5 bonnes raisons d’aller à une marche féministe

« Nos jupes sont courtes pas nos idées », « faites-nous jouir au lieu de nous nuire », « ovaires et contre tous »… Autant de slogans incisifs et percutants qui pourraient s’élever dans les rues de France demain dimanche 23 juin, à l’aube du premier tour des élections législatives. Au total, ce sont plus de 120 associations, dont le Planning Familial, Nous Toutes et la Fondation des femmes, qui sonnent « l’alerte féministe ». Elles appellent à faire barrage contre les idées du Rassemblement National et à aller battre le pavé au nom de la liberté des femmes. Une mobilisation d’envergure pour défendre, à l’unisson, des droits durement acquis. Alors que l’extrême droite approche dangereusement du pouvoir, ce soulèvement national porté au féminin s’avère particulièrement symbolique. Que ce soit pour clamer l’égalité des sexes dans un mégaphone ou baigner dans une vague de sororité, voici 5 bonnes raisons de se joindre à une marche féministe.

Afficher sa solidarité

Une marche féministe n’est pas une simple « balade entre filles où l’on papote de recettes de cuisine ou des dernières tendances mode. C’est une manifestation où les voix résonnent en chœur autour d’un même combat. Souvent, elle se dédie à une cause précise comme le droit à l’avortement ou, dans un registre plus actuel, la lutte contre la percée de l’extrême droite. Mais elle gravite toujours inlassablement autour des femmes et s’attèle à défendre leur place dans la société. Participer à une marche féministe, c’est donc donner un peu plus de poids à cette « lutte ». Comme le dit un célèbre dicton « l’union fait la force ».

Que vous ayez vécu une forme d’injustice à cause de votre genre ou non, vous avez votre place dans cette foule d’héroïnes. En vous engageant dans une marche féministe, vous vous sentez utile à la cause. Au lieu de regarder cette manifestation de loin, depuis l’écran de votre téléphone, vous y êtes physiquement. Vous pouvez dire « je te crois » ou « tu n’es pas seule » aux victimes d’agression sexuelle et vous positionner en alliée. C’est une démarche salutaire, voire même thérapeutique. Pour prolonger cet esprit solidaire au-delà du bitume, vous pouvez également mettre en pratique des actes de « micro-féminisme ». Choisir des femmes « dentistes », mettre madame devant monsieur dans vos mails, refuser de débarrasser la table pendant les repas de famille… Une rébellion en toute subtilité.

Défendre ses droits plus concrètement

La marche féministe n’est pas exclusive au 8 mars. Elle s’organise dès que les droits des femmes et des minorités sont menacés. En répondant présent.e, vous agissez de façon proactive. Vous ne vous contentez pas de lâcher un cœur sous un post Instagram qui récapitule, en images, les temps forts de ce défilé. Vous venez avec vos revendications, écrites en caractère gras sur des bouts de carton ou scandées à vous en casser la voix.

Finalement, vous montrez votre position de manière visible et publique. Parce que, écrire un DM à Emmanuel Macron, c’est bien, mais ça n’a pas la même déflagration qu’une protestation collective. Là, il s’agit d’un mouvement à plus grande échelle. Mine de rien, vous faites pression sur les décideur.es politiques et vous adoptez un comportement frondeur, au même titre que les Suffragettes en 1918. Même si cette marche féministe n’aboutit sur aucun changement significatif, au moins vous avez l’impression d’avoir accompli votre devoir.

Muscler sa sororité

Alors que la rivalité entre femmes a longtemps fait foi, il est grand temps de troquer la jalousie contre l’admiration. En descendant à une marche féministe, vous croisez des personnalités féminines inspirantes, qui peuvent devenir de précieux « role modèles ». Vous pouvez y faire des rencontres de toute une vie et profiter d’une énergie féminine à la fois émancipatrice et rafraîchissante. Vous créez votre propre réseau de soutien au fil de ce parcours urbain.

À mesure de cette marche féministe, votre téléphone se remplit de contacte et votre bloc-notes de conseils bienveillants. Vous écoutez des histoires qui peuvent provoquer une vraie prise de conscience et vous booster à bloc. La sororité est une ressource qui vaut cher. Les femmes qui se serrent les coudes et qui mutualisent leur force sont capables de soulever des montagnes. Alors si vous allez à une marche féministe, n’hésitez pas à entamer le dialogue et à rebondir sur la pancarte d’une de vos « soeurs » de combat.

Bousculer l’histoire

Une marche féministe n’est pas un « coup de gueule » en vain, ni une perte de temps. Ces phrases criées en harmonie sur le bitume ne se heurtent pas toujours à des oreilles ignares. Elles se concluent parfois sur des victoires retentissantes. Si les Suffragettes n’avaient pas pris d’assaut les rues de Londres, les femmes britanniques n’auraient peut-être jamais obtenu le droit de vote.

Même écho en octobre 2018 sur le sol polonais. Plus de 30 000 femmes vêtues de noir campaient les rues pour manifester contre une loi qui interdirait totalement l’avortement, même en cas de viol, d’inceste ou de violence envers la mère ou l’enfant. Quelques jours plus tard, le projet de loi a été rejeté. En décembre 2020, en Argentine, les femmes remportaient également leur bataille pour légaliser l’avortement après des années mobilisations. Comme quoi, cette marche féministe peut modifier les grandes lignes de l’histoire à la faveur des femmes.

Inspirer les futures générations

S’investir dans une marche féministe, c’est aussi montrer l’exemple à ses enfants, filles ou garçons. En vous voyant assister à ces actions à forte résonance, les jeunes sont tenté.es de suivre vos pas et de prendre le même chemin. Ils peuvent ainsi développer leur conscience sociale, essentielle pour se construire et se sentir légitimes de faire des réclamations. En prenant part à une marche féministe, vous transmettez des valeurs de solidarité, de résilience et de détermination. Vous façonnez les adultes responsables et engagés de demain. Et en parallèle, vous ouvrez le dialogue sur des sujets qui ne sont malheureusement pas encore évoqués dans les livres scolaires.

Participer à une marche féministe n’est pas anodin. C’est un acte militant riche de sens, à la portée de tout le monde. Alors, si votre ville en organise une, remplissez un peu plus cette marée féminine. Et pour franchir un autre cap, tapissez les murs de collages percutants.

Émilie Laurent
Émilie Laurent
Dompteuse de mots, je jongle avec les figures de style et j’apprivoise l’art des punchlines féministes au quotidien. Au détour de mes articles, ma plume un brin romanesque vous réserve des surprises de haut vol. Je me complais à démêler des sujets de fond, à la manière d’une Sherlock des temps modernes. Minorité de genre, égalité des sexes, diversité corporelle… Journaliste funambule, je saute la tête la première vers des thèmes qui enflamment les débats. Boulimique du travail, mon clavier est souvent mis à rude épreuve.
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