École : comment encourager son enfant sans lui mettre la pression ?

Dans quelques petits jours, les enfants troqueront leur sceau et leur pelle contre leur sac à dos. Si cette reprise studieuse est souvent redoutée par les bambins, iels peuvent compter sur le soutien indéfectible de leurs parents. Fervents supporters, ils sont toujours là pour raviver la motivation. Si à la base, cette stimulation scolaire part d’un bon sentiment, elle peut aussi devenir étouffante. À trop jouer les gourous de la réussite, les parents se mettent les enfants à dos et cultivent un dégoût de l’école. Alors pour encourager son enfant sans empiéter sur son bien-être, voici la ligne de conduite à adopter. Ainsi, vous serez un fan-club vraiment bienveillant.

Célébrez les petits succès plus souvent

N’attendez pas que votre enfant vous tende un 20/20 sur la table pour le.a couvrir de compliments et l’auréoler d’une couronne de laurier. Si vous valorisez seulement l’excellence, votre enfant se sentira forcé.e de viser toujours plus haut pour glaner votre admiration. Un idéal qui risque de le.a pousser à l’épuisement cérébral. À l’inverse, si vous soulignez aussi ses améliorations, ses progrès et ses prises d’initiatives, votre enfant évoluera de façon plus naturelle. Iel continuera sur cette lancée sans se fixer d’objectifs inatteignables.

Pour cela, commencez d’abord par vous intéresser à ses réalisations, qu’importe s’il s’agit d’un DM de maths très complexes ou d’un dessin d’art plastique assez abstrait. Vous pouvez par exemple le.a féliciter d’avoir terminé un devoir en avance, de participer davantage à l’oral ou d’avoir aidé un.e camarade. Verbalisez votre fierté à travers des phrases boosters comme « tu as donné beaucoup d’énergie dans ce projet, c’est une belle preuve de persévérance » ou « tu as su gérer ce devoir avec beaucoup de maturité ».

Évitez les systèmes de récompenses qui peuvent rapidement se transformer en instrument de chantage. En lui promettant un paquet de bonbons ou une console dernier cri à la moindre note étincelante, vous l’habituez également à des faveurs qu’iel n’aura pas dans le monde des adultes. Pour encourager votre enfant, portez une vive importance à ses petits moments de gloire et ses avancées. Qu’iel ait réussi à réciter une fable sans écorcher aucun mot ou fait la boucle de son « F » correctement, chaque minuscule victoire est significative.

Laissez l’enfant vous demander de l’aide plutôt que l’inverse

Les parents ont tendance à surveiller d’un peu trop près l’assiduité de leur bambin pendant les devoirs à la maison. Il vous est d’ailleurs peut-être arrivé de vérifier si votre enfant était bien sur son coloriage magique et non pas en train de gribouiller les petits carreaux de son cahier. Ou alors de vous assurer qu’iel n’ait pas été distrait.e par ses nouvelles cartes Pokémons acquises pendant la récré. Même si ce comportement légèrement envahissant est assez instinctif, l’enfant peut l’interpréter comme un signe de méfiance à son égard.

En venant voir toutes les deux secondes s’iel s’en sort, l’enfant peut penser que vous ne croyez pas en lui/elle. Pour encourager votre enfant, respectez son « espace de travail » et montrez-lui que vous lui faites confiance en étant moins intrusif.ve. En revanche, faites-lui comprendre que votre porte reste grandement ouverte s’iel a besoin d’un éclairage. Ainsi, c’est votre enfant qui vous sollicite de son plein gré et non plus vous qui vous immiscez dans sa bulle de réflexion.

Ayez de la reconnaissance envers ses efforts

Certes, pour vous, cette dictée paraissait peut-être simpliste et cet exercice de géométrie vraiment évident. Mais aux yeux de votre enfant, c’était probablement une épreuve de l’impossible. D’où l’impératif de se mettre à sa hauteur et de ne pas trop le.a voir comme un génie en herbes ou une copie lilliputienne d’Einstein. Alors, mettez l’accent sur le processus plutôt que sur le résultat final.

Lorsque vous félicitez les efforts de votre enfant, vous l’aidez à adopter une mentalité de croissance. Cela signifie qu’iel commence à voir les défis comme des occasions d’apprentissage plutôt que comme des obstacles insurmontables. Ce n’est pas grave s’iel n’a pas eu la meilleure note à l’exposé de chimie que vous aviez soigneusement préparé ensemble. Ce qui compte c’est la hargne qu’iel a mise dans ce travail.

Pour encourager votre enfant de manière saine, honorez toutes ces gouttes de sueur qu’iel a laissé sur ses évaluations et saluez son entêtement. En constatant les répercussions positives de ses efforts, votre enfant sera ainsi tenté.e de s’investir davantage et de se perfectionner sans retenue.

Accueillez ses erreurs dans le calme

Si votre enfant écope d’une note bien en dessous de la moyenne, inutile de lui faire les gros yeux et le.a priver de TV toute la semaine. Cette attitude excessive ne fera que raffermir son aversion de l’école. Même son de cloche s’iel ne figure pas dans le top 5 des leader.se.s de la classe. Votre enfant ne peut pas toujours être exemplaire et encore moins briller dans tous les domaines. Si vous ne cédez aucune place à l’erreur ou aux petits coups de mou, iel ne s’autorisera aucun écart, quitte à ruiner sa santé. Iel abordera ses rares égarements comme des fautes graves et naviguera toujours dans la crainte de vous décevoir.

Au lieu d’en venir à la menace, cherchez plutôt à comprendre ce qui a pu le.a déstabiliser. Est-ce qu’iel avait oublié de réviser ? Est-ce qu’un événement le tracassait ? Ou est-ce qu’un.e camarade le perturbait ? Favorisez le dialogue sans utiliser de langage accusateur. Si ses notes chutent soudainement, c’est que le problème est peut-être plus profond. Il peut s’agir de harcèlement scolaire ou d’une phobie. Il est impératif d’encourager son enfant même lorsqu’iel n’est pas à 100 % de ses capacités. Sans ce petit fortifiant émotionnel, iel risque de baisser les bras pour de bon et de perdre le goût de l’éducation.

Poussez-le.a doucement vers l’autonomie

Les parents peuvent très bien superviser les devoirs de leur enfant. Cependant, pour qu’iel puisse développer son esprit critique et sa propre méthode de travail, il convient de leur allouer un peu de liberté. Le but n’est pas de les changer en des Robinson Crusoé académiques mais de leur donner l’occasion de prendre des décisions. Ce n’est pas en faisant l’exercice de conjugaison à la place de votre enfant, qu’iel pourra se remettre en question ou s’améliorer.

S’iel préfère réviser ses leçons en marchant ou en chantant dans son micro Barbie, faites preuve d’indulgence (dans la limite du raisonnable bien sûr). S’iel se sent plus efficace sur la table du salon plutôt que sur son bureau attitré, accordez-lui cette faveur. Pour inciter votre enfant à être plus autonome et à croire en ses choix, laissez-le.a gérer son temps et son planning. Imposez tout de même quelques conditions histoire que ça ne vire pas au grand n’importe quoi.

Par exemple, au lieu de le.a laisser filer sur son toboggan, proposez-lui une discussion ouverte sur ses devoirs. Comment iel les a sentis ? Est-ce qu’iel les a trouvés compliqués ? Qu’est-ce qui lui a demandé le plus de réflexions ? Une façon affectueuse d’encourager son enfant et de lui faire prendre la rampe de l’indépendance.

Encourager son enfant est à la fois essentiel et périlleux. En étant trop derrière ses bottes, vous le stressez tandis qu’en prenant vos distances, vous le froissez. Finalement tout réside dans un équilibre fragile entre empathie, écoute active et altruisme. Soit les piliers de la parentalité positive. PS : la réussite scolaire ne définit pas l’avenir de votre enfant. Il n’y a qu’à voir le parcours des grands prodiges.

Émilie Laurent
Émilie Laurent
Dompteuse de mots, je jongle avec les figures de style et j’apprivoise l’art des punchlines féministes au quotidien. Au détour de mes articles, ma plume un brin romanesque vous réserve des surprises de haut vol. Je me complais à démêler des sujets de fond, à la manière d’une Sherlock des temps modernes. Minorité de genre, égalité des sexes, diversité corporelle… Journaliste funambule, je saute la tête la première vers des thèmes qui enflamment les débats. Boulimique du travail, mon clavier est souvent mis à rude épreuve.
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