La rentrée est enfin concrète et votre entreprise n’a pas perdu ses mauvaises habitudes. Vous êtes l’élément fort de votre équipe, mais malgré vos brillantes idées, votre talent indéniable et votre acharnement professionnel, vous n’avez jamais la reconnaissance espérée. À contrario, votre collègue, qui campe devant la machine à café et qui fait le strict minimum, obtient toutes les louanges sans raison. C’est un cas flagrant de favoritisme. Voici quelques pistes pour riposter face à un traitement de faveur.
Avant de parler de favoritisme, vérifiez les faits
Au travail, il y a des comportements qui ne trompent pas. De votre côté, vous faites tout ce qui est en votre possible pour rester irréprochable, mais vous avez l’impression que ce n’est jamais assez. Vous avez beau enchaîner les heures supplémentaires, user votre cerveau jusqu’à sa dernière limite et lâcher votre matière grise dans de nombreux projets, votre supérieur est radin sur les félicitations. En revanche, il se montre particulièrement conciliant avec votre collègue.
De votre point de vue, c’est évident : il y a une connivence en interne et ce lien dépasse l’entente de bureau. Votre collègue, considéré comme le petit protégé de la boîte, a réussi à se mettre le manager dans la poche. Ce collègue en question, hissé sur un piédestal et épinglé en “employé de l’année” alors qu’il est l’ambassadeur même de la procrastination, semble toujours avoir gain de cause.
Cependant, pas question de vous faire des films ou de penser tout de suite à du favoritisme. Peut-être que votre tendance à la jalousie fausse votre interprétation ou que avez tout simplement votre collègue dans le collimateur. Melissa Pennington, responsable des ressources humaines consacre même un post LinkedIn à ce sujet et liste les attitudes suspectes :
- Certains employés bénéficient de plus d’indulgence ou d’avantages.
- Les mêmes individus sont systématiquement promus ou se voient confier des missions de choix sans justification objective.
- Des employés exclus des réunions importantes ou des processus décisionnels.
- Une direction qui fait preuve de préjugés personnels manifestes envers certains employés.
Ne laissez pas la frustration vous faire perdre vos moyens
Lorsque le favoritisme est avéré, difficile de jouer la carte de l’ignorance et de montrer votre indifférence. Certaines situations ont le don de vous mettre dans une rage noire. Quand votre collègue arrive avec une heure de retard et que votre manager redouble de tolérance ou lorsque ses erreurs monumentales sont passées sous silence, vous bouillonnez de l’intérieur.
La colère monte d’un cran si vous avez le malheur de voir votre collègue partir en pause déjeuner avec votre manager comme de bons vieux amis d’enfance. À ce moment-là, vous avez des envies de démission. Le plus terrible, c’est que ce favoritisme saute aux yeux. Votre collègue et votre manager ne prennent plus la peine de masquer leurs affinités ou de feindre l’échange corporate.
Or, évitez les remarques acerbes, les règlements de comptes ou les confidences à la machine à café pour ne pas que la situation ne se retourne contre vous. Veillez à ne pas finir sur un siège éjectable. Contentez-vous de tenir un carnet de bord en notant tous les privilèges de ce collègue “chouchou” et en inscrivant les scènes noir sur blanc. L’idée n’est pas non plus de prendre cette affaire personnellement ou d’y voir là une remise en cause de vos compétences. Trouvez-vous des alliés en interne au lieu de pester contre ce collègue injustement avantagé.
Apprenez à faire reconnaître votre travail
La logique humaine voudrait que chaque travail soit récompensé à sa juste valeur. Cependant, en entreprise, la reconnaissance est parfois une vague illusion, un concept abstrait. Vous pouvez passer des heures sur un projet, vous donner corps et âme dans une tâche comme si c’était votre propre boîte, sacrifier votre sommeil pour perfectionner un dossier… Sauf que voilà, votre manager n’a pas le compliment facile. Il est plus habile dans la critique que dans l’aveu de force.
Pour qu’il ouvre enfin les yeux et ne soit plus aveuglé par son amitié avec votre collègue, par ailleurs devenu le pestiféré de la boîte, quantifiez vos résultats, exposez vos réussites. Ne tombez pas dans le piège de la performance ou de la rivalité toxique. Prenez conscience que votre présence est indispensable et montrez les preuves de votre assiduité, sans chercher à vous vanter ou à faire “mieux”. La visibilité compte et peut-être que votre manager ne se rend pas compte du climat concurrentiel qu’il impose en complotant avec votre collègue. Parfois une bonne discussion honnête permet d’obtenir cette équité exigée en “off”.
Demandez des explications à votre manager
Au lieu de fulminer dans votre coin et de subir la situation, demandez un entretien personnel, de préférence avec les RH pour arbitrer. Parlez d’exemples concrets plutôt que d’accuser de favoritisme ou de jeter la pierre à vos pairs. La salle de réunion ne doit en aucun cas prendre des airs de tribunal ou de ring. D’ailleurs, cet échange autour de l’impartialité en entreprise se prépare.
Vous pouvez demander les critères qui sont pris en compte pour les promotions, éclairer pourquoi vous êtes “exclu” de certains projets, réclamer des explications sur les conditions de télétravail. La France prévoit d’ailleurs de donner un droit d’accès à la fiche de paie des salariés pour prouver cette équité et lutter contre les inégalités.
Ne tombez pas dans le piège de la guerre des collègues
Attention à ne pas transformer votre collègue en ennemi public numéro un. Le surveiller, relever chacune de ses erreurs ou chercher à le discréditer ne fera que vous desservir. Même si ses privilèges vous agacent, restez professionnel et concentrez-vous sur les décisions qui ont un impact sur votre travail.
Évitez également les ragots et les règlements de comptes entre collègues. Votre combat n’est pas de faire tomber le « chouchou », mais de faire reconnaître votre propre valeur. Et gardez en tête que ce collègue, qui est le poulain de votre manager, vit peut-être un cauchemar et qu’il déteste secrètement cette posture de “premier de la classe”.
Quand il faut envisager de tourner la page
Vous avez tenté le dialogue, demandé des explications et fait vos preuves, mais rien ne change ? Il est peut-être temps de vous demander si cette entreprise mérite encore votre énergie. Un favoritisme ponctuel ne justifie pas forcément de claquer la porte. En revanche, si les passe-droits sont devenus une règle et qu’ils freinent votre évolution, regarder ailleurs peut être la meilleure façon de reprendre le contrôle de votre carrière.
Votre utilité ne se mesure ni aux compliments de votre manager, ni à votre proximité avec lui, mais à ce que vous apportez réellement à l’entreprise. La meilleure reconnaissance reste celle que l’on n’a pas besoin de quémander.
