Il suffisait d’une annonce immobilière et d’un coup de cœur pour que tout commence. Trois cents femmes venues du monde entier ont uni leurs économies pour s’offrir un château vieux de 800 ans dans le sud-ouest de la France – et le transformer en colonie de vacances réservée aux femmes adultes.
Tout commence par un coup de cœur en ligne
L’histoire de « Camp Château » démarre comme un scénario improbable. Philippa Girling, ancienne cadre dans la finance, et sa fille Leah Lykins tombent par hasard sur une annonce en ligne : le Château de Béduer, dans le Lot, est à vendre. Une forteresse médiévale du XIIIe siècle, perchée au-dessus de la vallée du Célé, à quelques kilomètres de Figeac. « Nous étions envoûtées par ce bâtiment. On cherchait n’importe quelle excuse pour pouvoir l’acheter », confie Leah Lykins au magazine People.
Un modèle de copropriété inédit
Problème : à elles seules, les deux femmes ne peuvent pas financer un tel achat. L’idée germe alors d’un modèle inédit : une copropriété collective, ouverte à d’autres femmes partageant le même rêve. Plus de 300 répondent à l’appel, rejointes par la troisième cofondatrice, Lynda Coleman. « On a réuni toutes ces femmes, certaines qu’on connaissait, d’autres pas du tout », raconte Coleman. Au total, le collectif rassemble environ 2,3 millions de dollars pour racheter le château, auxquels s’ajoutent 325 000 dollars supplémentaires pour sa rénovation et sa mise aux normes.
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Six jours, cinq nuits, sans pression
Le concept de « Camp Château » est simple et précis : six jours, cinq nuits, tout compris – hébergement, repas, vin, activités, excursions. Plus de huit ateliers quotidiens à la carte : yoga, équitation, kayak, jardinage, cours de cuisine, peinture, méditation, visites de marchés locaux ou sieste au bord de la piscine. Les chambres prennent la forme de dortoirs partagés de cinq à huit personnes, ou de tentes de glamping installées dans le parc de huit hectares. « On essaie de faire en sorte que rien ne soit stressant à aucun moment », explique Philippa Girling. Les participantes ont entre 19 ans et plus de 70 ans, et viennent de tous les horizons.
Un succès qui dépasse toutes les attentes
Les chiffres parlent d’eux-mêmes. En 2023, première année d’exploitation, le château accueillait 240 campeuses. Pour 2026, ce sont déjà 1 850 places prévues – et plus de 2 100 attendues en 2027. Les vidéos publiées sur TikTok ont propulsé la demande à un niveau inattendu : la liste d’attente compte désormais plus de 11 000 femmes. Un engouement qui traduit quelque chose de profond – le besoin d’un espace à soi, entre femmes, sans agenda caché.
@camp.chateau😱2025 is sold out, but you can sign up for 2026 sessions very soon! 👀 Newsletter subscribers find out the release date in advance! Link in bio to sign up 🔗♬ 2:23 AM – しゃろう
Une deuxième adresse, une communauté en ligne
Face à cet afflux, les fondatrices ont déjà acquis une deuxième propriété : l’Abbaye-Château de Camon, dans l’Ariège, qui accueille elle aussi des sessions estivales. Pour celles qui ne peuvent pas faire le déplacement, l’équipe a créé « Pocket Château », une communauté en ligne que ses membres appellent « le slow internet » : sans publicité, sans spam, sans pression. Plus de 500 femmes issues d’une vingtaine de pays s’y retrouvent déjà pour participer à des ateliers et des événements virtuels.
Un château du XIIIe siècle, 300 femmes et un rêve collectif : « Camp Château » prouve finalement qu’il existe une troisième voie entre le tourisme de masse et les retraites « hors de prix ». Ni roi, ni milliardaire : juste de la solidarité, un peu d’audace et 11 000 femmes en liste d’attente pour en faire partie.
