Quand un aliment s’échappe de l’assiette et dévale sur le sol, il finit soit dans la bouche, soit dans le ventre de l’aspirateur. Qui a raison et qui a tort ? Ce bout de nourriture un peu sauvage, qui fait du hors-piste, est-il impropre à la consommation ou peut-il encore se dévorer sans risque ? Un médecin tranche.
La règle des 5 secondes, une fausse croyance
Vous êtes en plein repas et voilà que votre pomme noisette s’évade de votre assiette pour finir sa course par terre, sur votre carrelage fraîchement récuré. Si dans cette situation, les paranoïaques de l’hygiène et les hypocondriaques ne prennent pas de risque et réservent cette bouchée perdue au biodéchet, vous n’en perdez pas une miette. Vous la portez à votre bouche et vous vous rassurez en vous disant « ce n’est pas grave, ça fait des anticorps ». Après tout, nos ancêtres utilisaient le même couteau pour tout et ne se lavaient pas les mains avant de ripailler.
Vous vous fiez à la règle des « 5 secondes », enseignée par vos parents et vous ramassez ce morceau égaré illico presto avant que les microbes ne s’y logent pour de bon. Or, que l’aliment soit resté au sol trois secondes ou dix minutes, ça ne change rien. C’est un peu une légende de grand-mère. Le Dr Jimmy Mohamed a été très clair dans la matinale de RTL. Il ne faut jamais manger un aliment qui a tutoyé le sol, même un court instant. Le sol a beau être nickel en apparence, il contient des milliers de microbes invisibles à l’œil, mais bien ressentis par l’organisme. Escherichia coli, salmonelles, staphylocoques… toutes ces bactéries pullulent sous vos pieds.
Manger un aliment tombé au sol, c’est donc vous exposer à une vilaine gastro-entérite. Mieux vaut prévenir que guérir alors évitez de tenter le diable en jouant la poubelle de table. Le Dr le plus suivi du net, est catégorique « un aliment qui tombe par terre doit aller à la poubelle ». Et pas dans votre estomac.
L’état du sol multiplie le risque de contamination
Évidemment quand un aliment tombe sur le sol gras et poisseux d’un fast-food, vous n’allez pas y toucher. En revanche, lorsqu’il s’écrase sur un sol que vous avez nettoyé à la sueur de votre front avec acharnement, vous lui donnez une chance et vous faites un petit geste anti-gaspi. Et c’est un peu plus « toléré » dans ce cas de figure. Un endroit où vous vous baladez en chausson est plus sain qu’un lieu piétiné par des chaussures sales, cela va de soi.
La nature de l’aliment a aussi son importance. Plus il est « humide », plus il fait velcro avec les bactéries. Ainsi, un morceau de poulet cuit ou une fraise a plus de risques de vous causer du souci qu’un gâteau sec ou un biscuit apéro. Le risque zéro n’existe toutefois pas. Vous n’allez pas forcément monopoliser les toilettes le lendemain, mais ça reste une éventualité. Ce petit geste alimentaire, qui ferait paniquer ce très cher Monk, aura également plus ou moins d’incidence selon votre système immunitaire.
Souffler sur l’aliment, un réflexe inutile
Quand un aliment tombe sur le sol, vous avez ce petit gimmick presque inconscient : vous soufflez dessus comme si vous aviez une haleine aux propriétés antiseptiques. Une habitude héritée de vos parents, certainement. Cependant, ce réflexe que vous pensez bénéfique est contre-productif. Ça empire un peu plus l’état de vos aliments.
Dans un millilitre de salive, il se compte jusqu’à 750 millions de bactéries alors en soufflant sur votre aliment vous en rajoutez une couche. Les parents, en soufflant sur le tortellini de leur enfant, leur transmettent indirectement leurs microbes. À la place, vous pouvez rincer l’aliment à l’eau claire comme le préconise le Dr Jimmy Mohamed. Cette technique a toutefois ses limites. Pas question de « laver » une tartine grillée ou un morceau de bœuf bourguignon.
En résumé, manger un aliment tombé au sol n’est pas une erreur fatale, mais une mauvaise habitude. Et inutile d’appeler votre chien ou votre chat pour faire le ménage et rattraper vos maladresses à table. Ce serait d’une violence inouïe pour leur système digestif.
