Elle vous empêche souvent de trouver le sommeil et fait irruption dans votre tête sans crier gare. Votre petite voix intérieure est particulièrement bavarde et difficile à de la mettre en sourdine. Résultat : vous ne connaissez presque pas la sensation du silence cérébral, du calme mental. Pour la faire taire plus facilement ou la dédramatiser, une créatrice de contenus suggère de lui attribuer un nom, de l’humaniser.
Une astuce pour prendre du recul
Bruyante, envahissante et profondément intrusive, votre petite voix intérieure ne vous laisse aucun moment de répit. Plus qu’un simple bruit de fond facile à oublier, c’est un mégaphone assourdissant qui occupe toutes vos pensées. Vous avez beau essayer de vous distraire, de faire abstraction, de la camoufler avec les musiques de votre playlist, elle résonne dans votre crâne, au point de vous en donner la migraine. C’est comme si vous aviez un gemini cricket sur l’épaule qui vous soufflait des horreurs en permanence. Parce que cette petite voix intérieure n’est pas celle de la sagesse. Elle est l’auteure de scénarios catastrophes, de critiques impitoyables, de commentaires sévères… Elle ressasse inlassablement vos erreurs à la manière d’un refrain entêtant.
« Et si quelque chose se passait mal ? ». « Tu aurais dû faire autrement ». « Qu’est-ce qu’ils vont penser de toi ? ». « Tu n’as pas fait assez ». Voilà le genre de phrases qu’elle vous lance sur un ton moralisateur. Cette voix intérieure, qui ne ménage pas votre estime, amplifie vos angoisses, votre stress, vos doutes. Médisante au possible, elle vous harcèle sans cesse. Si elle devait exister dans la vraie vie, elle aurait certainement des cornes, une fourche et une queue en fer de lance.
La créatrice de contenus @holly.mckee.elliott recommande de donner un prénom à sa voix intérieure pour ne plus la subir au quotidien. Dans une vidéo devenue virale, elle précise « j’ai donné un nom d’homme à ma voix intérieure pour pouvoir lui dire tais-toi quand elle balance un avis non sollicité ». Ainsi au lieu d’être victime de votre voix intérieure, vous faites preuve de répartie et vous l’accueillez avec plus de « légèreté ». Ainsi « tu es habillée trop court, ça fait vulgaire » se transforme en « Gérard je ne t’ai pas sonné ».
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Comment choisir un prénom pour sa voix intérieure ?
L’idée n’est pas de baptiser sa voix intérieure comme son ex pour lui ôter sa valeur ou mieux l’ignorer. Vous risquez de cultiver une haine inutile. Pas question non plus de la nommer comme les criminels de l’affaire #MeToo. Ça vous évitera de déclencher une guerre intérieure et d’envenimer le rapport que vous avez avec vous-mêmes. En revanche, vous pouvez choisir un prénom qui n’a pas une très bonne cote de popularité dans les listes d’inspiration pour les futurs bébés.
Dans les commentaires laissés sous la vidéo, les internautes émettent quelques suggestions : Kevin, Greg, Bruno, Richard… Le premier prénom qui vous vient en tête fait parfois très bien l’affaire. Écoutez votre intuition. Ne piochez pas dans les prénoms qui ont un impact sentimental ou émotionnel sur vous. Préférez des variantes neutres mais tout de même suffisamment repoussantes pour riposter.
Le mode d’emploi ? Choisir un prénom qui permet de dédramatiser sans se moquer de soi, ni s’énerver. Pourquoi ne pas opter pour un personnage de fiction ou un pseudo volontairement décomplexé. Cette technique digne des manuels de développement personnel a presque même une sonorité militante. Donner un prénom masculin has been à sa voix intérieure, est une bonne tactique pour ne pas y faire du cas et arrêter de croire tout ce qu’elle profère.
Comment utiliser cette technique concrètement au quotidien ?
Une fois votre voix intérieure affublée d’un prénom, encore faut-il savoir quoi en faire. Pas question de lui adresser la parole à longueur de journée au risque de passer pour quelqu’un qui débat avec un interlocuteur invisible. L’objectif est simplement de créer une petite distance entre vous et les pensées qui vous traversent. Autrement dit, quand Gérard débarque avec ses commentaires, vous pouvez enfin lui répondre sans prendre chacune de ses remarques pour une vérité absolue.
Une pensée anxieuse surgit ? Identifiez-la. « Et si je me ridiculisais pendant cette réunion ? » devient : « Gérard recommence avec ses scénarios catastrophes ». Une erreur vous revient en mémoire au moment de vous coucher ? « Tu aurais vraiment pu faire mieux » se transforme en : « Gérard, merci pour cette analyse non sollicitée, mais on verra ça demain ». L’idée est de reconnaître la pensée sans nécessairement lui donner raison.
Cette petite pirouette permet surtout de passer de « je suis nul(le) » à « j’ai une pensée qui me dit que je suis nul(le) ». Une nuance qui peut sembler anodine, mais qui change la manière dont on regarde ce qui se passe dans sa tête. La voix intérieure n’est alors plus confondue avec sa propre identité : elle devient une sorte de commentateur un peu pénible dont on peut écouter les remarques… ou décider de ne pas les suivre.
Ce conseil insolite glané sur la toile n’était pas censé devenir une prescription de santé mentale. Pourtant, donner un prénom à sa voix intérieure, c’est redonner du souffle à votre bien-être et enfin changer de disque.
