Une journée entière sans rendez-vous, sans travail et sans rien d’obligatoire ressemble facilement au luxe absolu. Pourtant, disposer de toujours plus de temps libre ne semble pas augmenter indéfiniment le bien-être. Une vaste étude suggère même qu’après plusieurs heures, la tendance peut finir par s’inverser.
Les chercheurs se sont intéressés au temps discrétionnaire, c’est-à-dire celui que l’on peut consacrer aux activités que l’on choisit réellement. Dans l’un des jeux de données analysés, le bien-être progressait nettement lorsque ce temps passait de presque rien à environ deux heures par jour. Il restait ensuite élevé jusqu’à environ cinq heures, avant de diminuer.
Cela ne signifie surtout pas qu’une sixième heure de repos devient mauvaise. Les cinq heures correspondent à une tendance observée dans une population, pas à un minuteur universel.
Trop peu de temps libre pèse déjà lourd
Le premier résultat est finalement le moins surprenant. Lorsque presque toute la journée est occupée par des obligations, avoir davantage de temps pour soi est associé à un meilleur bien-être.
- Deux heures disponibles peuvent vouloir dire lire, marcher, voir quelqu’un, regarder une série ou simplement rester tranquille.
- Rien n’oblige ce temps à devenir une nouvelle liste de choses utiles à accomplir.
Le corps aussi peut avoir besoin de périodes où il ne produit rien. Se reposer n’est pas quelque chose qu’il faut mériter après avoir suffisamment travaillé, marché ou été productive.
Plus de cinq heures ne veut pas dire cinq heures de trop
L’étude apporte ensuite une nuance intéressante. Lorsqu’une grande quantité de temps libre était associée à un bien-être moindre, le sentiment de ne rien accomplir semblait jouer un rôle important.
Les expériences menées par les chercheurs vont dans le même sens : imaginer beaucoup de temps libre était moins agréable lorsque celui-ci semblait complètement vide de sens. En revanche, utiliser ce temps pour quelque chose que l’on trouvait personnellement enrichissant atténuait cet effet.
« Productif » ne veut donc pas forcément dire travailler. Voir une amie, cuisiner, jardiner, créer quelque chose ou s’occuper d’un projet que l’on aime peut donner du sens à une journée sans la transformer en compétition.
Votre journée n’a pas besoin de viser le chiffre parfait
Le piège serait maintenant de décider qu’il faudrait obtenir exactement cinq heures de liberté par jour.
Ce n’est absolument pas ce que montre l’étude. Nos obligations, notre énergie et nos envies changent constamment. Une journée entière sur le canapé peut être exactement ce qu’il vous faut un dimanche, même si elle dépasse largement le fameux seuil.
Le message est beaucoup plus simple : manquer constamment de temps n’aide pas, mais disposer d’heures infinies ne garantit pas davantage le bonheur.
Entre les deux, le meilleur équilibre reste probablement celui où il existe suffisamment d’espace pour choisir ce que l’on veut faire. Y compris, parfois, absolument rien.
