Aux États-Unis, le Super Bowl est plus qu’un événement sportif, c’est une institution. Ça fait presque partie du patrimoine culturel américain. Cette année encore, les cheerleaders viendront divertir le public entre deux matchs et encourager leurs équipes respectives à revers de pompons scintillants. Loin d’être de simples figurantes, ces show-girls en petite tenue sont parfois plus connues que les sportifs dépêchés sur le terrain.
Ces cheerleaders qui monopolisent toute l’attention
Les cheerleaders ne se contentent pas de meubler le décor et de secouer les bras de haut en bas. Elles participent à la réussite de l’événement sportif. Elles livrent une performance artistique et athlétique sur fond de slogan encourageant. Ce sport, à la croisée de la gymnastique, du cirque et de la danse, est incroyablement physique. Ce ne sont pas juste des filles qui agitent des pompons en portant les couleurs de leur équipe de prédilection. Au contraire, elles ont un rôle important et Outre-Atlantique elles sont unanimement respectées. Contrairement à ce que certains peuvent penser, ce n’est pas un truc de “potiche”.
Alors que le maître incontesté du reggeaton Bad Bunny donnera le coup d’envoi du Superbowl ce dimanche 8 février 2026, les cheerleaders animeront l’entracte et mettront encore le feu au stade. Dans cette discipline qui mêle acrobatie périlleuse, chorégraphie visuelle et jeux de jambes synchronisés, certaines cheerleaders sont de véritables vedettes. Elles sont parfois plus attendues que les sportifs de renom, pourtant supposés être les protagonistes de cet ultime match. Elles ont carrément leur propre fan club et leurs routines passionnent les foules.
Kylie Dickson
Elle prouve qu’il faut plus qu’un joli minois pour avoir sa place dans ces troupes très sellettes. Avant de faire des démonstrations de souplesse sur la pelouse, elle a participé aux championnats nationaux juniors olympiques. Cheerleader des Dallas Cowboys Cheerleaders (DCC), Kylie est l’une des plus suivies de l’équipe sur Instagram. Elle est appréciée pour son style élégant, sa technique impeccable et sa personnalité chaleureuse. Elle incarne parfaitement l’image « glamour et discipline » que cultive la DCC.
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Madeline Salter
Elle a commencé à danser très jeune (dès 6 ans) et a suivi une longue formation en danse compétitive et universitaire avant de rejoindre la prestigieuse équipe des Dallas Cowboys Cheerleaders, aussi appelés America’s Sweethearts. Ce don pour le cheerleading semble être inscrit dans ses gènes. Sa mère était dans l’équipe dans les années 1980. Femme engagée, elle a tenu à clarifier son métier sur la toile. “Être une femme dans le sport, c’est porter bien plus qu’un uniforme : nous portons des attentes, de la pression et un objectif” a-t-elle dit.
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Reece Weaver
Également membre des Dallas Cowboys Cheerleaders, Reece est très active sur les réseaux sociaux. Avec une approche plus décontractée et proche de ses abonnés, elle est populaire auprès d’un public jeune. Son sourire constant et son énergie la rendent très visible lors des matchs.
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Chloe Holladay
Première majorette à rejoindre une équipe NFL (Tennessee Titans) depuis des décennies, Chloe a explosé sur TikTok avec plus d’un million d’abonnés. Elle se distingue par son style unique (inspiré des HBCU majorettes) et sa grâce athlétique. Elle représente une évolution de la diversité dans la cheer NFL.
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Ava Lahey
Révélée en 2024 dans la série America’s Sweethearts sur Netflix, Ava est rapidement devenue l’une des stars du public. Membre récente des Dallas Cowboys Cheerleaders, le public la voit comme authentique, volontaire et très expressive sur scène comme à l’écran.
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Faith Ward
Première Néo-Zélandaise à intégrer les Dallas Cowboys Cheerleaders, Faith a attiré l’attention internationale dès son arrivée. Elle a porté les accessoires à plumes des cabarets avant d’enfiler les pompons. Ancienne danseuse professionnelle à Auckland, elle apporte un regard nouveau et une touche multiculturelle à l’équipe.
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Des évolutions à venir dans les critères de sélection ?
Le cheerleading est une pratique plus exigeante qu’elle n’y paraît. Mais c’est aussi et surtout un sport d’apparence. Lors des démonstrations du Super Bowl, tous les corps sont homogènes, à quelques nuances de chair près. Il ne suffit pas d’avoir le sens du rythme et les membres du corps élastique pour entrer dans les rangs du cheerleading et arborer les pom-pons. Il faut aussi coller à un idéal de beauté archaïque : celui de la femme mince et tonique.
Les cheerleaders semblent soumises à un poids “limite” et à des mensurations précises. Et ces règles assez stéréotypées mais soigneusement dissimulées planent sur les CV des candidates. D’ailleurs, en 2013, une cheerleader des Ravens nommée Courtney Lenz a été mise de côté suite à une légère prise de poids. « Nous sommes pesées toutes les semaines pendant la saison et vous ne pouvez pas bouger. Je crois que j’ai gagné 800 grammes” disait-elle dans les colonnes de Access Hollywood. Selon elle, ça n’a pas été dit mais ça lui a valu une éviction temporaire. Ce qui explique pourquoi les profils sont si “lisses”.
Si désormais, les hommes ont le droit de performer avec des pompons aux mains et de prétendre à d’autres rôles que celui de “porteur”, la diversité reste encore assez abstraite. Où sont les cheerleaders aux coupes afro ? Où sont celles qui ont des poignées d’amour sous les ensembles pailletés ? Pour l’heure c’est comme si on assistait à la résurrection des Anges de Victoria Secret.
