Participante de la 17ème saison de l’émission Top Chef, Léa Vautier Lecointre, une cheffe aux influences iodées a confectionné des plats d’anthologie sur le plateau. Et dans les coulisses, elle préparait le garde-manger de son nourrisson de quatre mois, en tirant son lait entre deux épreuves. Ambassadrice d’une cuisine maritime, mais également de la parentalité, elle a jonglé entre les casseroles et les téterelles pendant toute la durée de la compétition culinaire.
La vie ne s’arrête pas après un enfant et cette cheffe le démontre
Après avoir donné naissance à leur bébé, les mères ont quelques mois pour se remettre de leurs émotions. Elles profitent de ce droit qui leur est accordé pour se familiariser avec ce nouveau quotidien, faire connaissance avec le locataire de leur ventre et retrouver l’énergie perdue dans les contractions. Léa Vautier Lecointre, elle, a rapidement délaissé la blouse à losanges de la maternité pour enfiler le tablier, qui est presque une seconde peau.
Fille d’un marin-pêcheur, la cheffe de 27 ans, a à peine retrouvé son chez soi dans le Bassin d’Arcachon qu’elle remontait à la capitale pour passer le casting de Top Chef. Deux semaines après avoir accouché de son deuxième enfant, elle faisait ses preuves derrière les fourneaux lustrés de l’émission culte. « À ce moment-là, je ne savais pas encore comment j’allais faire. Juste que j’allais le faire », disait-elle sur les réseaux sociaux avec une flegme typique des natifs du littoral.
La jeune femme, qui défend un savoir-faire local et qui se caractérise par une cuisine de la mer, à mi-chemin entre l’écume et le végétal, a été retenue par le jury. Et avec sa signature unique, que les puristes de la gastronomie qualifieraient d’anticonformiste, elle a tout de suite interpellé les papilles. Or, en marge des projecteurs, la mère de famille devait nourrir une autre bouche que celle de la brigade. « Je n’avais pas assez d’un challenge, il fallait que je me rajoute le challenge de tirer mon lait », confiait-elle au micro du podcast Eden Stories.
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Allaiter pendant le travail, une réalité encore trop peu défendue
Pendant les épreuves chronométrées, rien ne semblait pouvoir perturber la créativité de cette cheffe, transcendée par les paniers de saison et les ingrédients à pinces ou à écailles. L’enfant du Bassin, bercée par la houle marine, avait pourtant une difficulté supplémentaire. Elle devait lâcher les ustensiles pour s’éclipser aux toilettes et renflouer le stock de son nourrisson. D’ailleurs, elle partageait un extrait de ce moment lacté sur ses réseaux sociaux, qui s’apparentent à un véritable mur de souvenirs familiaux.
Cependant, loin d’être une contrainte ou un désavantage, cette récolte mammaire était très précieuse pour Léa, soucieuse du bien-être de son bébé. « Je crois que nourrir n’a jamais autant eu de sens », avouait la cheffe sous ce post aux allures de manifeste. Elle comparait d’ailleurs cette expérience professionnelle à une mer agitée, redoublant de métaphores salées. « Il y a la mère qui nourrit la terre. Celle qui fait naître les légumes, les saisons, les cycles. Et puis il y a la mère qui nourrit un enfant, parfois loin, parfois dans le silence », résumait-elle dans un élan de prose. Parce qu’être mère, ce n’est pas un océan de sacrifices, mais une étendue infinie de possibilités.
« La parentalité n’est pas une insulte » : un rappel essentiel
La cheffe, à la tête de Crème & Pêche, un concept de cuisine itinérante qui organise des repas immersifs autour des producteurs locaux, croque la maternité à pleine dent. Même si la fatigue du post-partum l’a rattrapé en chemin et l’a écarté du concours au 6ème épisode, la mère de famille est fière d’avoir pu conjuguer son métier à la maternité, un exercice dans lequel elle excelle. En effet, la cheffe n’en est pas à son coup d’essai. Elle a déjà eu de l’entraînement avec sa première fille en bas âge, qui est son commis d’office dans la série « service compris », où elles cuisinent ensembles des recettes accessibles.
Alors qu’aujourd’hui encore, les mères qui repartent au travail prématurément attisent les critiques et se voient accusées d’égoïsme, cette cheffe, qui n’a pas sa langue dans sa poche, n’a fait qu’une bouchée des idées reçues. Elle n’est pas repartie avec la médaille, certes, mais elle a semé de la fierté dans les yeux de ses filles et remporté une autre victoire plus personnelle.
Si Léa a défendu les couleurs de son bout de terre et son identité culinaire forte, elle a aussi incarné une maternité plus vraie, moins idéalisée. Et ces images devraient imbibées les mentalités, qui ont trop longtemps macéré dans les stéréotypes.
