magie reprend ses droits.
Car si l’on grandit, on ne cesse jamais complètement de croire aux créatures fantastiques. Elles sommeillent quelque part entre deux souvenirs d’enfance, dans les livres cornés que l’on conserve malgré les déménagements, dans les films que l’on prétend regarder « pour les enfants » ou dans ces histoires qui nous faisaient frissonner avant de nous endormir. Forida vient simplement les réveiller avec une queue scintillante, quelques apnées et une bonne dose de talent.
Elle rappelle qu’il existe encore des métiers qui ne rentrent dans aucune case. Des vocations que l’on n’apprend pas forcément à l’école et des carrières qui commencent parfois par un rêve que l’on aurait jugé enfantin.
