Cette particularité de vos seins pourrait retarder le diagnostic du cancer du sein

Le cancer du sein est l’une des maladies les plus diagnostiquées chez les femmes. Plus tôt il est détecté et plus les chances de guérison sont grandes. Cependant, si vous avez les seins denses, les potentielles tumeurs passent inaperçues sur l’écran de la mammographie. Cette particularité anatomique, qui n’a rien à voir avec la taille de votre bonnet, brouille les résultats et retarde la prise en charge médicale. Vous avez beau analyser votre poitrine sous tous les angles, la densité mammaire ne se voit pas à l’œil nu. Mais alors, comment savoir si vous êtes concernée par cette particularité, fardeau de la nature ? 

Ça veut dire quoi avoir les seins denses ?

Chaque poitrine est unique. Il y en a des petites, des grosses, des asymétriques, des distantes, des rapprochées, des tombantes et des fièrement dressés. Sous les soutiens-gorge, il n’y a pas une paire qui se ressemble. Ce qui se cache au balcon du corps féminin existe en différents modèles. Mais au-delà de l’apparence physique, certaines femmes partagent une particularité dont elles n’ont même pas conscience : la densité mammaire. Elle n’a rien à voir avec la taille ou la fermeté des seins. Elle se réfère à la composition du tissu mammaire.

Les seins sont constitués de tissu glandulaire, de tissu conjonctif et de graisse. Des seins dits « denses » contiennent une proportion plus élevée de tissu glandulaire et conjonctif par rapport au tissu graisseux. Que vous ayez une poitrine à peine développée ou que vous fassiez un 90E, la densité mammaire n’a pas de « profil type ». Cette spécificité est tout sauf rare. Environ 40 % des femmes de 40 ans et plus ont des seins denses. Sauf que voilà pour en faire le constat, il ne suffit pas de se palper la poitrine ou de passer une loupe grossissante autour de ses seins.

Pourquoi les seins denses compliquent-ils le diagnostic ?

Seule une mammographie peut révéler la densité mammaire. D’ailleurs, sur ces images précises obtenues grâce aux rayons, cette particularité saute aux yeux. Lorsque les seins sont denses, les tissus ressortent blancs à l’écran, tout comme les anomalies. Ce manque de contraste peut perturber la lecture médicale et induire en erreur. Les signes précoces du cancer sont alors plus difficiles à identifier.

Si on vous découvre des seins denses, l’examen va plus loin et la classe médicale redouble de vigilance. En complément, les femmes passent généralement une échographie mammaire et, parfois, une IRM pour confirmer, ou non, les doutes. C’est d’ailleurs la recommandation qu’a fait l’European Society of Breast Imaging en 2022 pour ne pas passer à côté d’une tâche suspecte. Aux États-Unis, ces examens supplémentaires, qui peuvent éviter le pire, sont obligatoires à la différence de la France.

Seins denses : un facteur de risque supplémentaire ?

Avoir les seins denses n’est pas vraiment un cadeau. C’est même plutôt une tare. En 2023, une étude publiée dans le Journal of the American Medical Association alertait : « les seins denses constituent un facteur de risque indépendant et non modifiable du cancer du sein ». Cela s’explique par la plus grande quantité de tissu glandulaire, qui est plus susceptible de développer des cellules anormales.

Comme le signale le Dr Cutuli, oncologue radiothérapeute et président de la Société française de sénologie et pathologie Mammaire au média Le Figaro, le risque est multiplié par 2 à 5 selon la densité. Si vous avez des seins denses vous êtes autant exposée au cancer qu’une personne aux lourds antécédents familiaux ou à l’hygiène de vie chaotique. Sachez également que la densité mammaire évolue selon le taux d’oestrogène présent dans votre corps. À la ménopause, tranche de vie où cette hormone dégringole, les seins peuvent ainsi perdre en densité.

Seins denses : une surveillance renforcée !

Si vous avez les seins denses, n’attendez pas que le courrier floqué « dépistage gratuit » atteigne votre boîte aux lettres à 50 ans. Prenez de l’avance et portez une attention encore plus minutieuse à votre chère poitrine, comme le suggère la citation « il vaut mieux prévenir que guérir ». Alors même si les examens ne sont jamais une partie de plaisir, ils sont précieux.

  • Privilégiez un suivi régulier : même en l’absence de symptômes, suivez les recommandations de dépistage selon votre âge et vos antécédents familiaux.
  • Soyez attentive aux changements : une masse palpable, un écoulement inhabituel ou une modification de la forme de vos seins doivent être signalés immédiatement.
  • Discutez avec votre médecin : si vous avez des seins denses, votre médecin peut adapter le suivi et prescrire des examens complémentaires si nécessaire.

Avoir les seins denses n’est pas une fatalité. Pas question de s’imaginer des scénarios alarmistes. Si vous prenez votre santé en main de bonne heure, cette particularité a moins de chance de vous nuire. 

Émilie Laurent
Émilie Laurent
Dompteuse de mots, je jongle avec les figures de style et j’apprivoise l’art des punchlines féministes au quotidien. Au détour de mes articles, ma plume un brin romanesque vous réserve des surprises de haut vol. Je me complais à démêler des sujets de fond, à la manière d’une Sherlock des temps modernes. Minorité de genre, égalité, diversité corporelle… Journaliste funambule, je saute la tête la première vers des thèmes qui enflamment les débats. Boulimique du travail, mon clavier est souvent mis à rude épreuve.

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