On dit souvent que l’alcool désinhibe et libère les personnes les plus timides. On boit quelques verres pour aller au contact des autres, briser plus facilement la distance et créer du lien sans devoir chercher ses mots. Inlassablement présentée en potion « sociale », l’alcool donne l’illusion d’être plus avenant en soirée alors qu’en réalité il nous transforme de l’intérieur. Il nous rapproche peut-être des autres, mais il nous éloigne surtout de nous. C’est le constat qu’en a fait Tatjana du compte @tatjanova_.
Alcool et sensibilité ne font pas bon ménage
En soirée, lors d’un pot de départ, en afterwork ou à un repas d’anniversaire, l’alcool remplit les verres et fait de la concurrence à la Sacro Sainte eau de source. Ce breuvage qui se calcule en degré a parfois la prétention de faire redescendre la pression et de noyer une pudeur tenace. Sous son effet, les personnes de nature timide accostent des inconnus sans hésiter et s’élancent dans des monologues interminables alors que d’ordinaire ils restent mutiques.
Employé comme un carburant d’accroche, voire un remède d’introvertis, l’alcool dissout tous les interdits. On accepte souvent une coupe ou deux dans l’espoir d’être moins rigide et de sortir de notre zone de confort. Et puis à la fin de la soirée, on repart avec une liste de contacts longue comme le bras, dont on ne se souviendra pas le lendemain. L’alcool semble servir de « liant » entre les humains.
C’est que Tatjana du compte @tatjanova_ pensait avant de se rendre compte de la supercherie, de l’arnaque sur la marchandise. Dans une publication éclairante, qui a trouvé de nombreux échos, elle liste les méfaits de l’alcool sur les personnalités sensibles, en particulier les femmes. Si l’alcool donne l’impression d’être sans filtre et de paraître plus extravertie aux yeux des convives, en réalité, ce n’est qu’un « placébo ». Pire, c’est un poison pour le développement personnel. « Quand tu es sensible, l’alcool ne t’aide pas, il t’éloigne doucement de toi », explique la créatrice de contenu, qui propose des coachings pour apprivoiser sa sensibilité.
Les effets secondaires de l’alcool chez les personnes sensibles
On connaît le contre-coup physique de l’alcool : la sensation nauséeuse au réveil, la tête dans le brouillard, la migraine qui irradie, l’impression d’être bloqué sur le mode ralenti. On regrette d’avoir oublié l’existence du mot modération. En général, on ne sort pas indemne d’une soirée arrosée.
Si les conséquences biologiques de l’alcool sont bien documentées et passent parfois avec un cachet d’aspirine, on connaît encore assez peu ses retombées sur l’esprit. Les professionnels de la médecine dite « spirituelle », ceux qui touchent au divin, parlent même d’un « dissolvant subtil ». Tatjana, elle, se base sur sa propre expérience pour énumérer tout ce que l’alcool noie en nous.
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« Il amplifie ce que tu essayes justement de calmer »
Dans la frénésie de l’instant, on se laisse porter, on ne se pose plus aucune question et notre petite voix intérieure semble avoir permutée sur le mode silencieux. Notre seule préoccupation est la gestion de la playlist lancée sur l’enceinte. Nous ne sommes que joie et allégresse. Pourtant, quand l’alcool s’évanouit dans le corps, les émotions ressurgissent en version augmentée. « Anxiété, vide, tristesse, suranalyse : tout remonte d’un coup », observe la créatrice de contenu.
« Il te fait confondre intensité et authenticité »
Quand on boit quelques verres, on se sent plus vivante, moins craintive et surtout moins réceptive au jugement des autres. On se surprend à dire à notre collègue qu’elle a mauvaise haleine ou à entamer un jeu de séduction avec notre crush d’enfance. On a littéralement plus aucune barrière sociale. Certains pensent que l’alcool révèle le vrai visage de ceux qui en consomment. Or, ce n’est pas le reflet sincère de notre personnalité, simplement l’expression de nos parts d’ombre.
« Il fatigue profondément ton énergie »
Les personnes hypersensibles ressentent tout à un volume maximal et emmagasinent des émotions qu’un corps humain ne peut stocker à lui seul. Et finalement, l’alcool fait déborder le vase. C’est la goutte de trop. « L’alcool surcharge encore plus ton système et laisse souvent une sensation de lourdeur intérieure », abonde la créatrice de contenu, qui parle en connaissance de cause.
« Il t’empêche d’apprendre à réellement te réguler »
En buvant de l’alcool à des instants stratégiques, pour braver la foule plus facilement ou pour dialoguer sans embûches, on fuit la réalité et on anesthésie la gêne au lieu de l’accueillir sereinement. Au lieu de se familiariser avec cette émotion, cette solitude ou ce malaise, on facilite son absorption avec l’alcool.
« Il t’éloigne de ton intuition »
Si l’alcool désinhibe, il obstrue d’autres pans de notre personnalité et de notre être. En plus de participer à un véritable bug mental, il nous plonge dans un état de léthargie. C’est comme si nous étions physiquement présent, mais mentalement absent. Notre esprit n’est que néant et notre capacité de discernement se réduit à mesure des verres. « Tes limites deviennent floues, tes besoins aussi », décrit la créatrice de contenus.
Autrement dit, si l’alcool débloque une certaine confiance à l’instant T, il altère également la personnalité et absorbe notre énergie à la manière d’un poison insidieux. Une étude de 2017 confirme le témoignage Tatjana et reconnaît son côté très permissif mais également ses dommages collatéraux sur le mental.
