Pendant l’enfance ou à l’âge adulte, les doudous se la jouent passager clandestin dans les valises et effectuent le trajet dans l’obscurité des soutes. Ils voyagent incognito à nos côtés et font partie de chacune de nos aventures, qu’elles se tiennent à quelques kilomètres de notre domicile ou à l’autre bout du monde. Et si nos fidèles partenaires en tissus ne peuvent pas participer à toutes nos excursions, ils sont choyés par le personnel de l’hôtel. Ils profitent parfois de services premium sans rien débourser. Des attentions qui redonnent foi en l’humanité.
Des hôtels qui déroulent le tapis rouge pour les doudous
Souvent aperçus entre les mains potelés des enfants ou au coin d’une tétine, les doudous sont des peluches de bas âge mais pas de passage. Ils continuent de consoler nos chagrins bien au-delà du couffin. Ces partenaires inanimés, tantôt rembourrés, tantôt désarticulés, sont nos plus précieux confidents. Ils ont tout entendu : nos récits de cour de récré, nos premiers déboires amoureux jusqu’à nos problèmes de factures impayées. Loin d’être de simples peluches décoratives ou des compagnons de sommeil, les doudous sont les protagonistes de notre bien-être.
Les ranger dans un carton une fois la puberté actée ? Pas question, ce serait de la torture. On le garde précieusement sur notre table de chevet et en gage de remerciement pour sa dévotion, on l’embarque dans des décors de carte postale. Impossible d’imaginer nos vacances sans sa présence : on serait prêts à faire demi-tour à la moitié du trajet pour le rechercher. Ce doudou, aussi bien loti que les jouets dans Toys Story, ne reste pas planté sur le matelas de notre chambre à coucher. Il tutoie le siège des avions, prend place sur des tables avec vue mer et coule du bon temps sur des lits king size tirés à quatre épingles.
Et quand on part en expédition, il nous attend sagement dans la chambre d’hôtel et fait la rencontre des femmes de ménage, qui se muent presque en nourrice le temps de leur nettoyage. Certaines les traitent comme des êtres vivants : avec respect et bienveillance, en rabattant le drap sur leurs jambes ou en calant leur dos sur l’oreiller. Sur les réseaux sociaux, certains adultes en font même un critère de notation. C’est le cas de @meganvlt qui évalue son expérience client à travers les yeux de son tigrou.
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Des petites attentions qui font toute la différence
Dans ces vidéos à l’esprit “room tour”, la créatrice de contenu montre la chambre avant l’intervention des femmes de ménage et après. À son retour, elle découvre sa peluche dont l’apparence trahit le vécu dans des mises en scène touchantes où son tigrou se retrouve même humanisé. Confortablement installé contre le sommier ou assis au-dessus d’un oreiller à la manière d’un roi sur son trône, sa posture reflète toute la tendresse du personnel hôtelier.
Il faut dire que si on voyait notre doudou les pattes en l’air, suffoquant derrière le tissu, on en aurait les larmes aux yeux. Cependant, point d’image d’horreur de ce genre dans les hôtels testés par l’influenceuse. Pas de doudou laissé en vrac dans le coin d’un meuble ou balancé comme une chaussette sale sur les draps.
Même si s’occuper des doudous n’est pas inscrit dans le contrat de travail de ces employées de l’ombre, elles veillent à les manipuler avec la plus grande prudence et à leur offrir une expérience cinq étoiles. Ils sont presque mieux accueillis que chez notre partenaire, qui n’hésite pas à le prendre en otage ou à l’écrabouiller de tout son poids. Et non, ce n’est pas juste un détail anodin. Pour les personnes qui chérissent leur doudou comme au premier jour, c’est une marque de politesse envers leur enfant intérieur, un acte précieux dans un monde de brut.
Célébrer l’utilité émotionnelle du doudou à l’âge adulte
Ces vidéos ne racontent pas seulement une histoire de doudou privilégié. Elles invitent aussi à ne plus avoir honte de notre doudou, personnage principal de notre propre vie. Plus question de le calfeutrer sous une pile de vêtement ou de l’enfermer à double tour dans ces prisons que sont les tiroirs des commodes. Plus question non plus de trouver un argument pour justifier sa présence. Les internautes n’ont pas peur de récolter l’étiquette des gros bébés ou de se heurter à l’adjectif puéril.
Si pour certains, le doudou est une relique du passé, un souvenir sentimental entassé dans une boîte du grenier, pour d’autres il n’a pas de date de péremption, ni d’âge légal. Et pourquoi faudrait-il d’ailleurs s’en séparer sous prétexte que l’on a troqué les couches contre des feuilles d’impôts ? Le besoin de réconfort, lui, ne disparaît pas comme par magie le jour de nos 18 ans. Dans les périodes de stress, de solitude ou simplement lorsque le sommeil se fait capricieux, retrouver contre soi cette peluche familière peut procurer un sentiment de sécurité rassurant.
Et si le doudou peut traverser les années, les déménagements et même plusieurs fuseaux horaires sans jamais nous abandonner, il mérite bien, à son tour, quelques privilèges. Même lorsqu’il s’agit simplement de profiter d’un lit king size pendant que son propriétaire est parti visiter la ville.
