Tabou médical : 44 % des femmes n’osent pas aborder certains sujets avec leur médecin

Êtes-vous à l’aise à l’idée d’aborder tous les sujets avec votre médecin traitant.e ? D’après cette étude Opinion Way réalisée pour Deuxiemeavis.fr et sortie le 5 mai dernier, 44 % des femmes n’osent pas. Le serment d’Hippocrate est-il rompu ? Les femmes se sentent-elles en insécurité à l’idée d’aborder certaines questions avec leur médecin ? On fait le point sur cette actualité.

« La peur de paraître simple d’esprit »

C’est bien simple : 44 % des femmes interrogées pour cette étude ont l’habitude de se rendre sur des sites internet spécialisés afin d’obtenir un complément d’information, après avoir consulté leur médecin traitant. Elles le font aussi pour mieux comprendre ce que le.a professionnel.le leur a dit. Pour Ronan Chastellier, sociologue et maître de conférence à l’Institut d’Études politiques de Paris et co-auteur de l’étude, les raisons sont multiples :

« La gêne d’aborder certains sujets ne se cantonne pas à la sphère de l’intime. Elle peut aussi concerner des questions précises sur la maladie… Questions qui ne seront pas posées au risque de paraître simple d’esprit. Or, en particulier dans le domaine de la santé, il n’y a jamais de questions bêtes. Toutes les interrogations doivent être posées pour dissiper le moindre doute et comprendre dans les détails ce qui nous arrive. »

Un avis que partagent 61 % des 1 031 personnes interrogées pour ce sondage puisqu’elles déclarent n’avoir aucun souci/complexe à poser toutes les questions à leur docteur. On remarque néanmoins certaines disparités : 54 % des 18-24 ans se disent concerné.e.s par cette gêne, contre « seulement » 21 % des personnes de 65 ans et plus. Un fait logique qui s’explique par la maturité et l’assurance acquise au cours de la vie.

De leur côté, les hommes semblent moins dérangés à l’idée d’aborder tous les sujets avec leur médecin. Ils représentent 31 % des personnes gênées interrogées lors de ce sondage.

Grossophobie et sexisme dans le milieu médical

Mais qu’est-ce qui peut bien pousser près de la moitié des femmes a avoir peur d’aborder certaines questions avec des professionnel.le.s de la santé ? On a bien compris qu’il y avait une sorte de timidité, de gêne et/ou de peur de paraître simple d’esprit. Mais est-ce les seules raisons ? Vous pensez bien que la réponse est non.

Il suffit de taper « grossophobie médicale » ou « sexisme médical » pour tomber sur des dizaines de témoignages de femmes racontant leurs mauvaises expériences. Médecin qui n’écoute pas et met tout sur le dos du surpoids. Gynécologue à la limite de l’indécence par les actes ou les propos. Discours qui pousse vers la chirurgie bariatrique sans prendre le temps de connaître la patiente. Médecin culpabilisateur.rice quand une femme ne veut pas prendre la pilule…

Un article n’y suffirait pas pour raconter tout ce que les femmes supportent et subissent au quotidien de la part des professionnel.le.s censé.e.s les écouter, les encadrer et les soigner. Bien sûr, tou.te.s ne sont pas à mettre dans le même panier, mais rappelons que d’après le serment d’Hippocrate prononcé par tou.te.s les médecins en devenir :

« Au moment d’être admis.e à exercer la médecine, je promets et je jure d’être fidèle aux lois de l’honneur et de la probité (…). Je respecterai toutes les personnes, leur autonomie et leur volonté, sans aucune discrimination selon leur état ou leurs convictions (…). J’informerai les patient.e.s des décisions envisagées, de leurs raisons et de leurs conséquences. Je ne tromperai jamais leur confiance et n’exploiterai pas le pouvoir hérité des circonstances pour forcer les consciences. »

Les femmes ont honte de parler de leur santé sexuelle

D’après une étude YouGov pour Livi, publiée le 2 mars 2022 et réalisée auprès de 453 femmes âgées de 18 à 54 ans, la santé sexuelle est également un sujet tabou. Elles sont même 46 % à éprouver des difficultés à en parler avec leur entourage proche. Par santé sexuelle, nous entendons : règles, endométriose, IST, MST, etc. Des sujets dont nous devrions pourtant pouvoir parler librement sans peur d’être jugées.

Nous nous battons depuis des années pour que les femmes et les jeunes filles prennent conscience que leurs règles ne sont pas sales ni honteuses. D’après l’enquête, elles sont pourtant encore 15 % à avoir peur d’en parler à leur entourage. Mais la première place revient aux IST et MST associées, pour 24 % d’entre elles, à un sentiment de honte. Comme si le fait d’avoir été infectées était de leur faute uniquement.

Ex aequo avec les règles, l’endométriose, maladie gynécologique qui touche environ 1 à 2 million(s) de femmes en France sur 14,7 millions de femmes en âge de procréer. Fort heureusement, cette maladie est de plus en plus médiatisée et dédiabolisée. Le diagnostic prenant parfois de nombreuses années, rappelons-le. Pour 23 % des femmes interrogées, les sujets liés à la grossesse ou à l’avortement sont également difficiles à aborder avec leur entourage.

Que nous disent tous ces chiffres ? Qu’il est impératif que la honte change de camps. Elle ne devrait d’ailleurs même pas exister lorsqu’il est question de santé ! Vous sentez-vous à l’aise auprès de votre médecin ? Avez-vous déjà eu à subir la grossophobie et/ou le sexisme dans le milieu médical ? On vous attend sur nos forums pour en parler.

Amandine Cadilhon
Amandine Cadilhon
Journaliste mode, mes articles, mettent en lumière les diverses tendances et styles qui façonnent l'univers de la mode féminine. Mon objectif est de proposer un contenu diversifié et accessible à toutes et tous, en soulignant l'importance de l'expression personnelle et de l'empowerment à travers la mode.
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