À 56 ans, elle explore des styles que beaucoup n’osent pas

La seule chose qu’une femme de plus de 50 ans ne devrait pas porter, c’est le poids des injonctions et la honte. Et la créatrice de contenu Sue Giers s’en déleste volontiers, préférant le micro short aux maxi restrictions. Alors que les femmes de cinquante ans se retiennent devant leur dressing et respectent assidûment des règles mode contraignantes, cette fashionista de 56 ans fait de chaque sortie un défilé et de chaque tenue un événement.

À 56 ans, elle refuse de devenir « invisible »

À partir de cinquante ans, les femmes ne s’habillent plus par plaisir, mais sous la contrainte. Elles réfléchissent à deux fois avant de porter un haut décolleté et se demandent si la longueur de leur jupe est acceptable pour leur âge. À 20 ans, les femmes s’interdisent les jupes courtes et les cropped top par peur d’attirer les regards des prédateurs, et à 50 ans, elles le font pour ne pas heurter la sensibilité d’autrui. À chaque période de leur vie, les femmes sont prudentes dans leur choix vestimentaire et anticipent ces fameux « on dit ».

Les médias féminins, qui se font parfois le relais des injonctions et l’avocat du diable, leur donnent une ligne de conduite. Ils leur dictent ce qui est bien et ce qui est mal, comme s’il fallait suivre un protocole strict simplement pour flâner dans les rues. Ces magazines prennent alors l’étoffe d’une styliste aux tendances oppressantes. Si de nombreuses femmes composent leur garde-robe sous la menace du fashion faux pas, il y a bien longtemps que la créatrice de contenu Sue Giers n’écoute plus ces conseils infondés inscrits sur papier glacé.

À 56 ans, elle est l’opposé solaire de la séniore en grosse maille et en chaussures de randonnée. C’est bien simple, elle incarne tout ce que la société conteste depuis toujours. Elle montre à quoi ressemble une femme insensible au regard des autres et sevrée des diktats. D’ailleurs, dans ses looks, elle révèle plus qu’elle ne cache et prolonge cet âge d’or que beaucoup de cinquantenaires regrettent. Elle bat le pavé en brassière, en micro-short et en cuissarde digne de catwoman. Celle qui se présente comme le sosie spirituel de Carrie Bradshaw impose sa présence là où d’autres rasent les murs. Son crédo ? Quand on a confiance en soi, tout nous va !

 

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Micro-short et mini-jupe au premier plan de son dressing

Il suffit de lire les préconisations mode à destination des cinquante ans et plus pour prendre conscience du problème. Les femmes semblent condamnées à des pièces sans âme ni couleurs. Elles peuvent se permettre des fantaisies, à certaines conditions. Elles doivent répondre à cette esthétique de la banalité et éviter toute forme d’extravagance. Et les médias, sous couvert de bienveillance et sous prétexte de bon goût, les poussent doucement dans le fond du placard. Ils les encouragent à devenir aussi insignifiantes que les étoffes qu’ils vantent.

Et ça, ce n’est pas du tout envisageable pour la fashionista de 56 ans, qui a toujours 20 ans dans sa tête et qui a trop de créativité pour camoufler sa silhouette. Elle dépoussière joyeusement cette image de la cinquantenaire discrète, qui calcule ses tenues au millimètre et qui ne laisse apparaître aucun centimètre de chair. Elle n’est pas de celle qui range leur top décolleté, leur jean taille basse et leur robe serrée dans des cartons « souvenir ». Non, elle fait partie de celle qui évite les jupes crayon pour acquérir des micro-shorts, des jupes fendues et des shortys en dentelle.

Elle apprivoise des pièces mode que la plupart des cinquantenaires pensent trop « osées » ou « dévergondées » pour leur âge. Les femmes n’ont pas de date limite pour se sentir belles dans leurs vêtements. La preuve Sue Giers a même essayé le « no pants », simplement munie d’un trench à la croisée du body. Et surprise : le monde ne s’est pas écroulé. Ce qui s’apparente à des challenges honteux pour les filles de son âge n’est rien d’autre que son quotidien, sa façon d’être.

Un rappel essentiel : la vie est trop courte pour se brider

Mère de trois enfants et divorcée, la cinquantenaire la plus cool de la toile le dit dans un post « la cinquantaine n’est pas une fin, mais un renouveau ». Alors non, elle ne s’attache pas à une période révolue et ne court pas après la jeunesse en s’affichant avec des dessous apparents et des tops léopards. Elle ne fait que s’épanouir dans ses vêtements et c’est tellement rare qu’elle doit encore s’en justifier.

Pourtant, les habits ne devraient pas être une prison ou une cage, mais une chrysalide, un cocon, un espace d’expression. Ses tenues ne sont que le reflet de son monde intérieur, pas une provocation, ni une « courageuse rébellion ».  Au lieu de croire à des injonctions désuètes, qui comparent le corps des femmes à une denrée périssable, il vaut mieux croire en soi. C’est un gain de temps et d’énergie colossal, mais surtout une belle preuve de respect envers soi.

Il n’est jamais trop tard pour être soi-même et devenir notre propre stylique. À travers ses démonstrations de style, cette fashionista de cinquante ans nous invite à reprendre le contrôle sur notre dressing avant que les injonctions enjoignent notre petite voix intérieure. Finalement, ce dress code prude n’existe que dans notre tête. Alors, place à la mentalité « YOLO ». Mieux vaut une tenue courte et des idées longues que l’inverse, non ?

Émilie Laurent
Émilie Laurent
Dompteuse de mots, je jongle avec les figures de style et j’apprivoise l’art des punchlines féministes au quotidien. Au détour de mes articles, ma plume un brin romanesque vous réserve des surprises de haut vol. Je me complais à démêler des sujets de fond, à la manière d’une Sherlock des temps modernes. Minorité de genre, égalité, diversité corporelle… Journaliste funambule, je saute la tête la première vers des thèmes qui enflamment les débats. Boulimique du travail, mon clavier est souvent mis à rude épreuve.

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