L’illectronisme : un tabou dont souffrent 14 millions de Français·es

Faire ses courses en ligne, déclarer ses revenus, compléter un questionnaire en ligne… tant d’actions qui nous semblent très simples, mais qui pourtant, peuvent être très compliquées pour certain.e.s. Par manque de connaissances numériques ou tout simplement, car elles ne disposent pas d’internet, 14 millions de personnes en France connaîtraient des difficultés dans leur utilisation des outils numériques. On parle du phénomène d’illectronisme, un tabou qui touche les plus vulnérables. On vous explique. 

Qu’est-ce que l’illectronisme ?

L’illectronisme est la contraction de deux termes que vous connaissez : « illétrisme » et « électronique ». L’illectronisme est donc, selon le dictionnaire Larousse, « l’état d’une personne qui ne maîtrise pas les compétences nécessaires à l’utilisation et à la création des ressources numériques. »

À noter que dans cette notion, on distingue d’une part, les personnes qui ne parviennent pas à se servir « techniquement » des outils numériques comme les ordinateurs, les téléphones mobiles. Et d’autre part, les individu.e.s qui ont des difficultés à maîtriser les contenus de ces technologies. Par exemple, iels ne peuvent pas remplir un formulaire en ligne, acheter sur un site web, ou payer des factures.

17 % des 15 ans et plus sont en situation d’illectronisme

Étonnant, alors que nous sommes constamment entouré.e.s de nos smartphones et ordinateurs, non ? Pourtant ce phénomène touche plus de personnes que vous n’y croyez. En effet, d’après une étude réalisée par l’INSEE publiée en 2020, 800 000 personnes, habitant dans la région des Hauts-de-France, sont concernées, en particulier les plus âgé.e.s et les moins ou pas diplômé.e.s. En outre, au sein de la région des disparités territoriales sont également visibles.

Alors que 70 % de la population se connecte à internet tous les jours, au niveau national, pour l’année 2019, 17 % de la population âgée de plus de 15 ans ou plus a été en situation d’illectronisme. 13 % n’ont pas eu accès à internet depuis leur domicile et 16 % n’ont pas utilisé internet dans l’année.

Bien que certain.e.s aient accès à internet, ces personnes n’ont, néanmoins, pas les connaissances numériques de base. À savoir, maitriser la recherche d’information, la communication, la résolution de problèmes et l’usage de logiciels. Selon l’INSEE, iels sont 32 % à avoir une faible maîtrise des compétences numériques.

« À caractéristiques mesurées égales, les habitant.e.s des Hauts-de-France sont légèrement plus en situation d’illectronisme que ceux.elles du reste de France de province », précise l’INSEE

L’illectronisme, une fracture sociale & numérique

S’il y a bien des jeunes atteint.e.s d’illectronisme, il n’en reste pas moins que les personnes âgées en sont les premières victimes. Et pour cause, une fracture numérique et sociale. 16 % des ménages les plus modestes sont confrontés à l’illectronisme, contre 4 % des ménages les plus aisés.

34 % des pas ou peu diplômé.e.s sont concerné.e.s, contre seulement 2 % des diplômé.e.s du supérieur. 15 % des moins de 60 ans pas ou peu diplômé.e.s sont en situation d’illectronisme, contre 1 % des diplômé.e.s du supérieur. À l’ère du tout numérique, la fracture numérique creusent encore davantage les inégalités.

Comment éviter que l’illectronisme ne devienne un tabou ? Comment accompagner les personnes vers l’autonomie numérique ? À l’heure où l’enseignement et le travail se font de plus en plus à distance, des acteurs interviennent pour lutter contre cette fracture numérique.

Dès 2018, la région Hauts-de-France et l’État a par exemple lancé une stratégie dédiée à la réduction de la fracture numérique en créant près de 800 dispositifs spécifiques : espaces publics numériques, tiers lieux, Maisons de services au public (MSAP)… L’acquisition de compétences numériques étant devenue indispensable pour prendre part à la société en tant que citoyen.ne.

Shem's Tlemcani
Shem's Tlemcani
Je suis passionnée par les sujets sociétaux et la santé. Mon intérêt pour les questions sociales me pousse à explorer des enjeux tels que la lutte contre la pauvreté, l'éducation et le changement climatique. En matière de santé, je m'investis dans les domaines du bien-être, de la nutrition et de la prévention des maladies. Je m'efforce de rester informée et d'utiliser ma voix pour sensibiliser et encourager le débat et l'action sur ces sujets cruciaux.

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