Lingerie apparente à 57 ans ? Elle dit oui et rayonne comme jamais

Depuis plusieurs saisons, les parures en dentelle et les brassières satinées s’exposent au grand jour, dans la rainure des blazers ou derrière des hauts transparents. Or, passé un certain âge, les femmes remontent soigneusement les boutons de leur chemise et veillent à ce que leur lingerie reste confidentielle. Iara Sanny, ambassadrice L’Oréal aux 57 printemps, sort ses sous-vêtements de l’ombre des tissus et prouve qu’il n’y a pas d’âge pour succomber aux tendances mode du moment.

De la lingerie qui saute aux yeux

Sur les podiums de la Fashion Week ou sur le bitume des grandes métropoles, la lingerie déborde des vêtements et ne cherche plus à se faire discrète. Si autrefois, elle n’était vue que par une poignée de privilégiés, dans l’intimité des chambres à coucher, aujourd’hui, elle s’échappe volontiers des habits et s’impose frontalement dans les looks.

Il y a quelque temps encore, les femmes cherchaient toutes les ruses pour faire disparaître leur lingerie sous leur débardeur ou la dissimuler à l’orée de leur décolleté. Aujourd’hui, elles ne prennent plus de précaution et affichent détails dentelés, tulle et résille fine à la lisière de leur encolure ou carrément dans la fente de leur veste soignée. Iara Sanny, une créatrice de contenu brésilienne dite « silver », en a d’ailleurs fait son style de prédilection, son gimmick mode.

Comme Chanel avec le tweed, cette fille du soleil se plaît dans les pièces qui ne suggèrent pas, mais qui révèlent sans détour. Du haut de ses 57 ans, elle refuse de se cacher sous la matière et de cadenasser son corps dans des tenues défraîchies. Pour elle, les vêtements ne sont pas censés être une prison, mais un instrument d’expression. Si la plupart des cinquantenaires couvrent soigneusement leur chair pour répondre à une « pudeur » imposée, Iara, elle s’habille avec des tissus qui lèvent le voile sur son corps.

 

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L’âge ne détermine pas le style

À partir de cinquante ans, la société voudrait que les femmes censurent leur vestiaire, sacrifient leur envie de glamour et laissent la fantaisie « aux jeunes ». Comme si leur style avait une date de péremption et que leur âge marquait un tournant dans leur garde-robe.

Face aux looks branchés des mannequins de vingt ans, ces femmes-là se disent spontanément « ce n’est plus pour moi » et regrettent ce temps où elles pouvaient « tout porter ». Or, dans la mode, c’est vous qui définissez les règles et pas l’inverse. Iara, elle, a 57 ans et elle apprivoise des pièces dans l’air du temps sur son corps parsemé de taches de rousseur.

Corset immaculé qui fait la lumière sur son anatomie, robe noire transparente qui joue à cache-cache avec la peau, robe toute en dentelle, sans doublure, à travers laquelle se dessinent les sous-vêtements. Cette habituée du Carnaval de Rio, prétend à plus éloquent que le gilet en laine, la culotte gainante en coton et le soutien-gorge couleur chair à grosse bretelle.

Alors que la société s’attèle à effacer les femmes de plus de cinquante du décor, en les condamnant à un vestiaire d’un ennui mortel, Iara, elle, tourne les coutures à son avantage. Elle foule le pavé en top nuisette affolant ou avec sa lingerie, savamment choisie, au premier plan. Ce n’est pas un acte rebelle, mais le simple reflet de ses goûts.

 

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Pas audacieuse, simplement libre

Quand une cinquantenaire s’émancipe des tenues clichées faites de mocassin, de t-shirt à manche longue et de pantalon à taille élastique, on dit d’elle qu’elle est « audacieuse« , qu’elle « défie les règles » ou qu’elle « prend des risques ». Pourtant, il n’y a aucun message militant derrière les démonstrations de style de Iara. La fashion-addict, qui jongle avec les genres vestimentaires et qui utilise le tissu pour s’affirmer, ne porte pas sa lingerie en dehors de ses habits pour « provoquer » ou faire de la propagande.

La Brésilienne, qui a écumé quelques podiums et posé sous les objectifs, se fait surtout le relais d’une mode « de tous les possibles ». Une mode qui élève au lieu de prohiber, qui flatte au lieu de ternir. Elle ne veut pas être spectatrice des tendances, elle veut se les approprier sans être hissée en héroïne moderne ou en cougar déguisée. Elle défend une mode qui raconte au lieu de bâillonner.

Pour Iara, pas question de se fossiliser derrière les vêtements. La vie est trop courte pour contenir son style et l’adapter au regard des autres. Arborer de la lingerie à l’avant de ses looks à 50 ans n’est pas une faute de goût, mais une célébration de soi.

Émilie Laurent
Émilie Laurent
Dompteuse de mots, je jongle avec les figures de style et j’apprivoise l’art des punchlines féministes au quotidien. Au détour de mes articles, ma plume un brin romanesque vous réserve des surprises de haut vol. Je me complais à démêler des sujets de fond, à la manière d’une Sherlock des temps modernes. Minorité de genre, égalité, diversité corporelle… Journaliste funambule, je saute la tête la première vers des thèmes qui enflamment les débats. Boulimique du travail, mon clavier est souvent mis à rude épreuve.

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